Volume 25 Numéro 21 Le 2 juillet 2008

La loi sur les biocarburants n’aiderait pas l’agriculture canadienne

Par Agricom


Le Sénat a entériné le projet de loi sur les biocarburants du gouvernement du Canada, le 26 juin dernier. Cette nouvelle loi modifie la Loi canadienne sur la protection de l’environnement en autorisant le gouvernement à élaborer des règlements sur les carburants qui exigeront une teneur en carburant renouvelable de 5 % dans l’essence d’ici 2010 et de 2 % dans le carburant diesel et l’huile de chauffage d’ici 2012.

Par ailleurs, le virage aux biocarburants que semble avoir pris le fédéral ne fait pas le bonheur de tous les dirigeants agricoles. La National Farmers Union (NFU) croit que la loi fédérale sur les biocarburants qui vient d’être adoptée « aggraverait la crise alimentaire », selon son porte-parole, Colleen Ross, la présidente féminine de l’organisme.

Mme Ross croit que la nouvelle législation pourrait augmenter l’acheminement des grains vers les marchés des biocarburants au détriment de l’alimentation. De plus, elle soutient que toute augmentation à court terme du revenu tiré des grains sera sûrement effacée par la forte hausse du prix des intrants agricoles.

« La courte occasion qu’ont eu les agriculteurs pour faire de l’argent avec les grains est en train de se terminer rapidement, alors que les fournisseurs d’intrants et les commerçants de grains siphonnent les profits », a-t-elle avancé récemment devant un comité du Sénat qui étudiait le projet de loi sur les biocarburants.

« Déjà, les agriculteurs ont vu le prix d’intrants comme les carburants, les fertilisants et les produits chimiques s’accroître considérablement. En fait, la hausse massive du prix des intrants a forcé certains producteurs à retourner voir leur banquier pour de nouveaux prêts à court terme juste pour financer les semis de cette année. Pendant ce temps, les compagnies de semences, de fertilisant et de produits chimiques se vantent de réaliser des profits records », ajoute Mme Ross.

La présidente féminine de la NFU met en doute la confiance qu’a le gouvernement Harper de régler la crise des revenus agricoles du Canada rural avec une simple mesure sur le contenu minimum en biocarburants : « C’est une fantaisie naïve ! »

« Au contraire, la loi C-33 détruit toute possibilité de changement positif réel, parce qu’on continuera à nourrir les coffres des grandes corporations, et qu’on ne fait absolument rien pour rétablir un système alimentaire basé localement, soutenable et résilient partout au pays ».

« La seule façon d’augmenter les revenus des agriculteurs est d’augmenter leurs pouvoirs sur les marchés (« to strengthen their market powers ») », conclut-elle.

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