Vie rurale

Laurent Souligny sera récompensé par l’UCFO


Laurent Souligny sera honoré par l'Union des cultivateurs franco-onfariens le 5 mars prochain. -Photo ADumont

Marc-André Tessier

Par Marc-André Tessier
Collaborateur
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L’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) n’a pas hésité longtemps cette année pour identifier les lauréats du Prix d’excellence en agriculture Pierre-Bercier. Il était clair que le mérite allait revenir à Hélène et Laurent Souligny, deux producteurs d’œufs de St-Isidore, des candidats de choix puisqu’ils ont consacré leur vie à l’agriculture. Leurs efforts seront récompensés le 5 mars, lors du banquet annuel de l’UCFO.

Propriétaires d’une ferme avicole de 22 000 poules pondeuses et de grande culture, Hélène et Laurent Souligny exploitent des entreprises agricoles depuis maintenant 50 ans. C’est à l’âge de 19 ans que M. Souligny devient propriétaire d’une ferme laitière.

Une chose est claire avec Laurent Souligny : il a de grandes visées. Dix-neuf ans plus tard, il met sur pied une ferme avicole, en plus d’exploiter sa ferme laitière. « Il faut être 10 000 devant la game. Il ne faut pas dire j’aurais dû. Mais c’est sûr qu’on était occupé. On ne chômait pas, rigole-t-il. Mais la vie est trop courte pour être malheureux. »

« La seule chose que je n’ai pas faite sur la ferme, c’est traire les vaches », avoue sa femme Hélène.

Une santé fragilisée
Comme si la vie leur envoyait un signe, tout bascule en 1992. Après un an de problèmes de santé, les spécialistes lui diagnostiquent une déficience du système immunitaire. Laurent est alors mis devant un dur choix : la santé ou l’agriculture. « Ils m’ont dit qu’ils pourraient me donner un traitement qui marcherait bien, mais qu’ils ne me le donneraient pas si je continuais à m’occuper des fermes », raconte Laurent, aujourd’hui âgé de 70 ans.

Comme il a l’agriculture de tatoué sur le cœur, il n’est pas question de tout laisser derrière et passer à autre chose. Il parvient donc à trouver un compromis satisfaisant : comme c’est surtout l’haleine des vaches qui le rendent malade, il choisit de vendre son entreprise laitière pour se concentrer sur l’aviculture. « Je ne pourrais pas passer la journée complète avec les poules, mais lever les œufs le matin, ça va, explique-t-il. Ne plus être associé du tout avec la ferme, ce n’est pas pour moi. J’aime mieux mourir quinze ans plus jeune et faire quelque chose que j’aime. » Difficile de trouver meilleure preuve de dévouement à l’agriculture!

M. Souligny reçoit depuis 20 ans des soins médicaux une fois par mois pour traiter sa maladie.

« Si tu veux savoir, il faut t’impliquer. »
Laurent n’est pas qu’actif sur la ferme, il l’est également au sein d’associations professionnelles et communautaires. Comme il a un peu plus de temps devant lui, il est nommé directeur d’une association de producteurs d’œufs de sa région, suite à quoi on le hisse au poste de président des Producteurs d’œufs du Canada, une fonction qu’il occupera pendant onze ans. « Je suis une personne curieuse. Si tu veux savoir, il faut t’impliquer », pense Laurent Souligny.

Son implication au sein de l’industrie agricole et son excellence à la ferme ont été remarquées par plus d’un. « Quand j’ai été admis au Canadian Agricultural Hall of Fame en 2011, j’appelais ça mon Kilimandjaro. Le Prix d’excellence en agriculture Pierre-Bercier, pour moi, c’est un autre Kilimandjaro », raconte humblement Laurent.

Hélène et Laurent, après cinq décennies d’horaire bien rempli, ont aujourd’hui commencé à se retirer. Leur garçon, Jean, prend les rênes de l’entreprise. Avec deux petits-fils qui s’intéressent également à l’agriculture, le couple peut partir l’esprit tranquille. L’entreprise restera entre les mains de la famille encore longtemps.

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