Le 19 juin 2002

La Ferme St-Malo à St-Pascal-de-Baylon Étienne Séguin : une relève bien en main

Par Étienne Alary


D’ici un an, Étienne Séguin deviendra partenaires de la ferme St-Malo à part égal (33 %) avec ses parents Jean-Marie et Lucie Séguin. Étienne est le quatrième de la génération des Séguin à s’engager dans la ferme familiale.

La relève dans le domaine de l’agriculture est quelque chose qui tient à c’ur au journal Agricom et à l’Union des cultivateurs franco-ontariens. Au cours des prochains numéros, nous vous ferons découvrir quelques-uns des leaders de demain. Pour cette édition, nous nous sommes rendus à St-Pascal-Baylon dans l’Est ontarien, pour rencontrer Étienne Séguin.

Étienne Séguin est un jeune agriculteur de 23 ans. Il est un diplômé de la cuvée 2001 du Collège d’Alfred de l’Université de Guelph. Chose inusité, Étienne a obtenu son diplôme après seulement une année d’études au collège. «J’ai fait ma première année au Collège Macdonald, à Ste-Anne-de-Bellevue. Je suivais leur programme de Technologie agricole qui se veut l’équivalent anglophone du programme offert à Alfred. Au cours de l’été, j’ai entamé des démarches auprès du Collège d’Alfred pour voir s’il était possible pour eux de créditer ma première année au complet et ma demande a été acceptée. J’ai donc pu faire ma deuxième année à Alfred», a mentionné Étienne, qui a obtenu son diplôme avec une spécialisation en Production laitière.

Mais qu’est ce qui a poussé ce dernier à se lancer en agriculture? «Je suis la quatrième génération de Séguin à travailler sur la ferme familiale. L’agriculture a toujours été une passion pour moi. Si je n’avais pas aimé cela, je ne serai pas ici aujourd’hui à discuter d’agriculture avec toi», mentionne-t-il.

Des études collégiales en agriculture
Ce dernier se souvient que même au secondaire, il lui arrivait de manquer l’école pour aider son père, Jean-Marie Séguin, dans les champs. «J’ai toujours été quelqu’un qui aimait aller à l’école. Cependant, lorsque les mois de mai et juin arrivaient, j’avais de la misère à accepter le fait d’être en salle de classe à écouter le professeur et à regarder le beau temps par la fenêtre plutôt que d’être sur un tracteur», se souvient-il en ajoutant qu’il ne refusait jamais, de rester à la maison lorsque le paternel le lui proposait. «Les seules fois que je ne manquais pas l’école étaient lors des journées d’examens. Sinon, à toutes les fois que mon père me demandait de l’aider, j’acceptais toujours avec joie. Étant donné que je voulais devenir agriculteur, je trouvais que j’en apprenais plus dans les champs que sur les bancs d’école», mentionne celui qui a fait son école secondaire à Plantagenet.

N’allez cependant pas croire que l’école n’est pas quelque chose d’important pour Étienne Séguin, loin de là. «Mes études au Collège d’Alfred m’ont permis d’en apprendre beaucoup. Oui, il arrive que les choses qui nous soient montrées sont de la révision mais il n’est jamais mauvais de se rafraîchir la mémoire», souligne Étienne Séguin.

Même si ses études collégiales sont terminées depuis un an, Étienne poursuit sa formation. «Il est capital pour un agriculteur de suivre des journées de formation et de perfectionnement, telles que la journée ?À Lait Coûte?, pour rester à jour avec l’industrie, que ce soit par l’échange d’idées ou pour découvrir de nouvelles technologies», explique le jeune agriculteur.

Une relève assurée!

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la relève de la Ferme St-Malo est assurée. «Je suis encore un employé à temps plein, mais au cours de la prochaine année, je deviendrai partenaire à part égale avec mes parents, Lucie et Jean-Marie Séguin, à raison de 33 % chacun », fait remarquer Étienne qui a également trois s’urs plus jeunes que lui : Andrée-Anne, Geneviève et Claudia.
Est-ce que ce partenariat signifie une expansion de la production’ «Nous avons présentement une moyenne de 55 vaches en lactation. De plus, nous faisons l’élevage de nos taures. Donc, nous avons un troupeau d’environ 120 têtes. Cette grosseur de troupeau nous permet de pouvoir bien vivre de l’agriculture», mentionne Étienne.

Les trois futurs partenaires de la Ferme St-Malo sont impliqués à plein temps dans l’entreprise. «Habituellement, le matin, c’est mon père qui est en charge de la traite des vaches. Ma mère s’occupe de soigner les animaux alors que moi je suis responsable du nettoyage. Le soir, c’est plutôt le contraire. C’est moi qui suis en charge de la traite. Mon père en profite pour effectuer des travaux mineurs. De son côté, ma mère reste à la maison pour voir aux travaux ménagers et c’est ma plus jeune s’ur, Claudia, qui vient nous donner un coup de main à l’étable», présente Étienne.
En plus de ses responsabilités routinières, Étienne Séguin est en charge de tout ce qui a trait à l’alimentation. «C’est moi qui rencontre la nutritionniste pour évaluer les besoins de nos vaches. C’est moi aussi qui détermine, selon les données, les suppléments à donner aux vaches», explique Étienne.

Même si aucune expansion du troupeau est à prévoir, cela ne veut pas dire pour autant que la Ferme St-Malo gardera le statu quo. «Nous sommes contents de la production que nous obtenons de notre troupeau. La moyenne de notre troupeau est de 9500 kilos de lait par année. Cependant, un domaine dans lequel nous pouvons nous améliorer est au niveau de la conformation. Pour y remédier, nous avons investi au niveau de la génétique. Nous avons acheté deux embryons de la ferme Huybregts. La vache dans laquelle les embryons ont été pris est classée excellente et les trois générations avant elle étaient excellentes aussi, alors nous sommes confiants de pouvoir améliorer notre troupeau grâce à cela», lance Étienne Séguin.

Un printemps difficile

En plus du troupeau, les Séguin comptent une superficie de 500 acres cultivables. «Dame Nature a été très capricieuse dernièrement, ce qui fait en sorte que nous avons encore 120 acres qui n’ont pas encore été ensemencés au 17 juin. De plus, à cause des pluies abondantes de la dernière semaine, l’eau a monté dans les champs et nous avons perdu environ 75 acres de culture (maïs et soya principalement)», déplore Étienne.

Ce n’est pas à tous les ans que l’eau monte ainsi dans les champs des Séguin. «C’est très rare, à ce temps-ci de l’année de voir de l’eau monter de la sorte. Il arrive parfois, après de fortes pluies, que l’eau monte quelque peu mais puisque cela dure rarement plus d’une journée, les récoltes ne sont pas affectées», énonce celui qui ne peut qu’espérer une fin du mois de juin et un mois de juillet plus secs. «Nous sommes à la merci de la température. On ne peut rien y faire. L’an passé, tout le monde voulait de la pluie après un printemps très sec alors que cette année, c’est tout l’inverse qui se produit», ironise-t-il.

Si le beau temps parvient à s’installer et à rester pour quelques semaines, les Séguin en profiteront pour aller de l’avant avec des projets de planches rondes dans les champs figurant parmi les 120 acres non ensemencés. «Nous avions prévu faire ce projet dans quelques années uniquement mais étant donné les circonstances, nous le mettrons à exécution cette année», lance-t-il.

Ce projet de planches rondes consiste à ériger, à tous les 150 pieds, des buttes de terre dans les champs. Cela permettra à l’eau de mieux s’écouler à l’avenir. «Mais encore là, il faut qu’il fasse beau pour faire ce travail», précise Étienne.

Implication dans l’UCFO

Depuis peu, Étienne Séguin est impliqué dans diverses organisations agricoles. En décembre dernier, il acceptait de siéger aux groupements de gestion agricole et tout récemment, soit lors des assises de l’Union des cultivateurs franco-ontariens qui ont eu lieu au début avril au Collège d’Alfred, Étienne acceptait un poste d’administrateur.

«Tes parents sont souvent des modèles que tu essaies de suivre. Étant donné que mes parents ont toujours été engagés dans des organisations agricoles, cela m’a donné le goût d’en faire autant», indique Étienne en ajoutant qu’à 23 ans «j’avais envie de m’impliquer et de relever ce genre de défis», ajoute-t-il.

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