Le 21 janvier 2004

Le biodiésel, un carburant écologique

Par Chantal Quirion


Le biodiésel constitue une alternative aux carburants d’origine fossile (pétrole) qui offre de multiples avantages. Premièrement, il s’agit d’une source d’énergie renouvelable, deuxièmement par sa composition il permet de recycler des huiles qui autrement prendraient le chemin des sites d’enfouissement et troisièmement son utilisation permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES). Il peut être utilisé dans les moteurs diesels, pur ou à moindre concentration.

Plus exactement, le biodiésel est un carburant fabriqué à partir de matières grasses, d’origine animale ou végétale. Les huiles utilisées, comme les huiles de friture, peuvent être recyclées pour servir à sa fabrication. De même, les huiles végétales déclassées y trouvent un débouché intéressant. Il s’agit des huiles qui ne rencontrent pas les standards de consommation, souvent extraites de cultures ayant poussées sur un sol trop pauvre ou ayant connu des avaries dues au gel ou à la sécheresse ou provenant de surplus agricole.

Techniquement l’on décrit le biodiésel comme étant « un diester de méthyle obtenu par réaction chimique du méthanol avec des matières grasses végétales ou animales. » Le procédé n’est pas nouveau et déjà à la fin du 19e siècle, Rudolph Diesel alimentait ses moteurs à cycle diesel avec des produits dérivés de l’huile d’arachide. Plus récemment, au Canada quelques projets pilotes ont été instaurés pour fabriquer ce carburant à plus grande échelle et en Nouvelle-Écosse une usine en fabrique avec des huiles de poissons.

Au Québec, la Société Rothsay/ Laurenco, une filiale du Groupe aliments Meaple Leaf en produit environ 4 millions de litres par an depuis septembre 2001. En 2002, elle participait au projet Biobus de concert avec la Société de transport de Montréal (STM) et plusieurs autres partenaires. Ce projet de démonstration et d’évaluation du biodiésel en climat froid visait à démontrer la viabilité de l’approvisionnement en biodiésel d’un parc de 155 autobus, pendant un an. En son genre, il s’agit du plus gros projet en Amérique du Nord à ce jour.

La majorité des pays qui en fabrique, utilise les huiles de soja et de canola qui sont utilisées. Le Canada se distingue en produisant du biodiésel issu de résidus de l’industrie agroalimentaire (10% d’huiles végétales non comestibles, 45% d’huiles de friture recyclées et 45% de graisses animales). À l’heure actuelle, seulement 40% des huiles usées au Canada sont recyclées, 60% étant exportées ou envoyées dans des sites d’enfouissement.

En général, les distributeurs proposent un mélange dont la concentration en bio-diesel varie entre 5% et 20%, en raison de la rareté du produit. De façon optimale, soit utilisé pur, il pourrait entraîner une réduction des émissions de GES allant jusqu’à 78%.

Même en faible concentration, l’on s’entend pour dire qu’il permet une meilleure combustion du pétrodiesel auquel il est mélangé tout en augmentant le rendement des convertisseurs catalytiques au niveau des gaz d’échappement. Néanmoins, ces affirmations ne seront validées qu’après qu’une étude en cours sur le cycle de vie du biodiésel ne soit terminée. Le fait qu’il ne contienne aucun soufre pourrait également avoir une incidence sur les pluies acides.

L’utilisation du biodiésel semble répondre à plusieurs préoccupations environnementales et suscite un intérêt croissant de la part des industries et des gouvernements. En ce sens, la Société Rothsay/ Laurenco, projette d’investir dans une usine à Ville Ste-Catherine au Québec, dans le but d’augmenter sa production jusqu’à 35 millions de litres par année. En Ontario, l’usine pilote Biox expérimente aussi sur le sujet et semble optimiste quant aux possibilités offertes par ce produit.

Pour une fois, le dicton qui veut qu’il n’y ait pas de problèmes mais plutôt des solutions, semble bien avoir trouvé un écho.

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