Le 16 février 2005

La saison du sirop d’érable devrait débuter bientôt!

Par Pierre-Alain Blais


Bien que l’on sente que le soleil devient de plus en plus chaud, la saison des sucres se ferait encore attendre, selon les dernières nouvelles qu’a eues le spécialiste de l’acériculture au ministère de l’Agriculture de l’Ontario (MAAO), Dave Chapeskie.

À l’exception de quelques producteurs du Sud-Ouest de la province, qui auraient réussi à bouillir un peu d’eau d’érable pour la première cette saison vers le 7 février, « je n’ai reçu que très peu de rapports d’entaillage ou de production de sirop d’érable à venir jusqu’à date [14 février] », précise le spécialiste du MAAO. Même là où un peu de sirop a été produit, la sève semblait très peu sucrée encore, dans la fourchette de 1 à 1,5%. Selon Dave Chapeskie, il est normal que le contenu en sucre de la sève soit parfois faible dans les premières coulées.

À ce propos, le spécialiste en acériculture encourage les producteurs à mesurer la concentration de la sève des premières coulées. En divisant le facteur 86 par le contenu en sucre (en %) de l’eau d’érable, on peut estimer le nombre de litres d’eau qui sera nécessaire de bouillir pour obtenir un litre de sirop. On pourra alors décider si c’est rentable de bouillir l’eau qui a été recueillie, selon ses propres coûts de production.

Dave Chapeskie s’attend à ce que le climat se réchauffe prochainement, et que des températures propices à la coulée des érables arrivent enfin, particulièrement pour les acériculteurs du Sud-Ouest et du Sud de l’Ontario. Par contre, selon lui, il est temps de commencer à préparer la saison, si ce n’est déjà fait.

Exemples d’activités de préparation à envisager dès que la température le permettra:

· Remplacer les très vieilles pièces d’équipement non-fonctionnelles par de l’équipement de grade alimentaire.

· Évaluer et réparer/remplacer au besoin les équipements installés à tous les niveaux du système de production, tels que les tubulures, les pompes, les réservoirs d’entreposage, etc.

· Faire l’entretien des équipements en utilisant des fournitures approuvées pour l’alimentation (food approved) comme par exemple, la graisse des pompes et des presses, de la soudure sans plomb, etc.

· Enlever les arbres et les branches qui sont tombés dans l’érablière.

· Nettoyer les équipements de cueillette et de traitement de la sève.

· Faire un bon ménage des installations de production du sirop d’érable.

· Commander les fournitures et les pièces de rechange nécessaires pour la saison (mèches d’entaillage, contenants, filtres à sève, etc.)

Attention au plomb!
Dave Chapeskie tient à mettre en garde les acériculteurs contre la possible contamination au plomb du sirop. Des lots de sirop ont dû être retiré de circulation par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) l’an dernier, car des tests au hasard ont trouvé une concentration de plomb supérieure à la norme canadienne d’une demi partie par million (0,5 ppm). La question est d’autant plus critique que le Vermont, qui a fixé sa norme de rappel à 0,25 ppm, menace d’interdire les importations ontariennes de sirop, qu’il juge trop contaminées au plomb.

Des 889 échantillons de sirop analysés depuis par la direction d’inspection du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario, quatre ont testé positif pour le plomb. (Incidemment, 13% contenaient des traces de formaldéhyde). Un échantillon contenait 4 ppm de plomb, ce qui a déclenché un rappel de classe 1 de l’ACIA. Tous les produits d’érable en stock, ainsi que ceux livrés chez les détaillants ont été saisis.

Heureusement, dans ce cas précis, l’acériculteur tenait un registre de sa production et ses produits portait des numéros de lot. En collaboration avec les inspecteurs, ils ont pu tester chaque lot séparément et libérer les lots qui n’avaient pas de contamination. D’où l’importance d’utiliser un bon système d’identification des lots et de bien tenir les registres de production!

Le spécialiste Chapeskie dit qu’il est très difficile de complètement éliminer toute trace de plomb dans le sirop d’érable, particulièrement avec des installations qui comportent des composantes âgées. Lors d’une étude faite l’an dernier, chez une douzaine de producteurs de sirop d’érable, on a retrouvé des sources de plomb dans de vieux réservoirs d’entreposage en acier galvanisé, dans des pompes qui contiennent des composantes utilisant des alliages contenant du plomb comme le laiton, etc.

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