Volume 29 Numéro 07 Le 16 novembre 2011

L’agriculture dans Cochrane : un nouveau rapport fait le point


Par Marc Dumont, collaborateur


 Le Réseau des communautés du Nord-est en partenariat avec l’Université de Guelph dévoilait le 4 novembre, à Smooth Rock Falls,  les résultats préliminaires du projet de recherche pour aider à stimuler le développement agricole et la production d’aliments locaux dans le nord-est de l’Ontario.

Le vieillissement des agriculteurs et le manque de relève imposent une certaine urgence d’agir. À titre d’exemple, il y avait en 1951 près de 50 400 hectares en production comparativement aux 14 400 en 2006.

Au cours des derniers mois, des chercheurs de l’Université de Guelph étaient dans le district de Cochrane pour recueillir des renseignements et effectuer des recherches sur les pratiques agricoles actuelles.

Le coût relativement peu élevé des terres agricoles dans le Nord est un avantage réel pour les productions bovine et laitière ainsi que pour certaines récoltes comme le foin, les céréales et certains oléagineux.

L’étude a démontré que la moitié du million d’hectares de terre arable de cette région est de catégorie 3 et 4. Elle identifie également que les obstacles sont davantage d’ordre socio-économique qu’agricole et relié au climat.

 

Les constats

Le rapport analyse les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces de l’agriculture dans le district de Cochrane. Au chapitre des forces, il y a le prix des terres : entre 100$ et 500$ l’acre et ils sont beaucoup moins taxées que dans le Sud. À cela s’ajoutent la grande qualité des sols des terres vacantes et le peu d’utilisation d’intrants chimiques qui permet la production de viandes de niche.

Dans les faiblesses, il y a bien sûr la distance des marchés, le manque d’entreposage, l’absence d’élévateurs à grains et une insuffisance de fournisseurs et d’infrastructures. C’est que présentement, c’est le Témiskaming qui devient le cœur agricole du Nord de l’Ontario. À l’heure actuelle, les petites exploitations agricoles sont équipées de vieilles machineries, ce qui limite la culture à grande échelle et le danger de gel précoce demeurent des inquiétudes. Le peu de drainage et les difficultés d’obtenir du financement sont d’autres obstacles. Finalement, le manque de main-d’œuvre à cause de l’attrait des salaires élevés dans les secteurs miniers et forestiers menace la disparition de cette culture axée sur l’agriculture qui est à l’origine du développement du Témiscaming.

Au chapitre des opportunités, on s’aperçoit que la qualité des fourrages rend possible la production de produits de niche, tel le Bœuf en or. Quant à la culture de l’avoine et des grains mélangés, les rendements sont significativement supérieurs à la moyenne provinciale. Puis les possibilités d’expansion de toutes activités agricoles sont énormes. Il est possible de faire de la grande culture de blé, d’orge, d’avoine, de canola et de plusieurs légumes. On pourrait en faire à grande échelle en partenariat avec des producteurs plus au Sud. Enfin, il ne faudrait pas négliger le potentiel avec la cogénération d’énergie. En somme, la méconnaissance du Sud du potentiel agricole du district de Cochrane crée de belles occasions.

Il y a bien entendu des menaces qui planent sur l’agriculture du district. L’absence presque totale de relève entraîne de plus en plus d’abandons de terres. Le manque de main-d’œuvre capable d’appuyer le développement agricole est une menace à la relance et pour y parvenir, on s’entend pour dire qu’il faudra renverser l’indifférence des gouvernements.

 

22 stratégies

Le rapport identifie 22 initiatives stratégiques qui devront être mises en œuvre pour revitaliser ce secteur. Plusieurs portent sur la promotion autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du district. On parle même de convaincre des communautés mennonites ou amish de venir s’établir dans Cochrane. Il faudrait que s’installent des coopératives locales. Les gouvernements auront à fournir des subventions pour le drainage comme il s’en est fait ailleurs en province et reconnaître la valeur de l’agriculture et son potentiel. Les stations de recherche de Kapuskasing et de New Liskeard pourront être mises à contribution. Il faudra aider les agriculteurs actuels et les nouveaux avec leurs demandes de subventions. Revoir la réglementation qui s’applique aux gros producteurs et qui étouffe les petites fermes. Enfin, l’Ontario devrait appuyer l’agriculture de Cochrane comme le Québec appuie celle de l’Abitibi.

Pour M. Bérubé, président du Réseau communautaire du Nord-Est, la prochaine étape sera de prioriser les stratégies et d’obtenir du financement pour l’embauche de personnel pour la mise en œuvre de cette revitalisation de l’agriculture dans le district de Cochrane.

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