Le 26 février 2002

L’enquête de Walkerton : un juge qui a bien compris la nature des choses!

Par Pierre Glaude
info.agricom@atreide.net


Le travail du juge Dennis R. O’Connor chargé de faire la lumière sur la tragédie de l’aqueduc contaminé de la petite ville de Walkerton n’était pas facile. La tâche consistait essentiellement à trouver l’erreur ou les erreurs humaines qui avaient fait en sorte que ces fameux E. coli, ces bactéries «naturelles» et mortelles pour l’humain que l’on retrouve en abondance dans l’environnement, se soient retrouvées vivantes dans le système d’eau potable de cette ville.

Dès les premiers jours suivant la tragédie, les médias ont tiré à boulets rouges sur les agriculteurs de la région qui avaient épandu du fumier de bovins dans les environs des puits contaminés. Ils avaient en quelques heures trouvé le coupable! C’était simple : les bovins peuvent être porteurs de E. coli, le E. coli peut être transmis au sol par le fumier, et l’agriculteur avait épandu du fumier sur le sol: donc le coupable était l’agriculteur des lieux et l’agriculture devenait par le fait même la présumée coupable dans toutes les affaires semblables partout dans le pays!

Mais le juge O’Connor ne s’est pas laissé impressionner par ces jugements sommaires et simplistes. Il était déterminé à aller au fond des choses’ Et c’est exactement ce qu’il a fait en toute objectivité sans tenter de ménager qui que ce soit. On connaît la suite; après des mois de recherches il a trouvé des failles techniques incroyables dans le système d’approvisionnement en eau’ et il a trouvé des incompétents et des inconscients aux commandes du système de chloration de l’eau de la ville. Et il a aussi trouvé coupable un gouvernement provincial qui a manqué de jugement en sabrant à l’excès dans les budgets des programmes de surveillance de la qualité de l’eau potable en Ontario.

Et qu’est-il arrivé de cet agriculteur qui avait épandu le fumier qui contenait probablement le E. Coli qui était à la source du problème? Et bien; le juge l’a exonéré de tout blâme, jugeant qu’il avait fait son travail consciencieusement selon toutes les règles de l’art.

Ce qu’il ne faut jamais oublier c’est que depuis toujours la nature ne fournit pas naturellement des aliments ?sains’ aux humains. Ces derniers ont dû apprendre au cours de l’histoire à traiter les substances qu’ils ingurgitent pour s’éviter certaines maladies. Et c’est pour cela qu’ils cuisent les aliments depuis des millénaires et qu’ils chlorent leur eau depuis une centaine d’années. C’est lorsque ce travail est mal fait qu’il y a des problèmes!

J’ai appris très jeune, qu’il y a des risques à manger de la viande mal cuite et que si l’on devient malade par la suite il faut blâmer le cuisinier et non pas l’agriculteur qui avait élevé l’animal dans les meilleures conditions possibles. C’est ce qu’a fait le juge O’Connor.

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Le 8 février 2002

L’enquête de Walkerton : un juge qui a bien compris la nature des choses!

Par Pierre Glaude
info.agricom@atreide.net


Le travail du juge Dennis R. O’Connor chargé de faire la lumière sur la tragédie de l’aqueduc contaminé de la petite ville de Walkerton n’était pas facile. La tâche consistait essentiellement à trouver l’erreur ou les erreurs humaines qui avaient fait en sorte que ces fameux E. coli, ces bactéries «naturelles» et mortelles pour l’humain que l’on retrouve en abondance dans l’environnement, se soient retrouvées vivantes dans le système d’eau potable de cette ville.

Dès les premiers jours suivant la tragédie, les médias ont tiré à boulets rouges sur les agriculteurs de la région qui avaient épandu du fumier de bovins dans les environs des puits contaminés. Ils avaient en quelques heures trouvé le coupable! C’était simple : les bovins peuvent être porteurs de E. coli, le E. coli peut être transmis au sol par le fumier, et l’agriculteur avait épandu du fumier sur le sol: donc le coupable était l’agriculteur des lieux et l’agriculture devenait par le fait même la présumée coupable dans toutes les affaires semblables partout dans le pays!
Mais le juge O’Connor ne s’est pas laissé impressionner par ces jugements sommaires et simplistes. Il était déterminé à aller au fond des choses’ Et c’est exactement ce qu’il a fait en toute objectivité sans tenter de ménager qui que ce soit. On connaît la suite; après des mois de recherches il a trouvé des failles techniques incroyables dans le système d’approvisionnement en eau’ et il a trouvé des incompétents et des inconscients aux commandes du système de chloration de l’eau de la ville. Et il a aussi trouvé coupable un gouvernement provincial qui a manqué de jugement en sabrant à l’excès dans les budgets des programmes de surveillance de la qualité de l’eau potable en Ontario.

Et qu’est-il arrivé de cet agriculteur qui avait épandu le fumier qui contenait probablement le E. Coli qui était à la source du problème? Et bien; le juge l’a exonéré de tout blâme, jugeant qu’il avait fait son travail consciencieusement selon toutes les règles de l’art.

Ce qu’il ne faut jamais oublier c’est que depuis toujours la nature ne fournit pas naturellement des aliments « sains » aux humains. Ces derniers ont dû apprendre au cours de l’histoire à traiter les substances qu’ils ingurgitent pour s’éviter certaines maladies. Et c’est pour cela qu’ils cuisent les aliments depuis des millénaires et qu’ils chlorent leur eau depuis une centaine d’années. C’est lorsque ce travail est mal fait qu’il y a des problèmes!

J’ai appris très jeune, qu’il y a des risques à manger de la viande mal cuite et que si l’on devient malade par la suite il faut blâmer le cuisinier et non pas l’agriculteur qui avait élevé l’animal dans les meilleures conditions possibles. C’est ce qu’a fait le juge O’Connor.

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