Volume 33 Numéro 01 Le 21 août 2015

La Cité voit grand pour le Campus d’Alfred



Chantal Quirion redation@journalagricom.ca


La présidente de La Cité Lise Bourgeois était de passage au conseil des Comtés unis de Prescott et Russell, le 12 août dernier, pour faire le point sur l’Institut de formation et de recherche agroalimentaire (IFRA), dont l’enseigne se dresse maintenant sur le Campus d’Alfred dans l’Est ontarien. Le consultant Brock Dickinson de la firme Millier Dickinson Blais, firme spécialisée en développement économique, l’accompagnait pour présenter le premier jet du plan d’affaires du Centre d’innovation et de transformation agroalimentaire de Prescott et Russell qui pourrait prendre place à l’IFRA. L’idée d’un institut comportant trois piliers — la formation, la recherche et le développement économique — circule depuis un certain temps, mais il fallait vérifier comment les vœux pourraient s’arrimer à la réalité.

« Nous sommes ici pour vous  informer du cheminement et pour solliciter votre appui », a précisé Mme Bourgeois.

Il s’agit ici d’un appui moral des Comtés unis, le temps n’étant pas encore venu de solliciter les appuis financiers. Toutefois, l’engagement de tous les paliers de gouvernement — municipal, provincial et fédéral — devra faire partie de l’équation pour que le projet se concrétise, auquel devra s’ajouter la participation du secteur privé.

Les élus se sont montrés enthousiasmes face au projet, mais ne semblent pas disposés à y engager des fonds publics.

« Il vous faut continuer à travailler, car je ne crois pas que les Comtés unis peuvent aider financièrement à la fondation », s’est empressé de préciser le maire de la Cité de Clarence-Rockland, Guy Desjardins, imité par sa collègue Jeanne Charlebois pour la Ville de Hawkesbury.

 

La présentation

En résumé, selon les termes de Mme Bourgeois, l’IFRA doit s’articuler autour de trois paliers et de trois piliers. Cette dernière a rappelé aux élus qu’en ce qui concerne la formation, le dossier ne cause aucune inquiétude puisque la province a confié le mandat à La Cité en mars 2015 de livrer les programmes en agriculture et en agroalimentaire dans l’Est ontarien. Le financement qui va de pair est assuré et plus de 70 d’étudiants sont inscrits pour la prochaine rentrée. De nouveaux programmes pourraient d’ailleurs s’ajouter pour rendre l’offre encore plus attrayante. Néanmoins, ce financement ne s’applique pas
aux infrastructures.

« On a bien compris que la relance du Campus d’Alfred ne peut pas reposer seulement sur le volet éducation et qu’il y a aussi une nécessité d’inclure le volet du développement économique », a-t-elle déclaré.

M. Dickinson a pour sa part expliqué comment l’IFRA pourrait demeurer à Alfred en s’appuyant sur des modèles comme le Centre de développement bioalimentaire du Québec à Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Il existe d’autres modèles de réussite aux États-Unis et au Canada, lesquels ont servi à la firme pour étayer sa réflexion.

Avec un budget de 10,2 M$ sur cinq ans, le Centre d’innovation et de transformation agroalimentaire de Prescott et Russell  pourrait voir le jour et devenir ainsi la plaque tournante de l’agriculture et de l’agroalimentaire dans la région, créant jusqu’à 150 emplois, notamment.

Les projections de revenus pour cette période s’élèvent à 5,6 M$, ce qui laisse près de 4 M$ à aller chercher en subventions et commandites. Toutefois selon ce plan, l’injection de capitaux externes diminue au fil des ans, passant de 1,725 000 $ la première année à 150 000 $ la cinquième année. En d’autres mots, le Centre de transformation se dirigerait vers l’autonomie financière et les retombées économiques pour la région seraient supérieures au budget d’opération. Un plan final sera déposé le
15 septembre.

Plusieurs acteurs de la communauté sont déjà engagés dans le processus, regroupés au sein du Comité de développement économique du Campus d’Alfred qui compte des représentants du Canton d’Alfred-Plantagenet, de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, de la Société de développement communautaire de Prescott et Russell et de la Fondation du Collège d’Alfred. De ce comité présidé par Benoit Lachaîne, à la tête de la Fondation, est né le Groupe de travail dont le mandat a été entre autres, de développer la proposition du Centre d’innovation avec l’aide de la consultante locale Ginette Goulet. L’équipe s’est appuyée en partie sur le rapport Godbout commandé par la province pour évaluer le potentiel de relance du Campus d’Alfred et identifier des pistes de solution.

Au sortir de la présentation,
M. Lachaîne s’est dit confiant que le projet suscitera suffisamment d’engouement pour récolter les appuis nécessaires à sa concrétisation.

Pour sa part, Mme Bourgeois a réitéré le souhait de La Cité de pouvoir demeurer sur le Campus d’Alfred et s’est dit d’un naturel optimiste.

« Je crois honnêtement qu’on a ici une opportunité et qu’il faut la saisir. »

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