Volume 35 Numéro 03 Le 22 septembre 2017

La Ferme familiale FG de Cache Bay à l’honneur


La famille Faubert-Grégoire à la tête de la Ferme familiale FG Family Farm: Gabriel, Mathieu, Lilia, Myriam et Antoine.

Par Chantal Quirion


Récipiendaires de l’une des deux bourses du Fonds de la relève agricole franco-ontarienne pour un projet de démarrage d’entreprise,  Myriam Faubert-Grégoire et Mathieu Grégoire étaient de passage dans l’Est ontarien le 15 septembre dernier pour recevoir cet honneur décerné par l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO).

Le couple, accompagné de leurs trois enfants, Gabriel, Antoine et Lilia âgés respectivement de huit ans, cinq ans et deux ans, avait fait le voyage depuis Cache Bay, dans la municipalité de Nipissing Ouest, dans le Nord-Est ontarien. C’est là qu’ils ont élu domicile et que leur projet, la Ferme familiale FG Family Farm est en train de prendre forme.

« On a eu l’opportunité de s’installer dans la maison où Myriam a grandi et on profite d’environ 35 acres de terres », explique Mathieu Grégoire.

En fait, Myriam a vécu une partie de son enfance à Elliot Lake avant de s’installer à Cache Bay avec sa famille. Mathieu pour sa part est originaire de Sherbrooke au Québec. Il a fait ses études à l’Université d’Ottawa et compte aujourd’hui au nombre des Franco-Ontariens du Nord.

Du désir de changer de style de vie, de se rapprocher de la terre et de pouvoir contrôler la qualité des aliments consommés par la famille, allait naître cette idée de fermette dont les bases ont pris racine cet été. Le couple cherchait un projet qui les stimulerait tous les deux, dans lequel ils auraient envie de s’investir autant l’un que l’autre.

Convaincus par l’importance des aliments locaux, Myriam et Mathieu allaient étendre leur vision à l’échelle de leur communauté. Pourquoi ne pas offrir ces aliments de choix à un plus grand nombre? C’est donc avec en tête de produire éventuellement des paniers de légumes selon les principes de l’agriculture soutenue par la communauté, qu’ils se sont lancés, amorçant en même temps l’élevage de volailles.

 « On est à l’état embryonnaire. On fait l’élevage de poules à griller et de poules pondeuses, de quelques dindons et on a planté nos premiers légumes », précise M. Grégoire.

Ils sont partis de zéro. Les enclos pour les animaux étaient à bâtir, les systèmes d’alimentation à expérimenter et à adapter à leur situation et beaucoup de travail les attendait pour commencer à organiser leur future production maraîchère, dont le tri du matériel d’occasion acquis d’un seul lot, incluant les structures de trois serres.

« On a eu la chance de mettre la main sur le matériel d’un producteur maraîcher bien installé dans la région, mais qui a décidé de prendre sa retraite. Tout a été mis dans un conteneur de 40 pieds et là je sors les morceaux un à un », explique encore M. Grégoire en indiquant que la prochaine étape sera de monter les serres pour qu’elles soient prêtes pour le printemps.

Il y en aura deux de 30’ X 100’, une de 20’ X 40’ et un abri tunnel pour couvrir des cultures qui exigent davantage de protection.

« J’espère en monter une ou deux  avant l’arrivée de la neige », mentionnait M. Grégoire, lors de la remise du chèque de 6 000$, le 15 septembre dernier à Curran. Du couple, c’est lui le communicateur, mais c’est sur les épaules de son épouse que reposera le fonctionnement de l’entreprise familiale, incluant la planification des cultures.

Selon leurs observations, la conjoncture dans leur région, laisse encore beaucoup de place à la venue de nouveaux producteurs maraîchers, d’autant que celui qui s’est retiré a laissé un nombre important de clients orphelins.

Tout est donc à bâtir, mais après une première saison dont le bilan s’élève à la production de deux cents poulets de chair et 17 dindons, sans compter les œufs fournis par une trentaine de poules pondeuses et un intérêt marqué des consommateurs qui se sont transmis l’information de bouche à oreille ou en consultant la page Facebook de l’entreprise,  la Ferme familiale FG Family Farm semble répondre à un besoin certain.

« On sent qu’il y a un intérêt sincère pour des produits locaux et il y en a qui nous remercie de faire ça. C’est gratifiant », rapporte M. Grégoire.

Myriam et Mathieu ont eu vision très précise de l’agriculture durable et de la place qu’ils occupent à ce titre en tant qu’agriculteurs éco responsables. Le couple marche sur les traces du jardinier maraîcher Jean-Martin Fortier, une sommité de l’agriculture biologique et écologique.

« On s’inspire vraiment de Jean-Marie-Fortier qui a bien expliqué dans un livre, la culture intensive sur une petite surface. On ne parle pas de tracteurs. Tout est fait à la main ou avec un petit motoculteur de deux roues. On fait la rotation des cultures », précisent-ils.

Beaucoup d’argent a été investi dans l’achat du matériel et bientôt il faudra se pencher sur les moyens de chauffer les serres. Pour ce jeune couple d’entrepreneurs, ce coup de pouce du Fonds de la relève agricole franco-ontarienne arrive à point nommé.

« Ça va nous éviter d’avoir la corde au  cou et ça va nous donner plus de chances de nous concentrer sur la croissance de notre projet. »

La prudence est de mise et pas question de vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

« On veut vraiment établir notre production et maîtriser ce que l’on fait. On veut s’assurer de notre capacité de production. Quand on sera sûr on ira avec des paniers. »

Lentement mais sûrement, la Ferme familiale FG Farm fait son entrée dans le paysage agricole.

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