Élevage

La vigueur soutenue des prix du bœuf dépend de la demande


Par Richard Kamchen, FAC


Les prix de détail du bœuf pourraient demeurer élevés au cours des deux à trois prochaines années, selon un récent rapport de Canfax.

Cette division de la Canadian Cattlemen’s Association indique que les prix records du bœuf sont attribuables à la faiblesse des stocks mondiaux. Les stocks canadiens et américains devraient se resserrer davantage en raison du fait que l’industrie conserve des génisses pour la reproduction.

Toutefois, c’est la demande nationale et étrangère qui déterminera l’ampleur de l’expansion ainsi que les prix futurs du bœuf.

La demande internationale et la demande nationale sont maintenant d’importance égale dans la mesure où le Canada exporte 46 % de sa production de bœuf. C’est la classe moyenne grandissante en Asie, notamment en Chine, qui alimente cette demande mondiale de bœuf.

« La tendance internationale générale est solide », affirme l’auteure du rapport, Brenna Grant. Canfax prévoit que les pays en développement représenteront la plus forte hausse de la demande de bœuf au cours de la prochaine décennie.

À l’échelle nationale, de nombreux facteurs démographiques entrent en ligne de compte.

Canfax note que le pourcentage de femmes dans la population active est en augmentation (leur proportion était de 47,3 % en 2014), ce qui n’est pas un facteur positif pour le bœuf. En effet, à mesure que le temps disponible pour la préparation des aliments à la maison diminue, la demande de produits faciles à préparer augmente, et c’est le secteur de la volaille qui en profite.

Par ailleurs, la diversité ethnique croissante du Canada procure à certaines viandes concurrentes un avantage sur le bœuf, de nombreux groupes ayant « une préférence pour la volaille et le porc ».

Notre population vieillissante n’est pas non plus un facteur favorable. Les aînés sont le groupe d’âge qui connaît la croissance la plus rapide au Canada, et cette tendance devrait s’accélérer au cours de la prochaine décennie. Les aînés soucieux de leur santé ont tendance à acheter et à consommer des portions plus petites, ce qui pourrait freiner la demande de viande rouge.

Pour ce qui est de la génération du millénaire, les tendances sont contrastées. Selon une étude menée aux États‑Unis, les consommateurs âgés de 18 à 34 ans consomment plus de bœuf que ceux qui sont âgés de plus de 35 ans, mais les parents qui appartiennent à la génération du millénaire considèrent que le poulet est plus facile à préparer et convient mieux aux enfants; ils estiment aussi que d’autres viandes sont plus saines que la viande rouge.

La hausse des revenus au Canada et aux États‑Unis devrait apporter un soutien, et le revenu disponible devrait augmenter à la faveur de la reprise économique en Amérique du Nord, souligne Canfax. La croissance des revenus dans ces marchés développés devrait stimuler la demande de produits haut de gamme à défaut d’entraîner une demande de produits en grande quantité.

Par ailleurs, la demande de bœuf au Canada et aux États‑Unis est peu influencée par les fluctuations des prix du bœuf ou par les fluctuations des prix des viandes concurrentes. Quoi qu’il en soit, Canfax prévoit qu’une baisse marquée des prix de la volaille et du porc par rapport à ceux du bœuf aurait une incidence négative sur la demande de bœuf à court terme.

« La volonté de payer des consommateurs sera le facteur déterminant au cours des prochaines années, et cela pourrait créer de l’instabilité sur le marché », conclut Mme Grant.

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