Volume 26 Numéro 14 Le 18 mars 2009

L’Union des cultivateurs appuie la souveraineté alimentaire

Par Pierre-Alain Blais, rédacteur en chef


L’Union des cultivateurs franco-ontariens, représentée ici par son président Denis F. Bourdeau (au centre), signe symboliquement la demande d’adhésion à la Coalition pour la souveraineté alimentaire, suite à un vote unanime des membres lors de l’assemblée

L’Union des cultivateurs se joint à une quarantaine d’autres organismes agricoles et sociaux et fait la choix d’appuyer la souveraineté alimentaire.

C’est par un vote unanime, lors de la dernière assemblée générale annuelle le 5 mars dernier, que l’organisme de représentation des agriculteurs francophones de l’Ontario, a joint les rangs grandissants de la Coalition pour la souveraineté alimentaire.

Le choix a été fait après avoir été écouté une conférence très bien documentée de Frédéric Paré à ce sujet et entendu les recommandations de ses dirigeants.

Le droit à l’alimentation
Les agriculteurs veulent faire contrebalance aux effets pernicieux de la mondialisation du commerce des aliments. On veut se ranger du côté de ceux qui contestent les ambitions de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) de traiter la nourriture comme une simple marchandise, comme s’il s’agissait de téléphones cellulaires.

Cette libéralisation du commerce à outrances qui fait qu’on menace de plus en plus nos systèmes de gestion de l’offre, qui pourtant fonctionnent sans un apport constant de subventions gouvernementales. Et qui de surcroît, stabilise le marché du lait, des ?ufs et du poulet, de façon à éviter les catastrophes économiques, comme celle qui ébranle présentement l’industrie laitière américaine.

Des propositions sur la table de l’OMC, voudraient qu’on ouvre encore davantage les frontières du Canada à l’importation de denrées de base, comme justement les produits laitiers, les viandes, les grains.

La souveraineté alimentaire, a expliqué Frédéric Paré aux participants à l’AGA de l’UCFO le 5 mars dernier, c’est de reconnaître le droit souverain des peuples à nourrir leur population.

Cela implique de pouvoir dire non au dumping des surplus de certaines régions économiques qui peinent à contrôler leur production, souvent en raison des subventions généreuses de l’État. C’est de mettre le droit des nations à contrôler leur alimentation devant celui des transnationales à faire du commerce sur la planète, mentionne M. Paré, coordonnateur de programme à la Coalition pour la souveraineté alimentaire.

Pourquoi se ranger du côté de la souveraineté alimentaire ?

Tous les humains devraient avoir accès à de la nourriture de qualité et en quantité satisfaisante, proclamait la FAO. Une nourriture qui devrait d’abord et avant tout être produite et consommée localement, et non pas dépendante de transports à très longue distance et sujette à des pressions politiques ou économiques.

Mais, en réalité, les systèmes alimentaires échappent de plus en plus au contrôle du gouvernement, diminuant l’influence que la population civile peut avoir sur les décisions qui sont prises à son sujet, déplore M. Paré.

« C’est un problème qu’on laisse faire », commente-t-il.

Le problème auquel il fait allusion est celui de la concentration du marché à tous les maillons de la chaîne alimentaire. Un exemple : Aux États-Unis, plus de 40 % des ventes alimentaires au détail sont effectuées par 10 entreprises. Pour chaque dollar dépensé en alimentation aux É-U, 10 ¢ reviennent dans les poches du géant Phillip Morris, qui ne fait pas que des cigarettes.

Le recherchiste a présenté des chiffres qui démontrent que les grands gagnants de la hausse du prix de l’alimentation ne sont ni les agriculteurs (qui reçoivent comparativement moins qu’avant), ni les consommateurs (qui paient de plus en plus), mais bien les grandes multinationales.

Fait intéressant, depuis que l’agriculture a été insérée dans les visées de l’OMC en 1994 (et est devenue marchandise), les revenus de marché des agriculteurs canadiens n’ont cessé de décroître.

Les appuis se multiplient
Parmi les organismes agricoles appuyant la souveraineté alimentaire: L’Union des producteurs agricoles (UPA), La Coop fédérée, la coopérative Agropur, les Producteurs laitiers du Canada, la Fédération des producteurs de lait du Québec, les Producteurs de poulets du Canada, les Producteurs de poulets de l’Ontario, les Éleveurs de volailles du Québec, la Fédération des producteurs d’?ufs de consommation du Québec, etc.

Un citoyen peut accorder son appui à la souveraineté alimentaire, en signant la Déclaration d’appui à la souveraineté alimentaire disponible sur le site Internet NourrirNotreMonde.org, ou en communiquant au : 514-522-2000.

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