Volume 33 Numéro 19 Le 3 juin 2016

Laitier, les jeunes ne veulent plus attendre


Des jeunes du Québec et de l'Ontario qui œuvrent en production laitière invitent les PLQ et le DFO à aplanir leurs différents pour le bien de l'ensemble de l'industrie canadienne. On reconnaît: Chris Ryan (Saint-Isidore ON), Philippe Etter (Sarsfield ON), Jasmin Benoit (Saint-Albert ON), Christian Kaiser (Noyan QC), Anna Roberts (Embrun ON) et Bruno St-Pierre (Grenville QC).

Par Chantal Quirion


Des jeunes de la relève agricole laitière du Québec et de l’Ontario enjoignent leurs associations de mettre fin à leurs querelles pour arriver au plus tôt à une Stratégie nationale sur l’industrie laitière.

Cet appel à l’unité lancé aux Producteurs de lait du Québec et au Dairy Farmers of Ontario, ce matin 24 mai à la Fromagerie St-Albert dans l’Est ontarien, a été applaudi par une quarantaine de producteurs laitiers des deux provinces et fait l’objet d’une bonne couverture médiatique.

L’absence d’une stratégie nationale pour contrer notamment l’importation massive de lait diafiltré en provenance des États-Unis coûte cher aux producteurs canadiens ont fait valoir les orateurs ainsi que plusieurs membres de l’assistance. D’où cette intervention de sensibilisation qui visait à témoigner de l’urgence de parler d’une seule voix pour faire aboutir ce dossier.

« On veut une entente nationale et que le Québec et l’Ontario règlent leurs différends. Tous les mois qui passent sont des mois où les producteurs perdent de l’argent », a déclaré Philippe Etter, producteur laitier de Sarsfield.

« On voit de nos collègues qui doivent vendre leur ferme. Ça doit cesser », a pour sa part fait observer, Bruno St-Pierre de Grenville au Québec.

Ces producteurs ont malgré tout dit être encouragés par la dernière ronde de négociations qui s’est tenue à Ottawa le 17 mai dernier entre tous les intervenants de l’industrie laitière. Malgré tout, ils n’ont pas l’intention de continuer à attendre encore bien longtemps. « Nous demandons que nos différences soient réglées le plus rapidement possible. C’est notre futur qui en souffre », a fait valoir Christian Kaiser du village de Noyan au Québec.

Chris Ryan de Saint-Isidore, Jasmin Benoit de Saint-Albert et Anna Roberts d’Embrun ont aussi apporté leur point de vue sur cette situation complexe puisqu’elle fait aussi référence au système de la gestion de l’offre et aux accords de libres-échanges internationaux.

Chacun dans leurs mots ils ont tenu à signifier à ceux et celles qui tirent les ficelles dans ce dossier, incluant le gouvernement fédéral et les Producteurs laitiers du Canada, l’inquiétude ressentie par la relève et l’importance de continuer à défendre l’industrie laitière canadienne.

À ce titre le maintien et la promotion de l’emploi du logo de la petite vache bleue qui affiche fièrement 100% lait canadien est un enjeu qu’ils ont l’intention de défendre.

« Si vous ne trouvez pas de produits avec la petite vache ou si vous n’arrivez pas à savoir justement si c’est fait avec du lait canadien, exigez-le. Si elle (la petite vache) n’est pas assez visible, qu’on la demande », invitait M. St-Pierre.

M. St-Pierre est de ceux qui s’oppose à ce que l’on retire la mention 100 % canadien du logo, tel que proposé lors de la dernière assemblée générale des PLQ. Il n’est pas le seul. M. Kaiser fait valoir que le Canada s’est doté d’un programme de qualité, le programme proAction qui demande rigueur et investissement des producteurs. Le logo vient alors confirmer que le lait qui a servi à la fabrication du produit sur lequel il est apposé est un gage de qualité pour le consommateur et une reconnaissance pour les producteurs canadiens.

 Réactions

Parmi l’assistance, des jeunes de la relève ont indiqué trouver important de supporter le mouvement.

« On veut qu’ils (les organisateurs) sachent que la relève on est ici pour les supporter », a fait valoir Alexandre Castonguay de Saint-Isidore en indiquant que lui et ses amis trouvent la situation inquiétante.

« On veut faire ça (production laitière) aussi longtemps que nos pères », a renchéri Didier Levac de Saint-Bernardin.

« On veut être capable d’en vivre », a conclu pour sa part Marc-Antoine Racine de Casselman.

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