Volume 30 Numéro 11 Le 8 février 2013

Le Chicken farmers of Ontario campe sur sa position


Photo I Lessard

Par Julie Bellefeuille, journaliste
info@journalagricom.ca


Le président du Practical Farmers of Ontario (PFO) n’entend pas baisser les bras devant le refus du Chicken Farmers of Ontario (CFO) et compte poursuivre ses démarches dans le but de permettre aux agriculteurs ontariens d’élever une plus grande quantité de volailles sans devoir se procurer de quota de production.Le PFO a déposé une demande en décembre dernier en vue de faire passer la limite d’exemption de quota de production, présentement fixée à 300, à 2000 poulets par année. La requête a cependant été rejetée.

Dans un courriel envoyé à Sean McGivern, le CFO justifie sa décision en expliquant que le programme d’exemption n’a pas été formulé à titre d’alternative pour la production de poulets et de mise en marché et n’a pas été créé pour être financièrement viable pour les agriculteurs.

« En s’opposant au programme en se basant sur le simple fait que celui-ci est insuffisant pour des fins commerciales, le PFO a fondamentalement mal interprété la raison d’être du programme. La production de poulet commerciale, ainsi que sa mise en marché en Ontario, est entreprise en fonction du système de quota. En outre, dans le même contexte, il y a eu des cas où le CFO a accordé des exemptions de quota permettant ainsi aux producteurs de se procurer moins que le minimum requis, particulièrement pour les marchés de production spécialisée, ainsi que pour de la production biologique », mentionne le CFO.

Discussions houleuses
Les discussions entre les deux organismes risquent de s’intensifier.

En entrevue avec Agricom, Sean McGivern s’est dit déçu de voir que le CFO n’est pas ouvert à des discussions et déplore le fait que celui-ci refuse de négocier. Bien qu’il croit que 2000 volailles soit la limite idéale, M. McGivern mentionne qu’il serait prêt à faire un compromis.

Selon lui, si les deux parties n’en viennent pas à une entente, la prochaine étape sera d’aller devant le Tribunal d’appel de l’agriculture, de l’alimentation et des affaires rurales de l’Ontario. Une fois le dossier entre les mains de celui-ci, les deux groupes n’auront plus de choix que de se conformer à la décision de la cour.

« Sans plus tarder, nous allons déposer notre cas au Tribunal afin de nous faire entendre publiquement. Je ne crois pas que le CFO voudrait se rendre à ce point-là parce qu’une fois que le Tribunal se chargera du dossier, nous allons devoir plier à leurs règles et ce sera complètement hors de nos mains », a expliqué M. McGivern devant le conseil du CFO le 20 décembre dernier.

De son côté, le conseil du CFO indique que le programme actuellement en place fonctionne de manière appropriée et atteint les raisons pour lesquelles il a été établi, entre autres de permettre aux agriculteurs de produire des poulets et de les vendre directement à la ferme, en ayant une limite annuelle, sans devoir se procurer un quota.

De plus, les règlements avérés par le CFO sont conformes et s’harmonisent avec les réglementations de l’Ontario Broiler Hatching Egg and Chick Commission (OBHECC) en ce qui a trait à la vente de poussins et soutienne le Egg Farmers of Ontario pour la vente en ferme direct. Le nombre de participants semble être stable depuis l’implantation du programme et la magnitude de celui-ci continue de présenter un chemin rentable pour la relève.

Si par contre le CFO en venait à modifier la présente réglementation pour permettre une augmentation de la limite permise, cela pourrait prendre jusqu’à un an avant d’être officiellement incorporé.

Au moment de mettre sous presse, le Chicken Farmers of Ontario (CFO) n’avait pas retourné notre appel pour exprimer son point de vue.