Le 2 avril 2003

Joanne et Pierre Saumure: une passion qui ne s’éteint pas!

Par Étienne Alary


Joanne et Pierre Saumure, honorés du Mérite agricole 2003 du comté de Russell: « L’agriculture, c’est le plus beau métier du monde mais pour y oeuvrer, l’agriculteur se doit d’être en santé ». Photo C.Rieux.

Près de 110 convives ont accepté l’invitation de l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes du comté de Russell pour participer, le 22 mars dernier au Centre communautaire de Bourget, au Banquet du mérite agricole.

L’édition 2003 de ce banquet a permis de reconnaître la contribution de Joanne et Pierre Saumure. Agricom a profité de cette occasion pour rencontrer le couple de Clarence Creek.
« Obtenir cette reconnaissance nous a fait extrêmement plaisir. C’est comme recevoir une tape sur l’épaule de nos cons’urs et confrères nous remerciant de tout ce que nous avons accompli. C’est un beau moyen de clôturer nos carrières en agriculture », de souligner Joanne et Pierre Saumure.

C’est en 1974 que Pierre Saumure devient copropriétaire, avec son frère Jules, de la ferme familiale. « J’ai toujours su que je voulais devenir agriculteur. Après avoir suivi un cours de deux ans en agriculture au Collège Algonquin, j’ai pris la relève avec mon frère Jules », se souvient Pierre Saumure.

En prenant les rennes de l’entreprise, Pierre et Jules devenaient la quatrième génération de Saumure à opérer la ferme laitière à Clarence Creek. « La Ferme Saumure Inc. a débuté au 19e siècle, soit lorsque que mon arrière-grand-père, Gilbert, est venu s’établir dans l’Est ontarien. C’était autour des années 1865. Il arrivait de St-Louis-de-Gonzague, près de Valleyfield », raconte Pierre Saumure.

Jules, un des fils de Gilbert, a pris la relève de son père au début du siècle pour ensuite passer le flambeau à son fils unique Rodolphe. « Mon père nous a donné le goût de poursuivre la tradition et pour moi, il n’était pas question de faire autre chose. Après tout, l’agriculture a toujours été et sera toujours, à mes yeux, le plus beau métier du monde », souligne Pierre Saumure.

C’est en 1976 que Pierre convole en justes noces avec Joanne Collins. « Je suis originaire du Témiscaming mais ma famille a déménagé à Bryson dans le Pontiac lors de mon enfance. Nous nous sommes rencontrés alors que je venais dans la région en visite et c’est à ce moment que nous avons commencé à nous fréquenter », se souvient Joanne.

De leur union, Pierre et Joanne ont eu trois enfants: Mélanie, 24 ans, qui enseigne aujourd’hui à l’école primaire de Wendover, Luc, 22 ans, qui termine cette année son diplôme en administration des affaires à La Cité collégiale d’Ottawa, et Myriam, 17 ans, qui graduera en juin prochain de l’école secondaire L’Escale de Rockland.

La direction prise par chacun des enfants du couple Saumure a amené Joanne et Pierre à vendre les vaches et le quota le 21 mars 2000. « Lorsque nos enfants étaient plus jeunes, nous avions déjà des signes que l’agriculture n’était pas quelque chose qui les intéressait. Mon frère Jules a deux enfants et ce fut le même constat », font remarquer Joanne et Pierre Saumure.

Puisqu’il n’y avait pas de relève, les deux copropriétaires de l’entreprise ont décidé de se départir immédiatement de leur troupeau. « Nous avions 70 vaches en lactation et 70 sujets de remplacement. Cette grosseur de troupeau était devenue insuffisante pour faire vivre les deux familles. Nous étions donc devant un dilemme: agrandir, rénover et s’endetter pour plusieurs années sachant fort bien qu’il n’y aurait pas de relève, tout en continuant à endurer nos petits problèmes de santé (maux de genoux pour Pierre) ou vendre immédiatement. Nous avons opté pour se départir de nos Holstein », énonce Pierre Saumure.

Trois ans après cette décision, les Saumure ne regrettent pas leur décision. « Nous ne pouvons pas cacher qu’il aurait été plaisant de voir une 5e génération de Saumure oeuvrer en production laitière mais le destin en a choisi autrement. Notre fils Luc s’est même donné une année complète à travailler à la ferme pour voir si cela l’intéresserait et il a constaté que ce n’est pas quelque chose qu’il voulait faire », expliquent Joanne et Pierre Saumure. « Nous ne sommes plus dans le temps de nos grands-parents où il arrivait plus souvent qu’autrement qu’un des fils soit forcé de prendre la relève. Tout ce qui compte pour nous, c’est que nos enfants soient heureux dans ce qu’ils font », ajoute le couple de Clarence Creek.

Après avoir fait de la grande culture pour quelque temps, les Saumure ne pratiquent plus d’agriculture. « Nous louons les 350 acres que nous possédons. Cependant, nous sommes encore trop jeunes pour prendre notre retraite alors nous travaillons tous les deux à l’extérieur », avancent Joanne et Pierre Saumure.

Pierre travaille pour une entreprise de Rockland qui fabrique des armoires alors que Joanne est éducatrice spécialisée dans une école de Cumberland.

Une personne impliquée

Une chose que personne ne pourra enlever à Pierre Saumure, du temps qu’il était en agriculture, s’est de s’être impliqué dans des associations qui lui tenaient à c’ur. « À l’âge de 12 ans, j’ai été membre du club 4-H de Clarence Creek et j’ai été président de cet organisme à l’âge de 14 ans. L’année où j’ai pris la relève de la ferme, je suis devenu membre de l’Association Holstein du Canada et de l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes du comté de Russell », indique Pierre Saumure. « J’ai occupé le poste de secrétaire-trésorier de sols et récoltes pendant quatre ans en plus d’être administrateur pendant de nombreuses années », précise-t-il.

En 1978, Pierre Saumure est élu directeur du comité laitier de Russell. « J’ai occupé le poste de président de cet organisme entre 1982 et 1987 », énonce Pierre Saumure.

Un an plus tard, Pierre est élu au sein du conseil d’administration d’Eastern Breeders Inc. « J’ai beaucoup appris de cet engagement-là, surtout au niveau de la reproduction. Cette implication m’a permis de voyager au Canada et même de me rendre en Suède », souligne celui qui a été président d’Eastern Breeders Inc. en 1997.

En 1996, Pierre Saumure accepte aussi de siéger au sein du conseil d’administration de Semex Canada. « Alors que j’étais sur le conseil d’administration, nous avons procédé à une réorganisation pour finalement fonder L’Alliance Semex. Je ne peux pas cacher que c’est quelque chose dont je suis fier d’avoir accompli avec les autres administrateurs », déclare Pierre Saumure.

En plus de ces engagements agricoles, Pierre Saumure a également été impliqué dans sa communauté en étant, entre 1973 et 2001, pompier volontaire, dont chef de son district pendant les dix dernières années. Il a également été membre fondateur du Club optimiste de Clarence Creek en plus d’y être impliqué entre 1980 et 1998 comme secrétaire-trésorier, président ou lieutenant-gouverneur. En 1999, il devient membre du comité des affaires temporelles de la paroisse Ste-Félicité de Clarence Creek dont il occupe la présidence depuis maintenant trois ans. Il siège également au sein du conseil de l’école Ste-Félicité depuis 1999.

« Pierre a toujours été une personne qui s’est impliquée à fond dans tous les projets dans lesquels il a embarqué. Il lui arrivait même d’être en réunion de quatre à cinq fois par semaine », mentionne Joanne Saumure.

Pour le principal intéressé, tout cela n’aurait pas été possible sans l’appui de sa famille. « Quand je ne pouvais pas être là, c’est quelqu’un de ma famille qui prenait la charge de travail. Il ne faut pas oublier non plus que mon frère Jules prenait les bouchées doubles lorsque je m’absentais. Si Jules n’avait pas fait plus que sa part en mon absence, je n’aurais pas pu me permettre d’en faire autant », avoue Pierre Saumure.

Même si Joanne et Pierre Saumure ne sont plus activement impliqués en agriculture, ceux-ci gardent quand même un ?il sur ce qui se passe. « Je trouve cela dommage tout ce qui se passe par les temps qui courent. Que ce soit la Loi sur la gestion des éléments nutritifs, les histoires reliées aux mégaporcheries ou autres. En bout de ligne, tout ce que ça fait, c’est du tort pour le secteur agricole. Avec toutes ces lois et tous ces règlements, on enlève la chance à plusieurs personnes de profiter de l’agriculture et d’en faire peut-être une profession, ou encore, un second métier », lancent Joanne et Pierre Saumure.

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