Volume 36 Numéro 05

La famille Loranger d’Earlton fait preuve de courage


C’est arrivé le 4 septembre 2017, c’était le jour du travail! Un incendie détruit l’étable de la ferme laitière de Basil et Mary Loranger d’Earlton. Photo : Courtoisie

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
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Par Marc Dumont – Collaborateur

C’est arrivé le 4 septembre 2017, c’était le jour du travail! Un incendie détruit l’étable de la ferme laitière de Basil et Mary Loranger d’Earlton. Les pertes sont considérables : l’heure est grave : faut-il reconstruire ou prendre l’argent des assurances?  « Quand quelque chose comme ça arrive, tout votre monde est tourné à l’envers, » explique Basil. La décision est prise : « Il n’y avait aucune chance que ma femme et moi avions l’intention de refuser à notre fils Samuel et à sa femme Meagen la possibilité de gérer une ferme laitière de cinquième génération, » affirme Basil.

« Alors que l’hiver approchait rapidement, il n’y avait pas de temps à perdre si on devait reconstruire. J’ai pensé que si on pouvait fermer la structure, on aurait les mois d’hiver pour travailler à l’intérieur, » dit Basil. Inutile de s’adresser à une firme capable de construire une étable avant l’hiver. Elles ont leurs propres projets de construction et ne sont pas disponibles. Basile doit donc se résoudre à devenir l’entrepreneur général pour la reconstruction. Il lui faut un plan. Au mieux, cela prendrait un mois. Pour Basil : « Je n’avais pas quatre semaines devant moi si je voulais fermer l’étable avant l’hiver. » Il offre une prime et le plan de la structure est terminé en une semaine. Et il ajoute : « Mon grand-père m’a déjà dit : « Si vous voulez que le chariot aille de l’avant, il faut graisser les roues. » »

Entre temps, une équipe s’active au nettoyage du site. Entre autres, il faut détruire 5 silos. Il y en a un de 100 pieds de haut en ciment coulé. Malgré l’expérience de la compagnie qui en brise un côté et qui utilise de la dynamite; le silo vacille penche d’un côté, se redresse et tombe du côté opposé, devant la consternation de tous. Les débris atteignent le hangar à machinerie. Heureusement, celle-ci n’est pas touchée. Un autre silo est presque tombé sur la tête de Basile alors qu’il a accroché un câble qui l’enceint.

Malgré l’ampleur de la tâche, le 2 octobre le site est prêt. Basil met sur pied une équipe avec ses trois garçons, de la famille, des ouvriers disponibles et des amish. Alors, commence à monter la structure. Ce sera du travail pendant deux mois à sept jours par semaine.

Tout ne se passe pas comme prévu : la première tempête de l’hiver arrive le 7 novembre. Tout est couvert de glace. « C’est l’enfer froid, » affirme Basil. « Il fallait enlever la glace sur le toit pour poser la tôle! »

Enfin, le 15 décembre, les fenêtres sont couvertes de plastique. L’équipe peut travailler à l’abri du vent de la neige, de la pluie et du froid. « Je me sentais comme en vacances! » s’exclame Basil. Après les murs et le plafond, il faut s’attaquer au plancher et à l’installation de tous les conduits nécessaires dans une étable moderne : des conduits pour le drain, le savon, les produits chimiques, l’eau pour le nettoyage, des conduits d’eau et d’air pour les robots et des systèmes de communications. « Pour couler le ciment, il a fallu utiliser un skid steer sur rail pour éviter d’endommager les conduits. Cela nous a pris huit semaines, » ajoute Basil.

Enfin le 10 septembre 2018, la construction est terminée. L’étable de 280 pieds sur 123 avec trois robots et une possibilité d’un quatrième. Pour les taures, la bâtisse est de 280 sur 66 pieds.  Les vaches peuvent rentrer. Il y en a 150 qui devront s’habituer à se rendre au robot. « Présentement, trois employés travaillent à apprendre aux robots à reconnaître les mouvements pour être en mesure de traire une vache, » dit Basil.

Si Basil a mobilisé une grande quantité d’énergie depuis un an, que dire de Mary, son épouse. « Pendant trois mois, les journées étaient longues, j’avais quatre heures de sommeil par jour. Je passais mes journées au téléphone à commander de l’équipement, remplir des demandes de subventions, payer les factures… Mais on le fait pour les enfants, pour qu’ils connaissent du succès! »

En prenant du recul sur toute l’aventure, Basil affirme ne pas regretter tout ce qu’il a fait. « Je l’ai fait pour mes enfants, mais je ne le referais pas, c’est trop dur! La tête tourne sauvagement partout et pendant des jours, des semaines. Vous vivez une course de montagnes russes qui semble n’avoir aucune fin! Je suis un gars qui n’abandonne pas et j’ai toujours essayé de trouver une façon de survivre. C’est notre passion à Mary et moi depuis qu’on a commencé à 19 ans et c’est notre vie depuis 40 ans. »

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