Le 6 octobre 2004

L’ACFO reprend vie? et bravo!


Plusieurs ont été surpris les 24 et 25 septembre derniers de constater que l’Association canadienne française de l’Ontario avait réussi à reprendre vie sous un nouveau nom « L’Assemblée des communautés francophones de l’Ontario » avec un nouveau président, un nouveau conseil d’administration, et un mandat renouvelé. Bref la nouvelle ACFO affichait tous les indices d’une nouvelle vie prometteuse alimentée par des racines profondes et plus vigoureuses que ne l’avaient anticipé ceux qui voulaient signer son arrêt de mort.

Depuis quelques années ils ne sont pas rares les membres de la communauté franco-ontarienne qui sont prêts à envoyer sur des tablettes poussiéreuses les archives des 94 années de mémoire collective que nous ont léguées nos ancêtres qui généreusement et bénévolement ont milité depuis 1910 au sein de cette vénérable institution.

Certes, il est vrai que l’ACFO était à repenser. Il est tout aussi vrai que l’ACFO ne pouvait plus répondre aux attentes de tous et chacun dans une collectivité franco-ontarienne moderne complètement éclatée, répartie sur un vaste territoire, déchirée entre des modes de vie urbain et rural et confrontée à l’apport de nouvelles cultures provenant de tous les pays francophones du monde.

Mais voilà, ceux qui (avec raison) ont vertement critiqué l’ACFO n’ont jamais réussi à proposer mieux. Ils espéraient tout simplement que par magie émergerait une nouvelle coalition dont l’élément rassembleur serait le partage entre amis de quelques millions de dollars de Patrimoine canadien. Quelle erreur! Les Franco-Ontariens sont des experts à se battre dans l’auge lorsqu’on leur lance des miettes! Quelle erreur que de penser que la Direction de l’Entente Canada-communauté Ontario dont le mandat se limite essentiellement à la répartition des octrois de Patrimoine canadien pourrait un jour succéder à l’ACFO!

Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que de nombreux Franco-Ontariens, et particulièrement ceux qui ont des racines profondes de plusieurs générations en Ontario aient eu un soupir de satisfaction lorsqu’ils ont appris que d’habiles et fidèles militants franco-ontariens avaient réussi à faire sortir l’ACFO de son état de dormance pour relancer l’action politique.

Oui! l’ACFO a passé quelques durs hivers depuis quelques années mais elle n’est pas morte pour autant. Il ne faut pas conclure que ses racines sont affaiblies parce qu’elle n’a pas fleuri, parce que ses bourgeons se sont faits rares et parce que le gouvernement fédéral lui a fermé le boyau d’arrosage.

La fin de semaine du 24 et 25 septembre 2004, nous a rappelé au contraire que l’ACFO était d’une nature coriace, qu’elle avait encore des racines profondes et bien ancrées dans la communauté et qu’elle jouit encore d’appuis indéfectibles importants. Et mieux encore, elle a démontré qu’elle était plus que jamais capable d’écoute, de créativité et de renouveau. Bref, si les Franco-Ontariens sont unanimes à dire qu’ils ont besoin d’une voix politique unifiée, ils doivent conclure que la nouvelle ACFO est la seule alternative à la vieille ACFO à ce moment-ci? Et nos gouvernements ont tout avantage à lui prêter une oreille très très attentive.

Et Jean Poirier dans tout cela? Nous devons tout d’abord le remercier de tout c’ur d’avoir accepté de se faire le porte-étendard de cette nouvelle ACFO. Une tâche colossale et ingrate l’attend, celle de reconstruire tout en payant pour les pots cassés du passé. Mais Jean Poirier est définitivement l’homme de la situation à ce moment-ci. Connu, coriace, excellent communicateur avec de l’expérience politique et des contacts à revendre, et surtout d’une nature très généreuse il possède en plus un autre atout de taille; un entourage qui partage avec lui sa ferveur et sa passion pour la francophonie ontarienne. Il connaît bien l’Ontario français, tant les communautés urbaines que tous ces petits villages ruraux parsemés partout en province qui sont autant de petites forteresses francophones.

Mais ce serait une erreur que de penser que la nouvelle ACFO est née d’un autre coup de c’ur de Jean et de sa conjointe Dominique. Ce n’est pas Jean qui est allé s’imposer à l’ACFO; ce sont les militants de l’ACFO qui sont allés chercher Jean.
Ce qu’il faut comprendre, c’est que Jean Poirier n’est que le vaisseau amiral d’une armada de militants bien aguerris, provenant de tous les coins de la province qui ont des racines qui ne veulent pas mourir, et qui n’attendaient qu’un nouveau capitaine et un nouveau printemps.
L’Union des cultivateurs franco-ontariens qui fête cette année son 75ième anniversaire et qui partage avec l’ACFO des racines communes et un lien de parenté étroit ne peut qu’applaudir ce renouveau et lui apporter tout l’appui possible, à la mesure de ses moyens.

Longue vie à la nouvelle Assemblée des communautés francophones de l’Ontario (le nouveau nom de l’ACFO) et merci à tous ceux et celles qui en sont les architectes.

Le Conseil d’administration de l’Union des cultivateurs franco-ontariens

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