Le 21 août 2002

L’exode des jeunes ruraux irait en s’intensifiant


Un grand nombre de jeunes ruraux, surtout ceux de 15 à 19 ans, prévoient vivre dans des centres urbains.

Un nouveau document de travail fédéral dans le cadre du Partenariat rural canadien qui vient tout juste d’être rendu public expose les raisons de l’exode des jeunes ruraux vers les régions urbaines et décrit les solutions proposées par des jeunes et des dirigeants communautaires pour renverser cette tendance.

Plus de 2 000 jeunes Canadiens âgés de 15 à 29 ans ont contribué à l’étude en répondant à un sondage ou en participant aux groupes de discussions et aux tables rondes avec les dirigeants communautaires.
Si les jeunes sont unanimes à dire que le milieu rural offre un environnement sain sans pareil et demeure l’endroit par excellence pour élever une famille, ils sont également d’accord sur le fait qu’une stratégie pour rendre les collectivités rurales plus attrayantes s’impose. Ils sont d’avis qu’une telle stratégie aidera à convaincre les jeunes de s’installer dans les collectivités rurales et d’y demeurer.

Les jeunes ruraux ont des points de vue très divers concernant leur collectivité. La plupart sont d’avis que les collectivités rurales procurent un milieu sécuritaire et qu’elles constituent un excellent endroit pour élever une famille, mais qu’elles manquent de possibilités d’emploi et d’éducation et d’activités sociales; ces éléments revêtent une importance primordiale pour les jeunes, en particulier ceux qui ont moins de 25 ans.
Une grande majorité des jeunes qui vivent ou ont vécu en milieu rural ont indiqué qu’un environnement sécuritaire (cité par 85 % des jeunes ruraux), un endroit propice pour élever une famille (85 %) et un environnement sain (83 %) sont des caractéristiques positives de leur collectivité rurale.

En revanche, c’est dans une proportion beaucoup plus faible que les jeunes ruraux pensent que leur collectivité rurale offre des possibilités de bien gagner sa vie (cité par seulement 23 % des répondants) ou de poursuivre des études postsecondaires (19 %).

Exode rural

En général, les jeunes ruraux ont une perception assez négative de leur collectivité par rapport aux grands centres urbains. Dans bien des cas, la vie en milieu rural est associée à un statut économique et social limité ou peu élevé, et à des possibilités restreintes. Par ailleurs, malgré certaines préoccupations concernant la sécurité personnelle, les jeunes ruraux associent la vie en milieu urbain au succès financier, à l’accès à l’éducation et à un statut social élevé.

Les résultats de la recherche indiquent que selon toute vraisemblance, l’exode des jeunes à partir des milieux ruraux va se poursuivre, sinon s’accélérer, dans un proche avenir. Parmi les plus jeunes ruraux interrogés (entre 15 et 24 ans), plus de la moitié (55 %) déclarent avoir l’intention de s’installer dans un centre urbain (voir figure 1). La tendance se renverse quand on demande l’opinion des jeunes ruraux âgés de 25 à 29 ans, qui en majorité désirent rester en milieu rural dans une proportion de 66 %.

D’après les résultats du sondage, les jeunes ruraux qui vivent dans une collectivité urbaine ou ceux qui y ont déjà vécu (et sont revenus en milieu rural) déménageaient dans de grands centres pour faire des études postsecondaires, trouver du travail ou accompagner des membres de leur famille. Pour certains, ce départ est censé être temporaire, tandis que d’autres prévoient rester définitivement en ville.

En revanche, chez les jeunes issus de milieux ruraux qui vivent présentement dans un centre urbain, le tiers seulement (37 %) précisent avoir l’intention de revenir dans une localité rurale.
Les raisons de s’installer en milieu rural sont tout aussi importantes que celles qui poussent à le quitter. Un grand nombre de jeunes s’installent dans des collectivités rurales parce que leur famille déménage dans la région, ou qu’ils veulent vivre plus près de proches qui demeurent déjà dans la collectivité. L’emploi attire aussi des jeunes vers le milieu rural, tandis que d’autres jeunes y déménagent pour jouir d’une meilleure qualité de vie ou pour échapper aux pressions de la vie urbaine.

La décision d’un jeune de rester en milieu rural ou de le quitter peut être influencée par ses parents, ses amis, ses pairs, ses enseignants et ses frères et s’urs.

Un document qui propose des solutions

Le document publié par le gouvernement fédéral, qui s’intitule «L’exode des jeunes ruraux : explorer la réalité derrière le mythe», fournit des renseignements sur le phénomène de la migration rurale pour faciliter l’élaboration, la coordination et la prestation à long terme de programmes et de services destinés aux jeunes ruraux de l’ensemble du pays.

Les solutions proposées vont de l’amélioration des possibilités d’emploi à un meilleur accès à l’éducation et à la formation, à la création de programmes axés directement sur les jeunes ruraux et à l’établissement de solides infrastructures sociales.

«Nous devons travailler ensemble pour assurer la viabilité du Canada et faire en sorte que les jeunes puissent concevoir un avenir social et économique au sein de leurs collectivités», a déclaré Andy Mitchell, le secrétaire d’État au Développement rural. «Le document de travail leur a permis de nous faire part de leurs opinions et de leurs préoccupations. Nous avons apprécié leur importante contribution».

«L’amélioration des possibilités offertes aux jeunes, en particulier dans les régions rurales, est un volet important de la stratégie de développement économique pour le Canada atlantique», a souligné le ministre d’État responsable, Gerry Byrne. «Les conclusions de cette étude nous aideront à améliorer les programmes et les initiatives à l’intention des jeunes ruraux. À ce titre, mentionnons le Programme de capital d’appoint ConneXion Jeunes Entrepreneurs, qui fournit des conseils en gestion financière et en planification d’entreprise aux jeunes entrepreneurs des régions rurales».

Le rapport ?La migration des jeunes ruraux : Explorer la réalité derrière les mythes’ est disponible à l’adresse Internet suivante : www.rural.gc.ca/researchreports/youth2002/cover_f.phtml.

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