Volume 28 Numéro 22 Le 3 août 2011

La canicule et ses effets sur les plantes de grandes cultures


Les grandes chaleurs et les canicules d’été ont une incidence sur le mode de vie des animaux et les humains. Qu’en est-il de nos grandes cultures? Quel est l’effet de chaleurs extrêmes sur le maïs, le soya, les céréales et les plantes fourragères?

Le maïs et le soya sont des plantes plutôt tropicales. Il est probable que la chaleur aura un effet bénéfique sur leur croissance. Les optimums de croissance du maïs sont d’environ 30 °C le jour et 20-25 °C la nuit. Il est donc presque possible de « voir » les plants de maïs grandir lors des journées de canicules!  Cependant, dépendant du stade physiologique du maïs, la chaleur aura un effet différent sur celui-ci.

À la croix du maïs se développent les fleurs mâles. Celles-ci libèrent le pollen qui tombera sur les soies de l’épi en formation pour féconder l’ovule qui deviendra le grain. Une bonne pollinisation assure en partie le bon rendement du maïs. À ce stade critique, une chaleur extrême (au-dessus de 35 °C) pourrait rendre le pollen stérile et diminuer la pollinisation de l’épi. Heureusement, le pollen de la croix est relâché le matin pendant quelques jours de suite, au moment où la chaleur est rarement très élevée. Si la chaleur est associée à une période sèche, les soies de l’épi peuvent aussi se dessécher et limiter la fécondation des ovules. La sécheresse seule peut aussi limiter l’élongation des soies, rendant les fleurs de l’épi moins réceptives au pollen, surtout dans des cas de compaction des sols et de systèmes racinaires réduits.

Attention! Les feuilles qui roulent durant la période la plus chaude de la journée n’indiquent pas nécessairement qu’il y aura une baisse de rendement. Cependant, si les feuilles roulent presque toute la journée, durant une période de deux semaines avant et après la sortie des soies, vous pouvez prévoir des baisses de rendement de l’ordre de 2-6 % par jour. De nouvelles variétés de maïs plus résistantes à la sécheresse et à la chaleur sont toutefois en développement.

Le soya, quant à lui, aime la chaleur et en est généralement peu atteint. La sécheresse limite la croissance et peut accroître l’effet néfaste des pucerons ou des tétranyques présents (ceux-ci sucent la sève et donc réduisent la quantité d’eau dans la plante).

Dans le cas du blé, de l’avoine et de l’orge, le constat est un peu différent. En effet, les températures optimales de croissance sont d’environ 20°C le jour et 10°C la nuit. C’est donc dire qu’à température élevée, la respiration (qui brûle les réserves d’énergie) est plus élevée que la photosynthèse (qui fabrique les réserves). Le remplissage des grains, le nombre de grains par épis ou panicule d’avoine et le rendement des céréales s’en trouve donc réduit. Durant la floraison, des épisodes de chaleur peuvent aussi causer la stérilité et des épis contenant moins de grains. De là l’importance de semer tôt au printemps afin d’atteindre la maturité le plus tôt possible permettant ainsi d’éviter les périodes de canicules.

Quant à la luzerne, celle-ci est en général assez résistante à la chaleur et à la sécheresse. Cependant, la chaleur combinée à la sécheresse diminue la croissance de la luzerne et son rendement. Par conséquent, les pâturages et champs de foin en souffriront aussi. On observera une diminution de la qualité et de la quantité des fourrages, et de l’herbe pour les vaches au pâturage.

Dans notre climat, les dommages causés par la chaleur extrême sont généralement toujours associés à une période sèche. Il faut donc craindre un déficit hydrique dans notre champ plutôt que la chaleur intense.

Nous pouvons conclure que l’impact de la chaleur sur les différentes cultures est principalement déterminé par la quantité d’eau présente. La sécheresse est considérée comme la première source de perte de rendement dans le monde!

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