Volume 23 Numéro 15 Le 5 avril 2006

La Ferme avicole Laviolette: Un nain au pays des géants

Par Chantal Quirion


Marcel Laviolette, copropriétaire de la Ferme avicole Laviolette. Photo C.Quirion.

« Dans l’Est ontarien, il n’en reste que deux, indique Marcel Laviolette, copropriétaire avec son frère Pascal. Il y a nous à St-Isidore et un autre à Navan. Il y a vingt ans, nous étions au moins six. Soit qu’ils ont laissé parce qu’ils n’avaient pas de relève ou encore, ils ont été achetés par des plus gros. On peut dire que nous sommes les seuls petits parmi les grands. »

Avec ses 23,000 pondeuses, la Ferme Laviolette produit 60% de son volume de vente annuel. Le reste est acheté de cinq ou six producteurs de la région, tout dépendant de l’année. Dans l’aire de transformation, les ?ufs sont lavés, séchés, mirés, classés puis emballés. Trois employés sont affectés à ces tâches.

Une entreprise en expansion
L’entreprise a toujours pris de l’expansion mais depuis huit ans le phénomène est marqué avec une augmentation annuelle de 15 à 20 pour cent du chiffre d’affaires. La décision de Marcel en 1998 de cesser de travailler à l’extérieur pour s’occuper de la ferme à temps complet avec sa mère Yolande, aujourd’hui décédée, n’y est probablement pas étrangère. « Les frais fixes étaient là de toute façon, dit-il. Il restait à trouver le moyen de générer des revenus pour deux et comme j’avais un certain talent pour les relations publiques j’ai misé sur l’agrandissement de notre réseau de vente. »

Dans les mêmes années, le passage du système mécanique au système électronique est un autre tournant important. « Presque toutes les tâches sont contrôlées par ordinateur. C’est clair que cela a grandement facilité le travail relié à la production comme cela nous a permis d’augmenter notre capacité de transformation. Mais, c’est sur la précision que nous y avons le plus gagné. Contrairement à ce que plusieurs pensent, ce n’est pas la grosseur mais bien le poids de l’oeuf qui détermine sa catégorie et le prix qu’on en obtient. Avec un système de pesée aussi précis on ne perd plus d’argent pour avoir mal classé un ?uf. C’est une histoire de quelques grammes à peine, dit-il. »

La sécurité alimentaire avant tout
Parallèlement, il fallait construire une nouvelle aire pour la transformation et bien qu’elles n’étaient pas encore en vigueur, on décida de se conformer aux normes du système HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point). « C’est un processus qui a pris deux ans, indique Marcel. Depuis 2001 nous sommes certifiés pour la production et pour la transformation. C’est un système logique, dit-il. C’est la sécurité alimentaire qui prime avant tout et en Ontario on a toujours été assez avant-gardiste de ce côté-là. »

Dans cette foulée, la Ferme Laviolette augmentait son quota de 15 000 à 23 000 pondeuses en 2004. On fit au poulailler les modifications, notamment en matière d’espace et de ventilation, pour être conforme aux nouveaux standards de santé et de bien-être des animaux. Ces normes ne sont toujours pas obligatoires mais eux, ils sont prêts.

« L’expertise et les contacts de Pascal qui est spécialisé en électrotechnique nous ont beaucoup facilité l’accès à ces améliorations, indique Marcel. Même s’il travaille à l’extérieur, mon frère est tout aussi indispensable à la ferme que nous le sommes, mon épouse et moi. Lui, il s’occupe de l’entretien et de la réparation des systèmes de contrôle. Carole est responsable de la gestion de la production et moi je développe la mise en marché. »

Adaptation aux tendances des marchés
Avec toutes ces modernisations, le poste de transformation fonctionne à 50% de sa capacité ce qui explique les travaux de construction en cours. Sous peu, un nouvel entrepôt réfrigéré viendra doubler la superficie actuelle, portant l’aire de transformation à 5400 pieds carrés et un deuxième camion de livraison sera sur la route dans un mois.

« Il y a de la demande pour les gros volumes mais il y en a aussi pour les plus petits. Les méga camions de Loblaws, par exemple, ne s’arrêtent pas dans les petites épiceries indépendantes ou chez les restaurateurs. C’est donc là que se trouve notre marché. Chaque mouvement d’expansion en entraîne un autre mais entre les deux, il faut prendre le temps de vérifier que nos clients demeurent satisfaits car notre commerce repose sur le service à la clientèle. Nos clients sont habitués à notre sourire et à notre qualité. »

À la fraîcheur qui caractérise son produit, puisque ses ?ufs sont livrés dans un intervalle de deux à trois jours et dans des conditions de conservation optimales, la Ferme Laviolette s’est aussi adaptée aux tendances du marché.

On a ajouté à la production, les ?ufs de spécialité, comme les Oméga-3 et les « naturels » qui impliquent des rations alimentaires particulières et les ?ufs bruns obtenus simplement par l’acquisition de 1200 pondeuses brunes.

On s’est aussi penché sur l’identification visuelle: le logo de la Ferme Laviolette accompagné du slogan « Egg?cellent », est facilement repérable dans les comptoirs d’épiceries de même que sur les routes de l’Est de l’Ontario et de l’Ouest du Québec, alors que le camion de livraison sillonnent les routes. Dans un mois, l’impact en sera doublé avec l’ajout du deuxième véhicule.

Sans conteste, la Ferme avicole Laviolette est une entreprise agricole qui n’a pas fini de s’imposer.

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