Volume 26 Numéro 16 Le 15 avril 2009

L’Union fait la force !

Par Denis Bourdeau, président, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


On sait que la soif du savoir est la clé du succès d’une société moderne et pour cette cause, l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) a exigé un collège de formation professionnelle francophone en agriculture en Ontario.

L’agriculture moderne exige de l’information nouvelle et hors de l’ordinaire que le grand-père ou le père ne pouvait pas transmettre à son fils comme ce fut le cas pour des générations. La comptabilité, la santé animale, les ensilages, la soudure, la rentabilité des engrais, les pesticides, la mécanique des moteurs, l’électricité, etc. assurent le succès à ceux qui maîtrisent et savent faire profiter les nouvelles techniques ou outils.

Alors, des cours d’éducation populaire en français sont organisés à travers l’Ontario. Puis, enfin, le Collège d’Alfred tant attendu ouvre ses portes. On a plus à s’expatrier à Kemptville pour compléter ses études de spécialisation agricole.

Il en va de même pour la protection du revenu.

Au début, les agriculteurs et les agricultrices se doivent de suivre le rythme de la nature: une mauvaise année, on recule, une bonne année, on avance…

Afin de contrebalancer ces phénomènes, l’Union des cultivateurs organise dans les années 1960, avec la participation des agriculteurs québécois, des démonstrations monstres sur la Colline parlementaire. Fini la vache maigre, on obtient la gestion de l’offre et l’assurance-récolte et d’autres outils indispensables à la sécurité financière et à l’émancipation de notre société terrienne.

Ce fut aussi le travail des agronomes ? obtenu de force au ministère de l’Agriculture ? de conseiller et d’informer les hommes et les femmes de la terre sur l’adaptation de ces changements à leur entreprise.

Même en 1929, l’année de fondation de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, l’exode des jeunes des villages était déjà un sérieux problème. En cette période, il est connu au-delà de 3 millions de Canadiens français quittèrent le Canada et s’expatrièrent aux « États », comme esclaves dans l’industrie du textile.

Une fois parti, tu ne reviens plus et ta culture, ta religion et ton âme sont en danger; une destinée de malheur pour l’époque. On institue donc la « Semaine de la fierté rurale », où on essaie de valoriser la vie à la campagne et les nombreux métiers connexes à l’agriculture moderne qui s’offrent à la jeunesse.

La ferme, la famille et le respect de la langue française sont toujours des priorités pour l’Union et ceux qui la dirigent. Sachant que ses membres gagnent leur pain à cultiver la terre, justement leur revenu doit être protégé et leurs méthodes de travail se doivent d’être en harmonie avec la nature et l’environnement.

Pour leur aider, l’UCFO obtient de l’aide financière et fonde des groupements de gestion financière et agroenvironnemental.
Ce fut un véritable succès: les agriculteurs franco-ontariens y adhérent en grand nombre et tout en opérant en comparaison avec ceux qui ont du succès, le groupement améliore son sort au point où il est reconnu que les fermes qui participent à ces groupements ont beaucoup plus de succès que la moyenne provinciale.

Le succès est tel que les groupements de gestion se propagent maintenant parmi les producteurs anglophones à la grandeur de la province. Quelle belle initiative !

Bonnes semailles !

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