Volume 30 Numéro 20 Le 21 juin 2013

La production animale perd dangereusement du terrain


Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


La production animale perd du terrain au Témiskaming, et ce, au profit des grandes cultures. Mais certains agronomes de la région mettent en garde des conséquences que pourrait avoir un tel changement de cap sur le paysage nord-ontarien.

Si les agriculteurs entendaient souvent sur le terrain qu’une ferme ici et là fermait ses portes, le dévoilement d’une partie des chiffres du Recensement de l’agriculture de 2011 vient corroborer ces faits.

Statistiques Canada a dévoilé des chiffres assez troublants pour cette région du nord de l’Ontario, le 10 mai dernier, du moins, suffisamment inquiétants pour alerter les agronomes sur le terrain.

Comme partout ailleurs, le nombre de fermes a encore diminué, passant de 471 exploitations en 2006, à seulement 404 aujourd’hui. Or, il s’agit notamment du nombre de fermes laitières, bovines, équestres et ovines qui inquiètent le plus.

Depuis seulement cinq ans, la production laitière a perdu le quart de ses joueurs. De fait, 16 d’entre eux ont quitté la production, sur un mince total de 62 fermes. Le nombre d’exploitations laitières a donc été abaissé à seulement 42, contre 91 pour l’élevage de bovins de boucherie.

En termes de cheptel, le nombre de vaches laitières et les animaux à bœuf a baissé de 20 %.

Et cette tendance continue de s’accélérer. Des producteurs abandonnent le lait au profit des grandes cultures, faute de main-d’œuvre et grâce aux prix élevés des céréales et des oléagineuses.

Le nombre de fermes équestres a lui aussi connu une baisse de 20 % depuis les cinq dernières années,  tout comme les fermes ovines, bien que le nombre de moutons est demeuré stable.

Cette subite baisse du nombre d’animaux au Témiskaming inquiète l’agronome du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, Daniel Tassé. Il déplore notamment la diminution de la quantité disponible de fumier pour amender la terre, ce qui a pour effet d’obliger les agriculteurs à faire de plus en plus usage d’engrais chimiques.

C’est sans compter le nombre d’acres qui sont défichés ou tuilés depuis la dernière moitié de la décennie, dont ne fait aucune mention les données de Statistiques Canada.

Industrialisation de l’agriculture
Selon Daniel Tassé, toutes ses considérations s’expliquent par l’apparition de l’agriculture dite plus «industrielle» et des grandes cultures. Pour preuve, la taille des équipements que l’on rencontre sur les routes du Témiskaming a incontestablement grossi. Certains gros propriétaires terriens agricoles sillonnent les routes de campagne avec de l’équipement surdimensionné pour ensemencer jusqu’à 10 000 acres par année.

D’ailleurs, Statistiques Canada nous apprenait que la superficie des fermes a augmenté de 9 % depuis cinq ans, atteignant une moyenne de 476 acres par exploitation.

La valeur totale des fermes a pratiquement grimpé de moitié, atteignant 432,8 millions $ en 2011, contre 293 millions $ en 2006.

La production de foin demeure la principale récolte au Témiskaming (20 % des fermes).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *