Volume 32 Numéro 09 Le 19 décembre 2014

La FAO réclame un tarif préférentiel pour l’agriculture


Les tarifs d'électricité ont presque doublé en 12 ans. -Photo ILessard

SoniaFournier

Par Sonia Fournier
Collaboratrice
info@journalagricom.ca


La Fédération d’agriculture de l’Ontario (FAO) réclame un tarif industriel de l’électricité pour les fermes, un tarif préférentiel dont jouissent toutes les autres entreprises agricoles canadiennes, sauf celles de l’Ontario.

En constatant que les tarifs ont presque doublé en 12 ans, la FAO s’insurge contre les abus des fournisseurs d’électricité ontariens.

« Le coût de l’électricité en 2002 sur les fermes était environ 9 cents par kilowatt-heure (kWh). Maintenant c’est approximativement 17 cents par kWh. Notre province ne possède pas de tarif industriel officiel », explique Ted Cowan, chercheur spécialisé dans les dossiers de taxation et d’énergie à la FAO.

Il s’agit du taux le plus élevé en Amérique du Nord et la Fédération soutient qu’il est beaucoup plus difficile pour les fermes d’investir et de croître en Ontario en raison de cet écart.

La FAO n’est d’ailleurs pas seule pour mener ce combat puisqu’elle a choisi de se joindre à une vaste coalition de partenaires. L’industrie agricole fait front commun avec celle de l’emballage, de la transformation alimentaire, du ciment, du plastique, de la fonderie et des pièces automobiles pour demander cet allégement.

Par ailleurs, la demande de réduction des tarifs d’électricité toucherait tous les consommateurs de l’Ontario. Il est proposé de réduire progressivement la taxe de vente harmonisée applicable à l’électricité et de profiter de la liquidation complète de la dette prévue en 2018 pour ajuster les tarifs. Si le gouvernement Libéral accepte d’absorber les coûts, les taux pourraient être réduits de 5 à 10 % pour les particuliers, et d’environ 20 % pour les fermes.

Une hausse marquée
« L’augmentation a été particulièrement importante en 2012-13 avec l’avènement des compteurs intelligents et du taux adapté aux périodes de pointe. Certaines fermes ont reçu des augmentations très significatives de leurs dépenses d’électricité d’une année à l’autre, sans raison particulière », relate M. Gagné, agronome et conseiller au groupement de gestion agricole de l’Ontario (GGAO).

Une analyse effectuée sur un groupe de 45 fermes laitières possédant environ 105 vaches et 200 ha de culture démontre l’augmentation du coût de l’électricité par hectolitre. De 2012 à 2013, le coût de l’électricité ontarienne par hectolitre a bondi de 29 cents, tandis qu’il n’a augmenté que de 12 cents pour la même période au Québec. Résultat : il en a coûté 9 000$ plus cher pour opérer une ferme de même taille en Ontario comparativement à celles installées dans la province voisine.

« Il est impossible pour les fermes d’éviter les heures de pointe pour l’électricité. Cette charge fixe est très difficile à contrôler. Le producteur est pris à payer les gros tarifs. C’est un peu déplorable, les fermes sont aussi des entreprises qui créent de l’emploi et de la richesse dans nos régions rurales. La réintroduction du tarif industriel de l’électricité permettrait aux fermes d’être plus compétitives », ajoute M. Gagné.

Le ministère de l’Énergie de l’Ontario n’a pas exprimé d’opinion claire ni d’engagement ferme relativement à cette proposition.

« L’électricité est un intrant significativement plus large pour les consommateurs industriels que pour les fermes. La province possède un nombre d’initiatives en place pour aider les exploitations agricoles à gérer leurs coûts énergétiques », a commenté par courriel l’attachée de presse du ministre Bob Chiarelli, Jennifer Beaudry.

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