Volume 27 Numéro 18 Le 19 mai 2010

La CUMA permet de bien gérer tout en partageant

Par Normand et Céline Brunette, St-Eugène (Ont.)


Normand Brunette et sa conjointe Céline sont producteurs laitiers à St-Eugène, dans l’Est ontarien. Archives Agricom.

Nous sommes dans un monde où tout change rapidement et l’agriculture n’y échappe pas.

La mondialisation, les nouvelles technologies, le prix des intrants, des terres, des machineries, sont des facteurs que nous devons prendre en considération lorsque nous prenons des décisions en tant que bon gestionnaire agricole.

Ce n’est pas toujours facile de prendre des décisions qui auront parfois des répercussions pour le futur de l’entreprise et surtout lorsqu’il s’agit de machineries agricoles.

Le coût de certaines machines est élevé par rapport à l’utilisation que l’on en fait et du même coup, cela les rend difficile à rentabiliser.

Certains producteurs une ou plusieurs machineries agricoles avec d’autres, ou font faire certaines tâches à forfait.

Aujourd’hui, j’aimerais vous présenter une formule qui existe depuis la 2ième Guerre mondiale en France et qui a fait son apparition au Canada en 1991 dans l’est du Québec, et depuis 1997, dans l’Est ontarien : la formule de la CUMA.

Pour plusieurs d’entre nous, cette formule est plus ou moins connue. D’abord, le sigle « CUMA » est l’abréviation de « coopérative d’utilisation de la machinerie agricole ».

La CUMA est un regroupement de producteurs qui ont des besoins économiques et sociaux communs et qui pour les satisfaire, se regroupent pour exploiter une entreprise selon les règles de fonctionnement des coopératives.

Le but de la CUMA est d’offrir aux producteurs un service de location de machineries agricoles à moindre coût et dans un encadrement légal bien structuré. Un autre objectif est d’établir un climat propice à l’entraide et à la solidarité chez les membres de la coopérative.

Cette formule a pour avantages de réduire les dépenses de capitalisation en mécanisation lourde, d’utiliser des équipements plus performants avec parfois de nouvelles technologies, d’améliorer les conditions de travail, ainsi que de créer un dynamisme social entre agriculteurs.

Une CUMA nécessite un minimum de cinq (5) entreprises ayant chacune une part sociale qualificative d’un montant qui varie généralement de 10$ à 100$. Ce capital social est géré par le conseil d’administration.

La CUMA est composée d’une ou de plusieurs branches d’activités dont chacune d’elle doit compter un minimum de trois (3) adhérents (des entreprises agricoles). Chaque branche d’activité peut être de taille différente.

Les entreprises (adhérents) d’une branche doivent payer un droit d’utilisation ou une mise de fonds totalisant 20 pour cent du coût de la machinerie et ils doivent s’engager à respecter un contrat d’engagement.

Ce contrat énumère les règlements de la branche d’activités et désigne le responsable de celle-ci, ainsi que les obligations de chacune des entreprises participantes. Bien entendu, toutes les machineries sont la propriété de la CUMA.

Outre les mises de fonds initiales, il y a aussi un coût d’utilisation de la machinerie. Ce coût d’utilisation doit préférablement être à tout le moins égal ou plus bas que le taux du travail à forfait de la machine en question.

Chacune des branches d’activités peut avoir un coût d’utilisation différent, qui est fixé à l’acre, à l’heure, à la tonne, prix fixe annuel, etc.

La CUMA est une formule très intéressante sur le plan financier. Elle permet d’acquérir des machineries performantes et innovatrices à un coût compétitif pour les usagers, tout en favorisant le travail en équipe.

La première CUMA dans l’Est ontarien a vu le jour en avril 1997 sous le nom de CUMA Franco-Agri inc. Elle compte présentement un total de 26 entreprises membres ainsi que 15 branches d’activités.

Normand Brunette exploite une ferme laitière avec son épouse Céline et ses filles et garçons à St-Eugène, dans l’Est ontarien. Céline et Normand sont les récipiendaires 2008 du Prix d’excellence en agriculture Pierre-Bercier. Normand est actuellement vice-président du conseil d’administration de l’Union des cultivateurs franco-ontariens et secrétaire-trésorier de la CUMA.

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