Le 20 janvier 2005

L’assemblée générale de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario

Par Nadia Carrier, collaboration spéciale


Des appels téléphoniques de plusieurs agriculteurs membres de l’Union des cultivateurs franco-ontariens au sujet de l’assemblée générale annuelle de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario me pousse à satisfaire la curiosité de plusieurs d’entre-vous en vous entretenant un brin sur ce qui s’est discuté du 21 au 24 novembre dernier.

La Fédération de l’agriculture de l’Ontario (FAO) qui regroupe plus de 40 000 membres et plus de 30 organisations membres ou affiliées et qui représente par le fait même la plupart des secteurs agricoles de la province a donc tenu sa 68e assemblée générale annuelle à Toronto au Double Tree Plaza. L’événement a attiré pas de moins de 321 délégués et administrateurs en plus de quelque 200 visiteurs.

Élections pour la présidence et la vice-présidence

M. Ron Bonnet fut réélu à la présidence en battant John Vanderspank du Comté de Lanark par 200 voix (257 à 57) tandis que la vice-présidence s’est disputée entre 5 candidats: Geri Kamenz (216 votes) et Paul Mistele (168 votes) qui ont été élus; les autres candidats étant Bette Jean Crews (89), Jack MacLaren (48) et John Vanderspank (37).

Le conseil d’administration de la FAO a tenu sa première séance le lendemain de l’assemblée, soit le 25 novembre. Cinq autres membres de l’exécutif ont été élus ? Bette Jean Crews et Allan Gardiner, qui faisaient déjà parti du comité exécutif; Terry Otto, de retour après un an d’absence ainsi que Harry Brander qui est membre du comité exécutif pour la première fois.

Les participants à l’assemblée ont pu assister à l’un des quatre ateliers qui étaient disponibles la première journée: les sujets traités étaient relatifs à la qualité de l’eau, les coûts énergétiques, la préservation des terres agricoles et la répartition des profits.

Nos leaders ont l’espoir de voir les choses s’améliorer
Jack Wilkinson qui a été président de la FAO de 1999 à 2002 et qui est maintenant président de la Fédération internationale des producteurs agricoles nous a aussi fait part de ce qui se passait au niveau des négociations à l’international. Selon lui, si les autres pays étaient aussi bien organisés que la Canada l’est lui-même, il serait beaucoup plus aisé de représenter les intérêts agricoles face aux multinationales. Toutefois, le défi à mettre en place des structures comme les nôtres dans d’autres pays lui apparaît immense. Selon lui, il faudra bien plus, ou bien d’autres choses, que l’augmentation de la productivité agricole si l’on veut un standard de vie adéquat pour les agriculteurs.

Du côté canadien, Bob Friesen, président de la Fédération canadienne de l’agriculture a soutenu qu’il est temps de penser l’agriculture autrement. Il a fait référence au premier Colloque sur le revenu agricole qui s’est déroulé à Ottawa les 15 et 16 novembre derniers. Selon lui, il est grand temps d’identifier et de concevoir des politiques agricoles qui vont servir à améliorer la situation économique des agriculteurs canadiens. Les problèmes et les enjeux auxquels fait face le secteur agricole canadien doivent être analysés et compris. Des solutions adaptées devront être mises en place.

Ron Bonnett, président de la FAO, a donné dans son discours quelques détails sur les façons dont la FAO s’occupe des enjeux actuels et en émergence. La FAO travaille sur de nouvelles façons de communiquer tant avec les consommateurs qu’avec les instances gouvernementales qui sont passablement accaparées par des préoccupations qui proviennent souvent des baby boomers, la santé entre autres. Selon lui, il est d’une grande importance de garder la communauté agricole unie lorsqu’il est question de parler aux gouvernements. Il affirme que le succès de la FAO à négocier est redevable au travail d’équipe.

Allocutions des ministres
Bien entendu, nos politiciens aux niveaux provincial et fédéral nous ont entretenus quelques instants sur l’agriculture en général.

L’honorable Steve Peters s’est adressé à l’assemblée le mardi matin dès 8 h. Il a qualifié le secteur agricole comme un secteur économique fort qui devra toutefois s’adapter aux enjeux actuels s’il veut se maintenir en santé. Il a ajouté aussi que le public doit être au courant des enjeux auxquels les agriculteurs font face de nos jours. À cet effet, il préconise d’augmenter la visibilité des produits agricoles de l’Ontario en insistant sur le fait qu’il faille promouvoir nos produits locaux. Il a également mentionné que pour son gouvernement l’agriculture est un moteur économique vital et qu’elle est extrêmement importante comme dans le cadre du Greenbelt Plan car c’est un plan pour supporter et appuyer l’agriculture: les terres s’y situant doivent être préservées pour être utilisées à des fins agricoles.

L’honorable Andy Mitchell a de son côté soutenu que l’agriculture est à la base de communautés rurales fortes et que si la production agricole diminue, ce sera toute la société qui en souffrira. Tout comme son vis-à-vis, il prétend que vu le contexte actuel, il faut être apte aux changements si l’on veut demeurer compétitif. Il a par ailleurs indiqué que le Cadre stratégique en agriculture sera bientôt revu et que le comité de révision sera composé à 50 pour cent de producteurs agricoles.

Résolutions
L’assemblée a aussi discuté et débattu d’un certain nombre de résolutions qui provenaient de fédérations de comté, de groupes membres représentant des productions (commodity organizations) ou encore de membres individuels. Voici celles qui ont été adoptées:

Du comté de Perth ? Que la FAO développe et défende une série de lignes directrices quant aux accords reliés à l’utilisation de terrains dédiés à l’installation d’éoliennes.

Du comté d’Haldimand ? Que la FAO approche les collèges d’agriculture de l’Ontario et les collèges vétérinaires de l’Ontario afin de mettre en place un plan permettant d’avoir un nombre suffisant de diplômés en soins vétérinaires pour les grands animaux pour répondre aux besoins.

Du comté de Lanark ? Que la FAO entreprenne des discussions avec les instances gouvernementales dans le but d’établir divers programmes pour l’efficacité énergétique au lieu d’un seul visant l’installation de compteurs « intelligents » sur les fermes.

Du comté de Lanark ? Que la FAO travaille avec les autres organisations rurales en vue de rétablir le Programme de canaux de drainage municipaux qui a été annulé par le MAAO en juillet 2004.

Du comté de Thunder Bay ? Que la FAO poursuive les négociations quant aux tarifs réduits d’électricité pour les propriétés agricoles et que tous les agriculteurs ontariens soient informés de ces tarifs.

De Manitoulin Rive-Nord ? Que la FAO entreprenne des discussions avec le ministère des Richesses naturelles afin de dispenser des étiquettes pour la chasse au chevreuil à toutes les entreprises agricoles enregistrées comme tel.

Du comté de Huron ? Que la FAO exerce des pressions sur les gouvernements fédéral et provincial en vue de ré-instaurer le programme d’assurance des revenus du marché (PARM) ou tout autre programme similaire.

De l’Association des producteurs de fruits et de légumes de l’Ontario ? Que la FAO avec les autres organisations agricoles exercent des pressions sur le gouvernement provincial dans le but de confier à une commission spéciale l’évaluation de la dépréciation des terres agricoles (dans la ceinture verte) et d’assurer les compensations adéquates aux propriétaires actuels.

De l’Association des producteurs de fruits et de légumes de l’Ontario ? Que la FAO fasse des pressions auprès du gouvernement provincial afin que les restrictions sur les terres protégées soient faites en accord avec les pratiques optimales de gestion agricoles.

Du comté de Bruce ? Que la FAO demande au Gouvernement canadien de déposer une injonction sous le chapitre 20 de l’ALÉNA afin de rouvrir la frontière américaine aux bovins vivants canadiens.
Du comté de Leeds ? Que la FAO implore le Premier ministre de l’Ontario de permettre aux travailleurs volontaires dans les secteurs de la prévention et de la protection des incendies d’offrir leurs services à l’endroit et au moment de leurs choix, cela en vue de faire pour le bien et la sécurité des communautés.

Nadia Carrier, directrice générale à l’Union des cultivateurs franco-ontariens, est agroéconomiste de formation. Traduction libre des propositions de la FAO, disponibles qu’en anglais.

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