Cultures

La renaissance du houblon ontarien


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Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


L’industrie du houblon est sur le point de renaître de ses cendres en Ontario. Cette culture autrefois très populaire dans l’Est ontarien avait pourtant pratiquement disparu de la province suite à de graves problèmes de moisissures dans les houblonnières. Mais des producteurs comme Daniel Sabourin et Hugo Desrochers sont à pied d’œuvre pour redonner au houblon ontarien ses lettres de noblesse et vont même jusqu’à pousser l’audace en créant trois bières artisanales 100 % ontariennes.

« Une journée, le monsieur pour qui je travaillais m’a dit «pourquoi tu ne te lancerais pas dans le houblon. Nous avons payé la terre avec ça, nous.» Je ne savais même pas que ça poussait comme une vigne. Je croyais que ça poussait comme un plant de blés d’Inde », dit aujourd’hui à la rigolade Daniel Sabourin, propriétaire de la houblonnière Nation Hops, à St-Bernardin.

L’homme qui en connaissait pourtant si peu sur cette culture est aujourd’hui devenu une référence en la matière, si bien qu’il s’apprête à révolutionner la culture du houblon. Ce dernier a conçu un prototype de récolteuse du houblon qui pourrait redonner aux cultivateurs de cette vigne une qualité de vie lors des récoltes.

« J’ai décidé de m’organiser pour obtenir une machinerie avec laquelle cultiver [devenait plus facile] et là on est enfin prêts », a confié le producteur agricole. Le prototype qu’il a conçu lui permet de récolter 200 plants en deux heures et demie, alors que ça lui en aurait pris une heure par plant s’il avait tout récolté à la main.

Plus petite, plus légère et tellement plus portative que les récolteuses anciennement utilisées, la machine est donc plus facile à transporter entre les rangées de vignes qui grimpent jusqu’à 21 pieds dans les airs. Mais son plus bel avantage est sans contredit son faible prix, une fraction de celui des vieux équipements.

« Daniel a trouvé l’angle de développement pour faire avancer la culture de houblon, confie à Agricom un autre producteur de houblon d’Iroquois, Hugo Desrochers. […] Je comptais beaucoup sur [cette machine] pour pouvoir récolter, sinon je n’aurais pas de qualité de vie. »

Mais Hugo n’est pas le seul agriculteur à avoir senti la bonne affaire pour sa houblonnière. À peine Daniel avait-il terminé de construire son prototype qu’il sillonnait déjà les routes de l’Ontario pour récolter à forfait des plants des régions du Prince Edward County, de Hashburn, de Caledon, de Peterborough et de Berry.
Sa récolteuse est si en demande qu’il planifie en construire d’autres pour desservir les quatre coins de l’Ontario.

Bière artisanale
Maintenant que la récolte du houblon est devenue un jeu d’enfant pour les producteurs de l’Est ontarien, ceux-ci ont décidé de tenter le tout pour le tout et de créer leurs premières bières. Pas n’importe lesquelles…
« On peut vraiment dire que ce seront les premières bières produites à partir d’ingrédients locaux depuis 65 ans, confie Daniel avec fierté. Tout est local : l’orge provient de St-Isidore, le houblon de Nation Hops, Tribal Hops et Heritage Hill, le malt de Guelph, l’eau d’une source à proximité de Guelph, même la levure sera produite ici. Ce sera vraiment un produit 100 % d’ici. »

La 100 miles Hale et la 100 miles Lagger seront toutes deux concoctées à la microbrasserie Cool Beer Brewing d’Etobicoke. Et une troisième bière faite à partir de blé et de houblon sera disponible au printemps 2014. Non seulement elles seront vendues dans quelques restaurants dès octobre, mais les associés ont également réussi à décrocher un contrat de vente de 80 000 bouteilles avec la LCBO.

« Le marché a toujours été là. Les gens n’ont jamais arrêté de boire, mais la principale raison [au déclin de la production ontarienne du houblon] a été le mauvais contrôle de la moisissure. »

Et pour preuve : les ventes de bières artisanales à la LCBO ont véritablement connu une croissance démesurée au cours des dernières années. Elles représentent aujourd’hui un chiffre d’affaires de 40 millions $ pour la société des alcools, soit une augmentation de 575 % par rapport à 2006-2007.
Avec tous ces outils en main, Daniel Sabourin est fin prêt à redémarrer en grand la production de houblon en Ontario. Si tout va comme prévu, il aimerait augmenter sa production de 680 à 14 000 plants au cours des prochaines années !

2 réflexions au sujet de « La renaissance du houblon ontarien »

    1. Journal Agricom

      Bonjour Pierre,
      Merci de l’intérêt que vous portez à l’article d’Agricom.
      Vous trouverez toute l’information dont vous aurez besoin sur le site http://nationhops.webs.com/ et si vous avez d’autres questions, vous pouvez contacter les propriétaires dans la section « contact us ».
      Bien à vous.

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