Le 2 avril 2003

L’Ontario conseille de faire vacciner les chevaux contre le virus du Nil occidental

Par Pierre-Alain Blais


Chevaux(-th).JPG] D’après les spécialistes du MAAO, le cheval serait particulièrement sensible à l’infection causée par le virus du Nil.

Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario encourage tous les propriétaires de chevaux de l’Ontario à faire vacciner leurs animaux au plus tôt contre le virus du Nil occidental. En effet, le seul vaccin disponible devrait être administré au moins deux mois avant que les moustiques ne commencent à émerger au mois de mai prochain.

« Nous comprenons la menace que pose cette maladie et prenons des mesures, avec nos partenaires dans la profession vétérinaire et l’industrie équine, pour contenir cette menace, a déclaré Mme Johns. J’incite vivement les propriétaires de chevaux à consulter dès maintenant leur vétérinaire pour s’assurer que leurs animaux sont protégés. »
Il existe un vaccin fabriqué par Fort Dodge Laboratories que l’on peut obtenir d’un vétérinaire. Son usage chez le cheval a été approuvé provisoirement au Canada et est distribué par les Laboratoires Wyeth Animal Health aux vétérinaires brevetés canadiens. La première vaccination nécessite deux injections espacées de trois à six semaines, commençant au moins deux mois avant la saison des moustiques. De plus, le fabricant du vaccin recommande une injection de rappel annuelle. Les propriétaires de chevaux devraient consulter leur vétérinaire pour obtenir les renseignements les plus récents au sujet du vaccin.

Le cheval est très sensible au VNO

Le virus transmis par les moustiques peut causer l’inflammation du système nerveux central (encéphalite) chez de nombreuses espèces animales domestiques, mais les chevaux semblent y être les plus sensibles. On compte environ 300 000 chevaux en Ontario.

L’infection par le virus du Nil occidental (VNO) attaque le système nerveux central des chevaux. Les symptômes suivants peuvent se manifester: apathie, tremblements, dépression, perte d’appétit, trébuchements et manque de coordination, faiblesse, inclinaison de la tête et paralysie partielle, convulsions et même la mort.

Le cheval serait particulièrement sensible à l’infection causée par le VNO. La fièvre apparaît dans 25 % des cas. Ces symptômes, similaires à ceux d’autres maladies touchant le système nerveux central, comme la rage et l’encéphalite équine, peuvent se manifester très soudainement.

Une fois un cheval infecté, il n’existerait aucun traitement spécifique pour combattre la maladie virale, rapporte le ministère de l’Agriculture de l’Ontario (MAAO). Les antibiotiques seraient sans effet. Un vétérinaire peut administrer « une thérapie de soutien », c’est-à-dire des soins infirmiers et des solutés de façon à prévenir la déshydratation et peut prendre des mesures afin d’éviter les infections secondaires. La maladie peut progresser très rapidement et les symptômes graves apparaître dans les 12 heures. Selon les vétérinaires du ministère, les taux de mortalité chez le cheval atteint sont très élevés. Entre 20 et 40% des chevaux atteints meurent ou doivent être euthanasiés.

Le virus du Nil occidental a fait son apparition en Amérique du Nord, sur la côte Est des États-Unis, en 1999, et n’a cessé de progresser depuis en direction du nord, du sud et de l’ouest. Bien que ce virus transmis par les moustiques puisse infecter de nombreuses espèces animales, les corneilles, les geais, les humains et les chevaux sont le plus à risque.

En Ontario, on a d’abord détecté le VNO chez les oiseaux et les moustiques en 2001. Des preuves de l’existence du virus ont été découvertes un peu partout dans la province en 2002 et, à l’automne, des infections par le virus du Nil chez les humains et les chevaux ont été confirmées. En août 2002, on confirmait le premier cas d’infection équine par le VNO en Ontario.

Le MAAO a révélé qu’un sondage mené l’automne dernier auprès de 190 vétérinaires s’occupant de chevaux indique 74 cas confirmés d’infection par le virus entre le 1er août et le 14 septembre 2002. Le nombre total de chevaux soignés en 2002 par les vétérinaires en pratique privée a été estimé à 42 410, ce qui représente 13 % des 325 000 chevaux de l’Ontario. Dix-huit pour cent des chevaux traités ont été vaccinés.

Approche fondée sur la sensibilisation et la vaccination

Afin de combattre le VNO, le MAAO concentre ses efforts sur trois domaines clés: éducation, surveillance et diagnostic. Parce que la maladie causée par le virus ne peut pas être traitée par des antibiotiques, le ministère préconise une approche basée sur la ?protection et la prévention’ en encourageant les propriétaires de chevaux à discuter avec leur vétérinaire de la vaccination possible de leurs chevaux contre le VNO et d’autres maladies. On incite les propriétaires à prendre des mesures pour se protéger, eux-mêmes et leurs chevaux, des piqûres de moustiques.

Le MAAO continuera à mettre en garde les vétérinaires et les propriétaires de bétail contre la possibilité d’infection par le virus du Nil occidental du bétail, et particulièrement des chevaux. On a procédé à l’envoi d’une trousse d’information sur la prévention du VNO équin aux vétérinaires, bibliothèques de comté, bureaux du MAAO et organismes équestres.

En prévision de la saison des moustiques de 2003, le ministère mène une campagne de sensibilisation destinée à fournir des renseignements sur la maladie et à conseiller aux propriétaires de chevaux de la province de faire vacciner et tester leurs chevaux. Des présentations par les vétérinaires du ministère sont prévues à diverses assemblées de l’industrie équine en Ontario.
Le ministère prévoit augmenter la capacité de diagnostic du Laboratoire de santé animale de l’Université de Guelph, à temps pour la saison d’éclosion des moustiques de 2003. Aux fins de surveillance provinciale de la maladie, le MAAO demande aux vétérinaires et aux propriétaires de chevaux, dont l’infection par le virus est détectée dans un laboratoire en dehors de la province, de lui communiquer volontairement cette information.
On peut obtenir plus de renseignements sur le site Internet du ministère à www.gov.on.ca/omaf, qui devrait être mis à jour plus régulièrement à l’approche de la nouvelle saison.

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