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La priorité numéro un de l’Alliance pour la nutrition des enfants.Améliorer les habitudes alimentaires des élèves de l’Est ontarien

Par Julie Lavallée, collaboration spéciale
info.agricom@atreide.net


«Avant, nous savions que les problèmes de nutrition existaient dans nos écoles. Aujourd’hui, nous le savons et nous agissons pour y remédier», commente Jacques Séguin, directeur de l’École Saint-Viateur à Limoges.
 


Depuis 1998, l’Est ontarien est muni d’une «brigade» qui veille à la bonne alimentation des écoliers. Grâce à plusieurs projets éducatifs et originaux, l’Alliance pour la nutrition des enfants contribue à améliorer la santé de nos jeunes dans les milieux scolaires. Car c’est connu, pour mieux réussir, il faut que l’enfant ait le ventre plein’ de bonnes choses!

L’Alliance pour la nutrition des enfants est formée de représentants de différents organismes régionaux tel le Bureau de Santé de l’Est ontarien, le Collège Alfred, le Centre de santé de communautaire de l’Est ontarien et les différents paliers de conseils scolaires. Ces organismes contribuent, par leur  expertise ou leur intérêt, à l’avancement de cette cause. Financée en grande partie par la Canadian Living Fondation, les projets touchent l’ensemble des écoles primaires de la région. Depuis janvier 2000, c’est madame Sylvie Legault qui joue le rôle de coordonnatrice dans cette organisation. Son rôle est de concrétiser les projets discutés qui permettront notamment, d’éduquer les parents et les directions d’école sur l’importance de la bonne alimentation pour les enfants.

De projets de masse
Outre le rôle premier de cette organisation qui est d’offrir un service d’accompagnement aux écoles qui voient le besoin d’offrir un programme de déjeuner, de collation ou de dîner, l’Alliance travaille aussi à la mise sur pied de projets spéciaux et originaux. Ainsi, une de ses premières actions aura été la création de petits ateliers organisés pour les parents afin de les sensibiliser au phénomène de la mauvaise nutrition. Ces ateliers, organisés en collaboration avec le Bureau de la Santé de l’Est ontarien, étaient efficaces mais avaient comme désavantage de n’attirer que des parents qui étaient déjà sensibles au phénomène puisque l’inscription se faisait de façon volontaire.

Le nouveau projet lancé dernièrement par l’Alliance veut remédier à ce problème en utilisant un outil de diffusion plus large et qui demande moins d’efforts aux parents. En effet, dans les prochains mois, plus de 25 000 napperons seront distribués dans les écoles de la région. Sur les napperons figurent des recettes, des trucs, des conseils et des idées originales pour concevoir une boîte à lunch nutritive, complète et diversifiée.

En plus, dans quelques semaines, l’Alliance publiera un nouveau guide destiné aux directions d’école et aux services d’alimentation scolaire. Le guide intitulé «L’alimentation des enfants en milieu scolaire» fera la promotion de différentes initiatives que peuvent prendre les écoles pour favoriser la saine alimentation. «Il servira d’outil efficace pour rencontrer les conseils d’école et les pousser à adopter des politiques alimentaires», déclare Sylvie Legault.

D’une école à l’autre
Par contre, les institutions scolaires ne considèrent pas les projets de nutrition toujours de la même façon. Tout dépend de la situation de l’école, du réel besoin, de la bonne volonté du conseil scolaire et de la direction de l’école. Bref, «chaque école est une communauté en elle-même», ajoute la coordonnatrice de l’Alliance. Leur objectif est donc de leur fournir les outils et l’aide nécessaires ou encore de les sensibiliser le plus possible afin de les motiver à mettre sur pied des projets spéciaux.
 
C’est ainsi qu’à l’école Saint-Viateur de Limoges, on a décidé de se préoccuper davantage de l’alimentation des écoliers. Par exemple, un règlement non-officiel prévoit que la collation du matin doit être composée de fruits ou de légumes. «Dans nos classes de la maternelle à la deuxième année, les enfants doivent avoir une collation nutritive en matinée, alors qu’en après-midi, on accepte aussi les biscuits et les pâtisseries», affirme le directeur de l’établissement, monsieur Jacques Séguin. «Après quelques temps, les parents se sont habitués et maintenant la plupart des gens trouvent cette initiative très bien. D’ailleurs, la majorité des parents étaient trèsenthousiastes dès le départ», ajoute-t-il.

La malnutrition touche l’ensemble du Canada
L’Est ontarien compte plus de cas de mauvaise nutrition qu’on pourrait le penser. D’ailleurs, une étude de Statistiques Canada publiée en août 2001 démontrait qu’un canadien sur huit avait dû compromettre la qualité ou la quantité de son alimentation pendant l’année 1998-1999 à cause du manque d’argent. Ce pourcentage équivaut à près de 2,5 millions de canadiens. Il n’est donc pas étonnant que les programmes mis sur pied par des organismes tel l’Alliance pour la nutrition des enfants soient aussi populaires et augmentent sans cesse. Selon la même étude, nous apprenons que l’insécurité alimentaire touche principalement les familles à faibles revenus (35 % d’entre eux), mais aussi les familles à revenus moyens (14 %) et les familles monoparentales (32 %).

Il y a aussi des problèmes de nutrition chez les plus nantis!
Nous avons tendance à croire que la mauvaise nutrition ne tient que de la pauvreté, mais détrompez-vous les milieux favorisés connaissent aussi des pratiques alimentaires de moins en moins saines qui est une forme de mauvaise nutrition. «Les parents ne se rendent pas compte de tout l’impact que peut occasionner une mauvaise nutrition. L’alimentation est directement reliée à la concentration et donc, à la réussite scolaire?», dénonce Madame Legault. «Dans l’Est ontarien, nous constatons souvent que les jeunes ont des boîtes à lunch chères mais très pauvres en produits nutritifs», ajoute-t-elle.

C’est aussi ce que remarque monsieur Jacques Séguin, directeur de l’école Saint-Viateur : «Dans notre école, les cas où les enfants ne mangent pas assez sont peu fréquents, mais il n’est pas rare que les boîtes à lunch soient peu nutritives. Ce sont les répercussions de la société micro-ondes, il faut que ça soit bon et rapide autrement que bon et nutritif, comme ça le devrait».
 

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