Volume 30 Numéro 12 Le 28 février 2013

La Maison verte fête ses 30 ans


La Maison verte est une entreprise d'économie sociale dont le mandat est de créer des occasions d'emplois pour les femmes. Dans ses serres, elle produit des fruits et légumes qu'elle vend sous forme de paniers. Photo MDumont

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


« J’ai un rêve; c’est que la ville de Hearst devienne autosuffisante en alimentation », affirme Manon Cyr, directrice générale de la Maison verte de Hearst, une entreprise florissante unique en son genre. C’est une utopie, une pure vantardise, direz-vous? Bien que Hearst soit située à environ 1000 km d’Ottawa, le défi pourrait être réalisable.

 

Dans cette petite ville, l’engagement dans la vitalité de la communauté est une culture qui engendre une détermination sans compromis. Rencontrez Manon Cyr et vous ne douterez plus de sa volonté de faire croître l’implication de la Maison verte dans la communauté. Cette femme qui détient une maîtrise en administration des affaires et une expérience diversifiée respire l’enthousiasme pour ce projet d’économie sociale.

 

Un projet ambitieux

Fondée en 1982 par l’Association « Parmi elles », la Maison verte est une entreprise d’économie sociale dont le mandat est de créer des occasions d’emplois pour les femmes.

 

Son premier tremplin lui a été offert par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario qui cherchait à cette époque une entreprise de production de semis pour le reboisement. Ça été le coup d’envoi du projet de la Maison verte qui n’a cessé de se diversifier depuis.

 

Ce fut avec l’aide financière de 70 investisseurs locaux – parts qu’elle a rachetées – que l’entreprise a pu construire ses premières serres. Sa capacité de production n’avait cessé d’augmenter pour atteindre 11 millions de semis sur un site de six acres, jusqu’à ce que l’effondrement de l’industrie forestière commence à se faire ressentir en 2007. Dès lors, la demande pour les semis a chuté à six millions.

 

Diversification

Mais pas question pour ces femmes de s’apitoyer sur leur sort. La Maison verte s’est lancée dans la production de fleurs et de tomates. Puis se sont ajoutés au fil du temps d’autres productions de fruits et légumes, ainsi qu’un service de jardinage-paysagiste et un centre-jardin Botanix.

 

En 2011, la Maison verte a commencé à vendre ses fruits et légumes sous forme de paniers de type agriculture soutenue par la communauté, ce qui lui assure un revenu garanti. Pas moins de 32 familles y ont souscrit en 2011, 40 en 2012 et Manon Cyr projette atteindre la cinquantaine cette année.

 

Bien sûr, la croissance de l’entreprise développée par ces femmes est source de fierté pour Manon Cyr, mais ce qui importe c’est de « travailler pour le bien-être de la communauté. »

 

Justement, l’implication de cette même communauté témoigne de l’importance de l’entreprise aux yeux de la population. Deux producteurs maraîchers, dont les produits sont ajoutés aux paniers, se sont greffés à titre de partenaires. Puis il y a ces gens dévoués à la cause, dont cette dame de 71 ans qui vient partager ses connaissances en production maraîchère.

 

Peu importe leur âge, les travailleuses sont toujours à pied d’œuvre pour contribuer à la mission de l’entreprise. D’ailleurs, il a fallu adapter les conditions de travail pour, par exemple, permettre aux employées plus âgées de ne travailler qu’un jour ou deux par semaine ou pour éventuellement automatiser certaines tâches.

 

Pour Manon Cyr et son équipe, la Maison verte a deux mots clefs : flexibilité et durabilité. « On veut s’assurer que la Maison verte soit encore là dans 30 ans. Penser à la génération à venir. C’est important de voir le communautaire et les principes de l’économie sociale dans toutes nos décisions! La réussite, c’est quand il y a un impact dans la communauté ; c’est ce qui m’habite », de conclure Manon.

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