Volume 25 Numéro 15 Le 2 avril 2008

La neige abondante joue des tours aux acériculteurs

Par André Dumont, collaborateur régulier, journal Agricom


BOURGET ? Les chutes de neige record d’un hiver qui semble vouloir s’éterniser posent tout un défi aux acériculteurs de l’Est ontarien.

Dans certaines érablières, jusqu’à quatre pieds de neige se sont accumulés, recouvrant une partie des tubulures. À bien des endroits, c’est à peine si les entailles des années précédentes étaient visibles avant que le soleil ne vienne durcir la neige ces dernières semaines.

Pour fonctionner adéquatement, les tubulures doivent être libérées de la neige et de la glace. Dans bien des cas, cette tâche s’est accomplie à la main, avec une pelle et une paire de bonnes vielles raquettes.

Certains de ceux qui récoltent à la chaudière ont dû enlever de la neige autour des troncs des érables.

À Bourget, André Chartrand a décidé de pelleter à deux pieds de profondeur autour des quelque 375 érables qu’il a entaillés. Il y a deux semaines, ses entailles de l’an dernier se retrouvaient à quatre pouces au-dessus de la neige.

« Si j’installe mes chaudières à trois pieds maintenant, rendu à la fin de la saison, je devrai utiliser une échelle pour les décrocher! », disait M. Chartrand en riant.

L’érablière de 450 entailles de M. Chartrand est avant tout une affaire de famille, qui permet de réunir plusieurs générations les fins de semaine de printemps. « Il ne faut pas regarder tout le travail que ça implique. Je le fais pour le plaisir », dit-il.

À Saint-Pascal-Baylon, Jean-Marie Séguin a aussi dû sortir ses raquettes et sa pelle pour aller entailler. « Nous avons beaucoup plus de travail cette année », a-t-il confié.

À ce jour, les érables ont très peu coulé, mis à part sur le côté sud des érablières. Certains craignent que si le temps froid perdure, la saison soit très courte. On sait qu’au Québec, les surplus des années passées sont écoulées et que des millions de livres de quota additionnel ont été attribuées pour la saison en cours.

« C’est une saison très différente cette année. Nous n’avons pas eu autant de neige en 15 ans », affirme M. Chartrand.

Certains petits producteurs sont tentés de ne pas entailler en raison du travail additionnel que cause la neige. Par contre, M. Chartrand est convaincu qu’une fois que les érables se mettront à couler, ils ne pourront plus résister à la tentation de récolter la sève.

« Il ne faut pas se décourager, dit M. Chartrand. Les beaux jours sont devant nous. »

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