Volume 26 Numéro 05 Le 15 octobre 2008

La fromagerie de St-Albert se donne les moyens de ses ambitions

Par André Dumont, collaborateur régulier


Réjean Ouimet, DG de la fromagerie coopérative de St-Albert et Denis Latour, vice-président du conseil d’administration. Photos A.Dumont.

La fromagerie de St-Albert voit bien plus grand que l’Est ontarien.

Pour se donner les moyens de ses ambitions, elle investit 5 millions $ pour moderniser et agrandir son usine. Cela lui permettra de continuer à répondre à la demande croissante pour ses produits et d’envisager s’attaquer à un marché aussi important que celui de Toronto.

Les travaux entrepris plus tôt cet automne ajouteront 2160 pieds carrés aux installations actuelles. Ils devraient être terminés d’ici Noël.

L’extension aux bâtiments actuels permettra entre autres l’ajout de nouveaux bassins. Deux tours de 45 pieds serviront au moulage des fromages, qui y seront pressés par gravité. Ces nouveaux équipements devraient être installés au début de 2009.

Ces équipements rendront le travail moins physique pour les employés, ce qui devrait favoriser leur rétention. Ils amélioreront l’efficacité de la production et réduiront les pertes de fromage. Ils seront notamment équipés de systèmes de nettoyage automatique.

Le conseil d’administration de la coopérative prépare cet investissement depuis trois ans. Des usines ont été visitées en Europe et aux États-Unis. En Irlande, le groupe a visité une fromagerie qui utilise depuis 20 ans la technologie qui sera bientôt utilisée à St-Albert. Curieux de savoir comment le cheddar de St-Albert était produit, leur hôte s’est demandé si notre fromagerie n’était pas un musée!

Augmentation de la production en vue

Cet investissement permettra d’augmenter considérablement la production actuelle de fromage, qui s’établit à 2,2 millions de kilogrammes. « On pourra facilement produire deux fois plus de fromage, mais pour ça, il nous faudra plus de lait », a indiqué le directeur général Réjean Ouimet.

En d’autres mots, il faudra acheter du quota d’approvisionnement. Après avoir fait le tour de plusieurs fromageries ontariennes récemment, une première tranche de quota a été rachetée d’une fromagerie de Smiths Falls.

La fromagerie de St-Albert dispose maintenant d’un quota de 22.5 millions de litres de lait par année. « On se prépare maintenant, pour être en position d’acheter du quota et de l’utiliser », a expliqué Réjean Ouimet.

D’après le directeur général, plusieurs petites fromageries en Ontario auraient de la difficulté à se conformer aux normes gouvernementales, ce qui les pousserait à se départir de leur quota.

Selon Réjean Ouimet, l’investissement de 5 millions$ devrait se rembourser en cinq ans, par une meilleure productivité et une production accrue.

Les ventes augmentent de façon régulière sur les marchés d’Ottawa, de Gatineau et de l’Est ontarien. À Montréal, la croissance est plus difficile, en raison de la fidélité des Québécois à leurs fromageries.
La coopérative franco-ontarienne croit maintenant avoir les coudées franches pour percer sur le marché du Grand Toronto. « Nous avons Yvan Wathier, le Wayne Gretzky des fromages! », rappelle Réjean Ouimet.
Ce dernier admet que la crise de la listériose dans les fromages artisans québécois lui donne des sueurs froides. « Je mentirais si j’affirmais que ça nous fait pas peur. »

La fromagerie « fait des pieds et des mains » pour s’assurer de la salubrité de ses fromages, affirme Réjean Ouimet. Des réunions ont eu lieu avec les employés et des tests bactériologiques supplémentaires ont été effectués.

Réjean Ouimet n’hésite pas à blâmer les médias et leur tendance au sensationnalisme dans la crise dont les fromageries du Québec peinent à sortir. « Faut pas en rire. Ça peut nous arriver aussi. »

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