Volume 37 Numéro 4 - Le 22 novembre 2019

L’avenir des installations du Collège d’Alfred


Un bâtiment comme le Collège d'Alfred coûte cher, plus de 750 000$ seraient attribués annuellement pour l'entretien et le chauffage entres autres. Photo Roxanne Lormand

Par Roxanne Lormand
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L’imposant bâtiment en plein cœur du petit village d’Alfred dans l’Est ontarien passe difficilement inaperçu. Datant des années 1930, les installations de l’« Upper Campus » et les différents bâtiments du campus d’Alfred coûteraient très cher à rétablir et rénover.

Dans les années 1980, ce bâtiment était officiellement la première école postsecondaire francophone spécialisée en agriculture en Ontario avec l’Université de Guelph. Par la suite, le Collège La Cité a repris la relève avec l’Institut de formation et de recherche agroalimentaire (IFRA) et le Collège Boréal s’est également joint afin d’offrir des cours sur place. Toutefois depuis septembre 2019, La Cité a rapatrié ses cours dans ses installations à Ottawa, laissant le bâtiment principal sans locataires et sans élèves.

« Maintenir les installations coûte près de 750 000 $ par année au ministère » explique le maire d’Alfred Plantagenet Stéphane Sarrazin. Les frais de maintenance, d’entretien et de chauffage y sont pour quelque chose. Il en coûterait plus par contre pour démolir le bâtiment désuet ; une facture qui pourrait s’élever à de plus de 10 millions de dollars.

Madame Renée Gratton, originaire d’Alfred, est venu présenter le mois dernier son projet de « laboratoire vivant » dans le but de redynamiser les installations du collège. Ses deux parents ayant enseigné au Collège d’Alfred, elle désire lui redonner un deuxième souffle. Elle a présenté son projet à la communauté d’Alfred au collège et par la suite à Ottawa ou des intéressés au projet se sont aussi manifestés.

Son concept rassemble plusieurs fonctions autant au niveau récréatif ou académique que dans les soins de santé, des marchés, la restauration ou des logements. L’appui de différents secteurs privé et public est toutefois essentiel pour parvenir à un tel projet.

Pour Renée, il faut que les installations du collège demeurent accessibles à la population. « Le concept est là, il est ajustable et adaptable à la communauté, » souligne-t-elle tout en rappelant que son rapport préliminaire subira sûrement encore beaucoup d’autres modifications. Elle est ouverte à ce que ce projet devienne collectif en quelque sorte.

Madame Gratton a d’ailleurs présenté son projet à la rencontre municipale du 5 novembre dernier à Alfred-Plantagenet. Le conseil municipal n’est pas fermé à l’idée, mais elle ne s’attend pas à obtenir un grand appui pour l’instant puisque le projet est au stade embryonnaire. 

« On est encore au stade d’évaluation et on ne peut savoir combien le projet pourrait coûter en totalité, » explique-t-elle.

Elle espère quand même avoir un appui « L’implication de la municipalité formellement au début du projet est important […] plus on attend plus c’est coûteux [pour l’entretien]. » Madame Gratton aimerait aussi obtenir l’appui des Comtés unis de Prescott-Russell et souligne que le processus est déjà en branle.

Pour Monsieur le Maire Stéphane Sarrazin, le projet est beau, mais « […] tant qu’on n’a pas l’autorité de faire quelque chose ça reste un beau projet. »

Il espère avoir une délégation avec le ministre de l’Agriculture en janvier pour parler de la possibilité d’obtenir l’autorité de gérer le bâtiment afin de le faire revivre. « À toutes les semaines, des gens m’arrivent avec des opportunités pour le Campus d’en haut, c’est incroyable et les opportunités sont illimitées. Il suffit juste qu’on ait l’autorité de pouvoir gérer ça, » conclut-il.

Rappelons aussi qu’auparavant la Société de développement communautaire de Prescott-Russell (SDCPR) envisageait elle aussi l’acquisition avec un projet qui est cependant resté en suspens.

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