Le 1er juin 2005

La Coopérative régionale de Nipissing-Sudbury: toujours bâtir notre avenir ensemble

Par André Pommainville*, agronome, collaboration spéciale


Le développement d’une région passe par la volonté des gens qui y habitent à se prendre en main.

Ces mots évoquent assez bien les buts et les objectifs poursuivis par la Coopérative régionale de Nipissing-Sudbury Limitée. Cette approche de servir la population en réponse à ses besoins et ses attentes est sans nul doute la raison d’être de cette coopérative qui géographiquement dessert presque tout le Nord-Est ontarien. C’est une immense région où l’agriculture cohabite avec la forêt, les mines et le tourisme.

Ce n’est pas un secret que le milieu agricole doit continuellement revendiquer ses droits pour subsister dans plusieurs communautés. La même réflexion peut se faire à la grandeur de la province de l’Ontario, mais la situation est plus préoccupante dans plusieurs communautés desservies par la Coopérative régionale de Nipissing-Sudbury Limitée.

À cause du manque d’infrastructure locale et des grandes distances pour se rendre aux grands centres urbains du sud de la province ainsi que le manque d’une relève agricole, le nombre d’exploitations agricoles dans le Nord-Est ontarien est en chute libre dans certaines régions. Cette situation a forcé la fermeture de plusieurs centres de services agricoles dans la région desservie présentement par la Coopérative régionale de Nipissing-Sudbury. Sans points de services, le secteur agricole dans un grand nombre de communautés du Nord-Est ontarien a rapidement perdu de son importance économique et sociale.

Le mouvement coopératif, incluant les caisses populaires, qui a connu ses plus beaux jours dans les années 40 et 50, a été le lien rassembleur de beaucoup de communautés franco-ontariennes. Dans les années 40 et 50, un grand nombre de paroisses francophones avait leur coopérative de services et de consommation. Je cite en exemple des villages dans les districts de Nipissing et Sudbury, tels Desaulniers, Lavigne, Noëlville, Alban, Verner, Field, St-Charles, Chelmsford, Hamner et combien d’autres où le mouvement coopératif a été lié historiquement à leur développement au milieu du siècle dernier. Je dis « historiquement » car en 2005, le concept rassembleur que représentait la coopérative locale a bien changé.

Une coopérative renouvelée
Dans la plupart de ces paroisses, la coopérative locale n’y est plus. Je n’essaie pas d’analyser les raisons de ce changement, mais un fait demeure, c’est que le mouvement coopératif a encore son créneau dans la conjoncture économique de notre société moderne. La Coopérative régionale de Nipissing-Sudbury Limitée de l’an 2005 démontre la capacité d’adaptation du mouvement coopératif.

Cette coopérative de consommation et de services a survécu et est présentement en pleine croissance grâce surtout grâce à l’esprit avant-gardiste, entrepreneurial et de développement communautaire démontré par ses administrateurs. La Coopérative régionale de Nipissing-Sudbury n’est plus la coopérative locale ou paroissiale d’autrefois mais plutôt un réseau de centres de distribution de services et de consommation qui répond aux besoins particuliers et distincts des communautés participantes. Avec son siège social à Verner, cette coopérative gère cinq points de distribution ou de services, soit à Verner, Noëlville, St-Charles, Thornloe et Echo Bay.

Il faut aussi noter que les cinq centres gérés par la coopérative n’offrent pas tous les mêmes services. À certains endroits, on y retrouve une épicerie, un centre agricole, une station de services pétroliers, une meunerie, un élévateur à grain ou une combinaison de plusieurs de ces services dans le même centre.

Le conseil d’administration a dû et doit s’ajuster périodiquement aux besoins des communautés et aussi aux conditions économiques des différents centres de services. Le choix d’offrir un service à un tel endroit est le résultat de plusieurs facteurs, dont la rentabilité économique y demeure la pierre angulaire.

Comme disait Raymond Savage, gérant général de la Coopérative régionale de Nipissing-Sudbury Limitée, « le succès économique de notre entreprise passe par la volonté de son conseil d’administration à répondre aux besoins et aux attentes de ses membres et des gens des communautés concernées ».

C’est avec cette vision que des élévateurs à grain ont vu le jour en l’an 2000 à Verner. Afin d’aider à la diversification agricole du Nord-Est ontarien et aussi à combler à un manque d’entreposage dans la région, ces élévateurs situés à Verner avec accès sur la route transcanadienne démontrent bien l’importance du mouvement coopératif dans le développement des communautés franco-ontariennes en milieu rural. C’est un peu la devise du mouvement coopératif qui est « tous pour un et un pour tous » et en d’autres mots, c’est parfois en faisant des petites choses que l’on parvient à accomplir un grand projet tel que le projet des élévateurs à grain.

La Coopérative régionale de Nipissing-Sudbury Limitée est l’exemple concret de cette devise. Avec ses 39,000,000$ d’activités d’exploitation en 2004, cette coopérative réussit dans un monde de multinationales grâce à la détermination et l’enthousiasme de ses membres et surtout de son conseil d’administration.

Chapeau à vous tous qui avez participé au développement ou qui présentement gèrent ce joyau du Nord-Est ontarien.

André Pommainville, agronome, est directeur du développement à l’Union des cultivateurs franco-ontariens.

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