Volume 26 Numéro 14 Le 18 mars 2009

La récupération des carcasses d’animaux de ferme: Plus qu’une question d’argent et d’environnement!

Par Simon Durand, directeur général, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


Au cours des sept dernières années, les récupérateurs recevaient des subventions du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario (MAAARO), afin de maintenir le coût du service de récupération à un niveau raisonnable pour les agriculteurs.

Or, ce support gouvernemental a pris fin abruptement à la fin du mois de février dernier, sans qu’il y ait de plan de remplacement prévu.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, depuis la crise de la vache folle de 2003, la viande d’animaux morts ne peut plus servir de nourriture aux animaux de compagnie pour les raisons que l’on sait.

De plus, l’autre source de revenu, la vente de peaux, principalement pour la confection de cuir pour les sièges d’auto, a vu sa demande chuter en raison de la crise qui secoue présentement l’industrie automobile. Les récupérateurs ont donc vu leurs débouchés disparaître.

Devant cette situation, certains récupérateurs ont même cessé leurs opérations durant la première semaine du mois de mars.

En plus de la dépense supplémentaire que les producteurs risquent d’encourir pour la récupération de leurs carcasses d’animaux morts si les récupérateurs augmentent drastiquement leurs prix pour ce service, en plus des risques environnementaux et sanitaires en cette période de dégel, un autre danger menace :

Celui de l’image publique!

Devant un coût trop élevé ou un sol trop gelé pour enfouir une carcasse, certains producteurs pourraient entreposer malhabilement leur vache morte. Pour la population agricole, cette situation n’a rien d’extraordinaire, mais pour les citoyens urbains qui sont friands de cabanes à sucre et de sorties printanières à la campagne, la vue d’une vache morte peut être tout un choc.

Et quel régal pour les médias en quête d’images sensationnelles et de « pseudo-scandales » !

En attendant que votre Union des cultivateurs fasse les pressions nécessaires pour corriger la situation, je vous incite à la prudence et à la diligence dans l’entreposage, le compostage ou l’enfouissement de vos animaux morts.

Si vous constatez quelque chose, même chez votre voisin, n’hésitez pas à lui en parler afin de corriger la situation.

Ne laissez pas l’occasion aux médias et aux défenseurs du bien-être animal de ternir sans raison valable l’image de notre belle agriculture est-ontarienne.

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