Volume 26 Numéro 10 Le 14 janvier 2009

La Station de recherche en agriculture de New Liskeard: une amie méconnue

Par Marc Dumont, collaborateur régional


Des parcelles bien entretenues à la Station de recherches agricoles de New Liskeard.

NDLR: Notre dossier sur La Station de recherche en agriculture de New Liskeard: une amie méconnue, aura trois volets: l’historique de la station, les projets de recherche en grandes cultures et en productions bovines, et les projets de recherche en horticulture.

Bien que dès 1918, le gouvernement de l’Ontario ait déjà commencé à se porter acquéreur de terrains à New Liskeard, ce n’est qu’en 1922 qu’on y installe une ferme de démonstration.

Avec l’ouverture du Nord de l’Ontario, le gouvernement s’était rendu compte qu’il devait enseigner comment cultiver la terre s’il espérait réussir dans son effort de colonisation du Nord. Mais ce fut un échec. Le climat rude nécessitait qu’il se fasse de la recherche sur les variétés à cultiver et les techniques à utiliser.

La ferme a alors joué un rôle important auprès des cultivateurs en faisant venir des animaux de qualité supérieure qu’elle prêtait afin d’améliorer le bagage génétique des troupeaux de bovins, de porcs, de moutons’ La même forme d’aide a porté sur les grandes cultures.

Par exemple la ferme faisait venir des nouvelles variétés d’avoine pour les distribuer. Cette aide évitait que chaque cultivateur ait à se déplacer dans le Sud à une époque où cela était une véritable expédition parce que les moyens de communication n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui.

Progressivement la ferme de démonstration est donc devenue un centre de recherche, un centre de distribution de nouvelles génétiques et de transfert de technologie. Un fait intéressant à noter est que le tatouage des animaux indique encore aujourd’hui: New Liskeard Demonstration Farm !

Un Collège d’agriculture pour le Nord

Durant la Grande Dépression, la ferme a cessé ses activités pendant 4 ans. Puis elle reprit ses activités jusqu’en 1966. À ce moment-là, le ministère de l’Agriculture de l’Ontario s’est rendu compte de la nécessité de former la relève en agriculture pour le Nord, dans le Nord même de l’Ontario.

C’est alors que le Collège en technologie agricole de New Liskeard a vu le jour. Les débuts ont été modestes. L’enseignement théorique se faisait dans des portatives et il y avait beaucoup de travaux pratiques. La formation touchait l’élevage des poules, du porc, du boeuf, du cheval et la gestion du troupeau laitier. On y avait aussi construit une serre.

Enfin en 1984, il y a eu la construction de l’édifice pour l’enseignement. C’est l’édifice qui abrite actuellement le Collège Boréal. La croissance s’est poursuivie avec la mise sur pied de deux stations de la recherche dans l’Ouest de l’Ontario en 1990, soit celles de Thunder Bay et d’Emo près de la frontière avec le Minnesota.

Déjà à cette époque, le Collège de technologie agricole de New Liskeard se faisait remarquer pour une première en Amérique du Nord. En effet, on s’est intéressé au problème du picotement que les vaches laitières connaissent au contact des buvettes ou sur les trayeuses, à cause de la tension parasite que le système électrique transmet.

C’est que le champ magnétique autour des fils électriques donne une charge électrique à tout ce qui est métallique dans l’étable. La vache qui a les pattes sur un sol humide reçoit alors un choc chaque fois qu’elle touche un objet métallique. Il s’agissait de déterminer le seuil de voltage maximum sans que cela affecte les vaches. Les avancées de la Station ont été déterminantes dans la gestion des troupeaux laitiers.

La sauvegarde de la recherche dans le Nord

Malgré l’importance du Collège pour les agriculteurs du Nord de l’Ontario, le ministère de l’Agriculture décidait, en 1993, de fermer les deux plus petits collèges d’agriculture de la province pour consolider l’inscription dans les programmes d’agriculture des plus grands centres. Étrangement, le ministère de l’Agriculture de l’époque semblait ignorer l’existence du volet recherche de l’institution’

Grâce à une levée de bouclier de toute la communauté agricole de la région, la recherche a repris en 1994. Devenue uniquement une station de recherche, on l’avait amputée du troupeau laitier et on y avait laissé la recherche sur les grandes cultures, le boeuf, le mouton et l’horticulture. La recherche à Thunder Bay et à Emo était resté inchangée. Au point de vue administratif, la Station relevait maintenant du Collège agricole de Kemptville.

En 1994, le gouvernement de l’Ontario prenait la décision de se retirer de la recherche en agriculture et du volet éducatif. Du même coup, il confiait cette responsabilité à l’Université de Guelph.

Enfin la dernière décision politique qui a affecté la station de recherche a été prise en 2002. Alors la station de Thunder Bay a été fermée et la recherche sur les moutons a cessé.

Les infrastructures

La station possède 400 acres dans l’ancien canton de Dymond et 320 dans la ville de New Liskeard. Dans le canton de Dymond, où se fait la recherche sur le bovin de boucherie, il y a deux étables, un bâtiment pour le fumier et un ancien édifice qui servait à l’évaluation des taureaux. Depuis quelques années, cet édifice était désaffecté mais il vient tout juste d’être rénové et sert de nouveau à la recherche bovine.

La Station fait également de la recherche agricole sur une parcelle de 2 acres dans la région de Verner.

Pour les projets d’horticulture, il y a deux serres chaudes et une serre avec moustiquaires. La Station dispose également d’un laboratoire aseptisé.

La recherche actuelle

Aujourd’hui, la Station de recherche agricole de New Liskeard fait des recherches sur les grandes cultures comme les fourrages, le canola, l’orge?

On t fait aussi de la recherche sur les bovins de boucherie avec un troupeau d’environ 340 têtes. Certaines nouvelles cultures intéressent aussi la station comme celle du peuplier hybride et d’autres cultures peu connues dans le Nord de l’Ontario.

La recherche agricole est dirigée par John Rowsell. La station est très impliquée en horticulture. On y étudie des variétés de pommes de terre, de fraises, de framboises’ La responsabilité de ces recherches incombe à Becky Hughes.

Le prochain article sur la Station de recherche en agriculture de New Liskeard portera sur la recherche sur les bovins de boucherie et sur les grandes cultures.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *