Volume 37 Numéro 8 - Le 6 mars 2020

Le cheval canadien : bien présent à Matheson


Depuis 1999, Gaëtan Cauchon est le seul qui élève le cheval canadien dans le nord de l’Ontario. Photo Marc Dumont.

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
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« La semaine dernière, j’ai acheté deux autres chevaux canadiens. Le prix était bon, j’ai pas pu résister, » explique Gaëtan Cauchon avec son grand rire communicatif. Depuis 1999, il est le seul qui élève le cheval canadien dans le nord de l’Ontario. Les 24 chevaux, dont deux étalons, broutent paisiblement près de Matheson à quelques kilomètres de Timmins.

Le cheval canadien est la race de cheval la plus ancienne et la plus pure des races formées de l’Amérique du Nord. Ce sont 80 chevaux qui ont été envoyés des écuries du roi de France au début de la colonisation de l’Amérique vers les années 1665. Ces chevaux ont été isolés pendant 100 ans ce qui fait qu’ils sont bel et bien une race à part. Au cours des ans, ils se sont adaptés aux hivers d’ici. Il est relativement petit et facile à dompter. On le surnomme : le cheval de fer puisqu’il est particulièrement endurant et qu’il est reconnu pour sa polyvalence. « Le matin, on peut sortir des arbres et l’après-midi, le monter en selle, » explique M. Cauchon.

Le cheval canadien est la race de cheval la plus ancienne et la plus pure des races formées de
l’Amérique du Nord. Gaëtan Cauchon en 24 chez lui près de Matheson à quelques kilomètres de Timmins. Photo Marc Dumont

Monsieur Cauchon est un personnage à rencontrer. Il aime ses chevaux et entretient avec chacun une relation empreinte de chaleur et de plaisir avec eux. Chaque cheval à son nom qu’il reconnaît fort bien quand le maître l’appelle. S’il va dans le champ, ses chevaux l’entourent.

On reconnaît la personnalité de chaque cheval et les petites jalousies pour l’attention du maître. M. Cauchon interprète le comportement de sa jument alpha Timber lorsqu’elle se présente : « Quand elle bouge les oreilles, les autres se poussent. » Mais tout se passe avec douceur et affection. « Ils sont fins, » répète souvent M. Cauchon. Puis il ajoute la gorge serrée : « J’en ai vendu deux à un gars de Fort Francis. Ça me fait de quoi de les voir partir. Il va voir qu’ils n’ont même pas besoin de licou, les chevaux vont le suivre. »

Les gens du nord de l’Ontario ont l’occasion de voir M. Cauchon à l’œuvre avec ses protégés à différents endroits, car il participe à une vingtaine d’événements par année de Thunder Bay à Rouyn et de New Liskeard à Kapuskasing. « Je serais même prêt à me rendre jusqu’à Ottawa, » dit-il. Cela peut être pour des mariages, des foires ou des festivals. Chaque année, au festival de St-Tite, c’est lui qui ouvre le défilé avec la mairesse.

 Ça il aime ça ! L’hiver avec ses deux acolytes à quatre pattes, Thomas et Neil, cette paire inséparable, habillés de l’impressionnant attelage avec des cloches tirant le traîneau ou la calèche, M. Cauchon imposant s’avance, tenant bien les rênes, avec sa tuque, son manteau rouge et sa barbe blanche bien fournie. Il arrive qu’un enfant lui demande : « Êtes-vous le vrai père Noël ? » ou spontanément après un tour « Merci, père Noël. » « Ça fait sourire et ça fait plaisir ! » ajoute notre éleveur.

TVOntario a déjà fait un court métrage sur notre héros et il en est fier : « Il est sur Internet et il est vu dans le monde entier. Même s’il n’est pas traduit, tout le monde le comprend. Je suis bien content. La première fois que ma blonde et moi on l’a vu, on pleurait tous les deux ! »

Le prochain défi de notre éleveur est d’atteler quatre chevaux : « Je vais y arriver ; j’ai l’attelage et les chevaux sont prêts. »

Le seul regret de M. Gauchon est qu’il n’y a pas de relève. « Si quelqu’un se présentait, je l’aiderais. » Son rêve serait de prendre sa retraite dans l’Est de l’Ontario et bien entendu il apporterait ses chers chevaux canadiens. Après tout, il y en a qui sont avec lui depuis 18 à 20 ans.

Les chevaux de Gaëtan Cauchon ont chacun et chacune leur propre caractère, mais leur tempérament doux et affectueux est la fierté de leur propriétaire. Ici, ils disent bonjour à notre journaliste Marc!
Photo Gracieuseté Marc Dumont.

2 réflexions au sujet de « Le cheval canadien : bien présent à Matheson »

    1. Journal Agricom Auteur de l’article

      Gilles, merci pour ton message. Je conserve encore un bon souvenir de toi du temps où tu venais travailler chez moi. Bonne retraite. Marc

      Répondre

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