Le 19 juin 2003

La table champêtre de l’Auberge du presbytère Mont-Lac-Vert

Par Christine Rieux, collaboration spéciale*


L’Auberge du presbytère Mont Lac-Vert se situe au 355, rang Lac-Vert dans la municipalité de Hébertville (QC), Tél.: (418) 344-1548 ou 1-800-818-1548 www.aubergepresbytere.com.

À quoi peut-on s’attendre en allant dîner chez une entreprise quand on aperçoit un ?arbre? de bleuets ornant le parterre devant l’auberge? Réponse: De l’originalité. D’abord il faut savoir que le bâtiment dans lequel nous entrons est un vrai presbytère et que, non, il n’y pas d’église à proximité en vue.

La réponse à cette énigme est que ce bâtiment, le premier presbytère de la Municipalité de l’Ascension-de-Notre-Seigneur, fût déménagé à travers des routes sinueuses, montagneuses et, comble du comble, raboteuses (ouchhh! mon pauvre postérieur ontarien!) en quatre parties et sur une distance de 50 km quand il fut vendu à la ville d’Hébertville en 1978 pour y devenir une maison de campagne.

L’Auberge appartient depuis 1986 à M et Mme Bilodeau, un couple qui voulait sortir du train-train quotidien et profiter de la vie au lieu de courir derrière, pour enfin devenir leur propre employeur. M. Bilodeau était auparavant menuisier et Mme Bilodeau travaillait pour les Caisses populaires. Le presbytère comporte six chambres dont un dortoir. Chacune d’entre-elle est nommée de façon très divine (M. Le Curé, La sacristine, etc.). La majorité de la clientèle de l’Auberge, comme la plupart de celle que l’on rencontre au Lac-St-Jean, est d’origine européenne.

Le presbytère a plusieurs vocations maintenant: table champêtre où l’on y sert des produits de la région, gîte, salle de conférence, terrasse de réception, salle de réception, foyer et bar au sous-sol et aire de repos pour les motoneigistes. L’été, on y reçoit plutôt des touristes qui font le tour du LAC pour voir les baleines et la communauté montagnaise, tandis que l’hiver la clientèle est composée principalement d’Européens qui viennent pratiquer le sport de la motoneige pour la première fois. Il n’y a pas tellement de membres de la population locale qui fréquentent l’Auberge.
Le propriétaire fait partie du regroupement local de motoneige ce qui veut dire qu’il entretient bénévolement environ 150 km de piste à chaque année. « C’est ma contribution locale et en même temps ça me permet de me faire connaître un peu plus et de savoir ce qui ce passe dans la piste près de chez nous », affirme-t-il.

Gagnants de deux grands prix dans leur catégorie d’entreprise lors d’une cérémonie de mérite nommée ?Les Grands prix du tourisme québécois’, le couple dit avoir hâte de savoir quelle sera leur performance lors de la compétition nationale de cette année.

Quelle bonne idée de marier la restauration avec le gîte du passant! Quoique que tout ça se passe déjà chez nous, ce qui ressort de cet endroit est son historique. C’est un point très important à ne pas oublier lors de la considération de l’achat d’un endroit ou même lors de la recherche de nouvelles méthodes de commercialisation en tourisme.

Ce que nous semblons souvent oublier dans notre région est que nous sommes principalement francophones et que cet aspect est TRÈS alléchant pour le marché du tourisme européen. La Vallée du Bas de l’Outaouais pourrait devenir une halte pour les voyageurs au lieu de simplement un coin de pays que l’on traverse sans s’y attarder.

Venez vous exprimer en discutant de ces propos en ligne sur le Forum des Innovateurs en agroalimentaire à www.lavoieagricole.ca (sous l’onglet ?Forum de discussion’).
*Christine Rieux, d.t.a. coordonne le Réseau de jeunes entrepreneurs en agroalimentaire, une initiative de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. Cette tournée de l’agrotourisme au Saguenay-Lac-St-Jean a été rendue possible grâce à la contribution financière de la Chambre économique de l’Ontario et du Secrétariat des affaires intergouvernementales canadiennes du Québec.
NDLR. Voici le troisième article d’une série de reportages dans le secteur en pleine effervescence de l’agrotourisme. Ces articles font suite à une mission exploratoire de l’agrotourisme au Saguenay-Lac-St-Jean, à laquelle notre collègue Christine a eu la chance de participer en avril dernier. Chaque reportage est accompagné d’une réflexion personnelle de l’auteure sur des opportunités potentielles en Ontario français rural.

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