Le 2 avril 2003

L’énergie renouvelable: la réponse selon Flowerhill Farm

Par Andrew Graham, Association pour l'amélioration des sols et récoltes de l'Ontario


Panneau solaire de 80 watts orienté en direction sud-sud-est, utilisé pour actionner une pompe de puits submersible de 12 volts. Photo courtoisie OSCIA.

L’idée de harnacher l’énergie renouvelable du soleil et du vent pour produire de l’électricité intéresse de plus en plus les agriculteurs ontariens.

John Hill, qui exploite la ferme Flowerhill à Wentworth, avec son épouse Helen, était intrigué par le potentiel de « l’énergie verte ». Ils ont donc installé un système hybride pour combler les besoins d’éclairage et d’irrigation de leur ferme. Les éléments individuels du système sont tous disponibles dans les commerces locaux. Ce qui est unique dans leur système, c’est l’usage qu’il fait de la technologie pour réaliser les applications agricoles typiques. Ce système fait beaucoup pour « démystifier » les possibilités de l’énergie renouvelable. L’ingéniosité et le succès du système de John ont incité les juges du Plan agroenvironnemental de l’Ontario (PAE) à lui décerner un prix en argent de mille dollars pour le meilleur PAE.

On retrouve à Flowerhill Farm 4 acres de fleurs et de plantes vivaces, destinées au marché de détail local. Les besoins en énergie, qui proviennent de l’éclairage des dépendances et du pompage de l’eau pour l’irrigation goutte-à-goutte, sont tout au plus modestes, mais il est indispensable de fournir cette énergie pendant les périodes de pointe de la saison de croissance. John et Helen prônent depuis longtemps une philosophie de recours à l’énergie renouvelable et à la conservation. John dit que « la technologie solaire et éolienne n’est plus aussi coûteuse qu’avant, ni vraiment difficile à harnacher. Il est temps de l’appliquer à grande échelle aux exploitations agricoles ».

Tout ce qu’il faut pour produire l’énergie nécessaire à une série de petites ampoules fluorescentes dans les deux dépendances est un module de panneau solaire de 32 watts, coûtant 350$. Deux piles marines à décharge profonde (?deep cycle?) emmagasinent suffisamment d’énergie pour combler les besoins d’éclairage en journée et en soirée. John préfère l’option 12 volts parce que le filage est léger et que l’installation en est facile alors qu’il suffit d’enfouir le fil sous 12 pouces de terre. Cela est important à Flowerhill car la couche de sol qui couvre le roc peut être très mince. Tout ce qu’il faut, c’est 12 heures de soleil pour recharger les batteries, et un dispositif d’arrêt automatique intégré pour prévenir la surcharge. Le système ressemble beaucoup à celui utilisé par de plus en plus de fermes d’élevage pour faire fonctionner les clôtures électriques.

Il est un peu plus compliqué de produire de l’énergie pour pomper l’eau d’un puits foré et la distribuer au moyen d’un système d’irrigation goutte-à-goutte. Le puits a une profondeur de 75 pieds et peut fournir jusqu’à 20 gallons d’eau de bonne qualité à la minute, à une température constante. La source préférée pour l’irrigation à Flowerhill Farm était de l’eau de surface puisée dans un étang sur place, mais cet étang avait tendance à s’assécher l’été ces dernières années. Initialement, John s’en remettait à deux modules solaires de 80 watts montés sur un poteau en acier fiché quatre pieds dans le sol et orientés en direction sud-sud-est, pour faire fonctionner le système. Les panneaux coûtaient 700$ chacun. Ils absorbaient l’énergie solaire pour actionner une pompe de puits submersible de 12 volts. Mais il y avait des problèmes. Les périodes de faible luminosité et d’ennuagement faisaient descendre le pouvoir à un voltage insuffisant. Les besoins accrus pour l’irrigation, aux moments critiques, ne pouvaient être comblés en raison des limites du système. John a trouvé la solution : un système hybride qui ajoute une petite éolienne et une pile qui emmagasine des réserves d’énergie suffisantes. « Le système doit pomper de l’eau quand les plantes en ont besoin, et non seulement quand il y a du soleil pour le faire » dit John.
L’éolienne est dotée de pales de 46 pouces de diamètre et est assise en haut d’un pôteau de 30 pieds, sécurisée par des haubans. Son coût à l’achat est d’environ 1000$. Avec un vent moyen de 12 milles à l’heure, le fabricant estime que l’unité produira 50 kilowatts-heure par mois.

D’après les spécifications, en installant l’éolienne à 60 pieds de hauteur, on peut en porter le rendement à environ 85 kilowatts-heure par mois. « Il semble qu’une brise souffle toujours sur la ferme, dit John. Avec beaucoup de soleil et de vent, nous pouvons compter sur un fort potentiel d’énergie renouvelable. »

John et Helen ont travaillé avec un spécialiste de Nith Valley Solar pour assembler leur système hybride. Il a fallu commencer par évaluer le site pour déterminer s’il y avait des vents assez forts et fréquents pour justifier l’installation d’une éolienne. Avec l’éolienne et les modules solaires qui chargent maintenant les piles marines de 12 volts, les Hill ont suffisamment de réserve pour 20 heures d’irrigation goutte-à-goutte, jour et nuit. Les deux systèmes fonctionnent très bien ensemble. Tout comme pour le système d’éclairage adjacent, un commutateur automatique arrête le chargement des piles et prévient une surcharge.

La ligne d’irrigation goutte-à-goutte ne consomme que trois gallons d’eau la minute et peut être utilisée la nuit pour réduire encore davantage les pertes par évaporation. John est particulièrement satisfait de ce système. Grâce à un système simple et facile d’entretien de disperseurs installés sur un tuyau nourrice en plastique PVC, l’eau est acheminée jusqu’aux lignes d’eau en plastique souple posées sur le sol. Il y a suffisamment de pression dans les lignes pour permettre à John et Helen d’irriguer régulièrement jusqu’à 1,75 acre en même temps.

L’intérêt de John pour l’environnement ne s’arrête pas à l’énergie renouvelable. Confronté à la nécessité d’aménager des toilettes pour ses employés et les clients de son entreprise, il a abandonné l’approche traditionnelle en faveur d’une toilette à compostage. Les Hill ont acheté une toilette non électrique, fabriquée au Canada, pour 1165$. L’unité fonctionne sans eau pour l’évacuation et ne requiert aucun système septique. «Cela marche merveilleusement bien, dit John, et il n’y a aucun risque de contamination de l’eau de surface par les détritus ». L’utilisation est aussi facilitée par une lampe solaire qui dessert le bâtiment.

Participer à l’atelier des Plans

agroenvironnementaux a été une expérience très positive pour John. Il reconnaît que l’exercice peut être rebutant au début parce qu’il exige beaucoup d’analyse et d’interprétation que les gens ne sont pas habitués à faire. « Nous avons rempli les sections du cahier s’appliquant à notre situation unique. Cela a été extrêmement profitable. Quand nous avons fini de les remplir et les avons soumis à nos pairs pour qu’ils l’examinent, j’étais très content d’y avoir investi tout ce temps », dit John.

Le concours est un élément du projet PAE, très réussi, de la Coalition agroenvironnementale de l’Ontario, de la Fédération de l’agriculture de l’Ontario (FAO) du Christian Farmers Federation of Ontario, de AGCare [Agricultural Groups Concerned About Resources and the Environment] et du Ontario Farm Animal Council. Le programme est présentement financé par le programme CanAdapt d’Agriculture et Agroalimentaire Canada, géré en Ontario par le Conseil de l’adaptation agricole.

Depuis le lancement du programme PAE en 1993, plus de 24 000 entreprises agricoles ont participé volontairement aux ateliers. La gestion du PAE reste sous la responsabilité de l’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario (OSCIA), qui l’administre au nom de la Fédération agroenvironnementale de l’Ontario. Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario continue de fournir des conseils techniques.

Traduction gracieuseté de l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes de l’Ontario.

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