Volume 31 Numéro 10 Le 17 janvier 2014

La diarrhée porcine pourrait prendre le Canada au dépourvu


Aux États-Unis, les porcs sont décédés des suites du virus se comptent par millions. Photo iStock

Par John Cotter, La Presse canadienne


Le Conseil canadien de la santé porcine soutient que le Canada n’est pas prêt à faire face à un virus s’étant propagé dans des fermes aux États-Unis, tuant des millions de porcelets.

La Diarrhée épidémique porcine (DEP) n’a pas été détectée au Canada, mais des producteurs craignent qu’elle puisse ravager rapidement les exploitations porcines au pays si le virus traverse la frontière.

Le directeur général de du Conseil canadien de la santé porcine, Robert Harding, a affirmé qu’il y avait un travail colossal à accomplir pour se préparer.

« Ce serait le chaos si c’était découvert ici aussi. Nous avons énormément de boulot à faire. Si ce virus nous frappait, ce serait catastrophique pour toute notre industrie », a-t-il indiqué depuis les bureaux de l’organisme basé à Ottawa.

Le Conseil canadien du porc estime que les producteurs exportent environ quatre millions de porcelets vivants aux États-Unis chaque année, ajoutant que des camions traversent la frontière en divers points presque quotidiennement.

L’organisation – financée par le gouvernement fédéral et l’industrie porcine et ses membres comme l’Association canadienne des vétérinaires porcins – prévient que cette maladie est hautement contagieuse et peut tuer tous les porcelets d’une exploitation.

La diarrhée épidémique porcine est apparue pour la première fois aux États-Unis le printemps dernier et s’est déjà propagée dans 22 États.

M. Harding a souligné que la DEP n’est toujours pas une maladie répertoriée au Canada, ce qui signifie qu’aucun protocole n’est en place.

Plutôt que de s’appuyer sur des initiatives gouvernementales, les provinces et l’industrie partagent ensemble de l’information et développent une stratégie en cette matière, de pair avec le Conseil canadien de la santé porcine.

M. Harding a fait savoir que son organisation travaillait néanmoins de pair avec le gouvernement fédéral pour améliorer les inspections faites dans les camions qui traversent la frontière.

Il est essentiel, a-t-il dit, que ceux-ci soient propres et qu’ils aient été désinfectés.

Le Conseil canadien de la santé porcine rappelle aussi aux fermes et aux abattoirs d’adopter à la lettre toutes les procédures de sécurité prévues.

Cela inclut s’assurer que les animaux qui arrivent de l’extérieur proviennent d’un troupeau en santé, et de connaître la source et la qualité de leur alimentation. Les producteurs doivent aussi rapporter à un vétérinaire tout signe de maladie.

Le Conseil canadien de la santé porcine a publié en ligne des informations sur la maladie et demande l’implantation d’un plan pouvant permettre de s’attaquer au virus s’il devait être détecté.

« Une stratégie d’intervention doit être instaurée pour qu’un plan précis soit en place, et déployé sur-le-champ, dans l’éventualité de la détection d’une DEP au Canada. Les composantes de ce plan comprennent le bio-confinement pour prévenir la propagation et les stratégies pour enrayer la maladie », peut-on lire sur le site Internet du Conseil.

Tom Burkgren, directeur de l’Association américaine de la santé porcine, a indiqué que personne ne savait comment le virus avait pu entrer en territoire américain.

Les données officielles ne permettent pas de savoir avec exactitude combien de porcs sont décédés des suites du virus, mais M. Burkgren a indiqué que les animaux morts se comptaient par millions.

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