Volume 29 Numéro 09 Le 14 décembre 2011

L’oeuf ou la poule ? Ni un ni l’autre à Ottawa

Par Marie-Sophie Desaulniers, administratrice UCFO


« Élever des poules en villes : un droit humain ou un risque pour la santé? » était le sujet de discussion au plus récent café scientifique animé par le Musée de l’agriculture du Canada, le 29 novembre dernier. Ce café scientifique, auquel ont assisté une trentaine de personnes, se voulait un incitatif pour discuter de tous les points de vue possibles sur le sujet, y compris les règlements municipaux en vigueur, les questions relatives à la santé et à la sécurité tant pour les humains que pour les animaux ainsi que l’expérience d’éleveurs de poules.

 

En 2008, des résidents d’Ottawa ont commencé à discuter de la possibilité de faire changer les règlements municipaux pour autoriser l’élevage de poules en ville. Au cours des dernières années, les règlements municipaux de plusieurs villes canadiennes ont favorisé ce type d’élevage, notamment celle de Vancouver.

 

 Certaines personnes font valoir que tout effort déployé pour soutenir nos sources de nourriture – incluant l’élevage de poules pour leurs œufs – est un droit humain fondamental. D’autres allèguent que les risques pour la santé et la salubrité de la ville l’emportent sur les avantages. La soirée a été forte en discussions et m’a permise de faire trois constats.

 

Premièrement, peu de gens présents avaient une idée précise de ce qu’élever quelques poules pour consommation personnelle implique. Zoé Williams, une présentatrice invitée, qui élève elle-même quelques poules, a dû réitérer à plusieurs reprise que de prendre soin de ses poules n’est pas plus long ni plus compliqué que de prendre soin d’un chien.

 

Le deuxième est que les règlements municipaux de la ville d’Ottawa concernant les animaux domestiques sont pour le moins détaillés. Le conseiller municipal Doug Thompson, autre présentateur invité, semblait dire que plusieurs résidents contreviennent déjà au règlement quant à la garde de chiens et de chats, donc que ce serait une mauvaise idée de permettre l’élevage de poules, car les gens ne suivraient pas les règles. S’en suivrait selon lui des problèmes de salubrité et de bruit.

 

Le troisième constat de ma soirée est que tout le débat semblait porter sur la confiance et la connaissance du milieu agricole. Peu d’urbains connaissent personnellement des éleveurs de poules, ou même seulement les conditions de base d’élevage des volailles. Des croyances plus ou moins farfelues sont donc perpétuées.

 

Comme dans plusieurs débats portant sur l’agriculture, on en revient souvent au fait que le consommateur semble vouloir en savoir plus sur les conditions d’élevage, mais pas au point de le faire lui-même. Et considérant le statut socio-économique de la ville d’Ottawa, l’argument monétaire perd son poids.

 

À quand des poules urbaines à Ottawa? Peut-être lorsqu’elles auront des dents!

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