Volume 34 Numéro 04 Le 07 octobre 2016

La coopération, « oui je le veux »- M. Quesnel

Par Marc Quesnel


Les coopératives sont-elles encore importantes dans le monde d’aujourd’hui ? Je me rappelle qu’on m’ait posé cette question il y a 15 ans alors que nous venions de redémarrer la Coop AgriEst sous l’aile de la Coop fédérée. J’en étais convaincu en 2001 et je le suis encore aujourd’hui.

Que ce soit à travers mes propres expériences en tant qu’agriculteur membre du mouvement coopératif, de mes observations des différences entre les modes d’opération du secteur privé et coopératif, ou de mes conclusions sur son impact à l’échelle mondiale, je crois que le mouvement coopératif est toujours aussi pertinent.

ÉDITORIAL

Lorsqu’AgriEst a été remise sur pieds en 2001, les prix de la moulée dans la région ont baissé de 10 $/tonne. Il n’y avait pas de raison pour une telle baisse, mais la présence d’une option coopérative a forcé la compétition à réviser ses marges. Si j’utilise les données de ma ferme en exemple, 10 $/tonne multipliés x 150 tonnes par année = 1 500 $ d’épargnes. Si je multiplie ce chiffre par les 15 années d’opération d’AgriEst, j’arrive à 22 500 $. Donc, la présence d’une coopérative dans la région a créé une pression à la baisse sur les prix qui se s’est traduit en cette économie considérable.

On me demande souvent quelle est la différence entre le secteur privé et le secteur coopératif. Il y a des similitudes bien entendu, tous deux visent à offrir un service hors pair et un produit de la plus haute qualité, mais il y a aussi des différences. Le secteur privé vise à tirer le maximum de profit dans les mesures possibles du marché tandis qu’une coopérative vise à faire une marge raisonnable qui permet de supporter ses investissements. S’il y a des surplus, ils sont distribués parmi les membres propriétaires. Et bien entendu, dans une coopérative, le membre — ou si vous préférez le propriétaire — a son mot à dire.

Mondialement on dénombre 750 000 coopératives qui représentent  un chiffre d’affaires de 1,97 milliard $ US/an. Dans un monde capitaliste où 10 % des gens détiennent  80 % de la richesse, l’économie enrichit les  les plus riches au détriment des autres classes. Mettre le pouvoir d’achat entre les mains des consommateurs est probablement la solution la plus viable et la plus équitable à long terme.

Donc en tant qu’agriculteur, surtout en ces temps plus difficiles, je crois que le système coopératif est là pour rester. Que ce soit pour créer un système de contrôle dans la région, ou une façon de redonner argent et voix aux producteurs sur un autre maillon de la chaîne économique, et même pour tenter de contrer les tendances alarmantes de l’économie mondiale, les coopératives ont encore toute leur place aujourd’hui. Après tout, quelle autre option peut nous permettre d’exister localement dans une réalité qui est devenue mondiale?

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