Volume 29 Numéro 15 Le 6 avril 2012

L’agrile du frêne : Un plan de gestion s’impose

Par Étienne Papineau, collaboration spéciale


L’agrile du frêne (ADF) est présent dans l’Est ontarien depuis au moins un an, ce qui laisse une certaine marge de manœuvre pour élaborer un plan de gestion. Les expériences du sud de l’Ontario et des États-Unis ont démontré que 5 à 8 ans après la détection initiale de l’ADF, les populations atteignent un niveau qui mène à la mortalité d’arbres. Ne vous demandez pas si vos arbres seront affectés, demandez-vous quand ils le seront, car ce n’est qu’une question de temps.

Un traitement efficace existe. BioForest Technologies Inc. a développé un bio-insecticide systémique injecté à la base du tronc. Le TreeAzinMC a été homologué d’urgence depuis 2008 pour l’Ontario et le Québec. Les femelles adultes qui se nourrissent de feuillage d’arbres traités subissent une perte de fertilité et de fécondité, tandis qu’un régulateur de croissance empêche les larves de compléter leur développement. Les frênes traités sont protégés pendant une période de deux ans.

Le traitement par injection ne constitue pas une option viable pour les boisés, mais il convient très bien aux résidents, aux municipalités et aux entreprises qui veulent protéger certains frênes.

Cet insecte s’attaque à tous les frênes, peu importe leur taille et leur condition. À Windsor, où l’insecte a été détecté en 2002, 99 % des frênes sont morts. Des frênes infestés observés l’été dernier à Orléans mourront d’ici deux ans. La ville d’Ottawa effectue des traitements et des abattages.

Au niveau du déplacement des adultes volants, il n’y a pas de vrai consensus dans la communauté scientifique. On estime les distances de vol d’un adulte entre 5 à 25 kilomètres par année, dépendamment des conditions environnementales. Les humains constituent le moyen de transport le plus dangereux. Suite à l’arrivée des ADF adultes, les populations de larves prennent un certain temps à se développer; une femelle pond entre 50 à 250 œufs par saison.

Si le niveau d’infestation est relativement bas, une simple observation visuelle ne permet pas de détecter la présence de l’insecte. L’absence de symptômes tôt dans le cycle d’infestation complique le processus de détection. Des chercheurs du Service canadien des forêts (Dr. Ryall et al.) ont développé un protocole d’échantillonnage de branches qui permet de détecter l’insecte plus tôt. Des pièges à phéromones en forme de prisme vert constituent une approche qui permet une détection encore plus hâtive.

Chez les frênes attaqués, les symptômes incluent la perte de feuillage dans le tiers supérieur de la cime, la présence de fissures verticales sur l’écorce, la présence de galeries en « S » sous l’écorce et la présence de trous de sortie des adultes en forme de « D ». Une présence accrue de pic-bois peut être associée à la présence de larves d’agrile. Ne confondez pas les dommages de l’insecte avec l’anthracnose, agent pathogène qui rend les feuilles du tiers inférieur de la cime tordues; celles-ci tombent par la suite.

Pour les gens qui gèrent un boisé, il est important d’établir leur inventaire tout en gardant en tête qu’il reste quelques années de croissance avant que les populations de l’insecte ne deviennent importantes. Évaluez vos objectifs au niveau de votre boisé, soyez prévoyants et proactifs. Si vous pensez avoir trouvé un ADF adulte, communiquez avec l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

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