Le 21 avril 2005

Le Collège d’Alfred devient unique en Amérique du Nord!

Par Chantal Quirion


Le directeur du Collège d’Alfred, Gilbert Héroux, entouré du doyen du Collège d’agriculture de l’Ontario, Craig Pearson et du député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, l’honorable Don Boudria, s’apprête à couper le ruban qui ceint le complexe laitier

Le Collège d’Alfred de l’Université de Guelph a inauguré en grande pompe son centre de recherche en production laitière biologique le 5 avril dernier lors d’une importante conférence sur la recherche et la production laitière biologique organisée pour souligner avec brio ce point marquant.

Plus d’une centaine de participants de l’Ontario et du Québec se sont déplacés pour profiter de l’expertise des conférenciers invités dont l’éminent Dr Jörg Spranger, directeur de la Division de la santé des animaux à l’Institut de recherche en agriculture biologique, en Suisse.

« C’est un jour très important, a déclaré d’emblée, le directeur du Collège d’Alfred, Gilbert Héroux. L’an dernier, nous avions identifié qu’il serait avantageux d’exploiter davantage cette ressource qu’est la ferme du Collège d’Alfred. Nous étions aussi arrivés à la conclusion que pour continuer à innover, il serait judicieux de se tourner vers les nouvelles tendances, dont l’agriculture biologique. En positionnant le Collège d’Alfred dans le développement de la production laitière biologique, c’est une excellente façon de répondre à ces deux objectifs », a-t-il précisé. Le Collège d’Alfred devient par le fait même le premier campus universitaire en Amérique du Nord à posséder un centre de recherche spécialisé dans la production laitière biologique.

Pour ce faire, l’établissement pourra compter sur l’aide de la Société de développement communautaire de Prescott-Russell (SDCPR) qui grâce à un octroi de 74 500$ issu du Fonds de développement de l’Est de l’Ontario, aidera le Collège d’Alfred à mettre en place l’infrastructure nécessaire à cette nouvelle vocation.

L’annonce en a été faite par le député fédéral de Glengarry?Prescott?Russell, Don Boudria qui au nom du ministre d’État (FedNor), Joe Comuzzi, a remis le chèque symbolique au président de la SDCPR, Daniel Gigault. « Ce n’est pas la première fois que l’on assiste à un moment historique en ces lieux, a affirmé M. Boudria se référant notamment à l’inauguration du Collège d’Alfred. Mais c’est encore une grande page de son histoire qui s’écrit aujourd’hui, a-t-il fait observer. C’est un autre bel exemple d’innovation et un projet qui profitera largement à la région du fait qu’il rehaussera le secteur de l’éducation ».

Le doyen du Collège d’agriculture de l’Ontario, Craig Pearson, a pour sa part démontré beaucoup d’enthousiasme pour cette nouvelle avenue et ses répercussions: « La recherche en production laitière biologique qui s’effectuera au Collège d’Alfred bénéficiera tout autant au secteur de la production laitière conventionnelle, a-t-il affirmé. Par ailleurs, l’Université de Guelph en participant au développement de l’éducation et de la recherche en agriculture biologique n’entend pas en garder les bénéfices pour elle seule et compte bien en faire profiter la communauté nationale et internationale ».

Les échéanciers
Pour les responsables du projet, le défi est de taille et se prononcer avec exactitude sur un échéancier quant à l’obtention de la certification biologique s’avère quelque peu hasardeux. «Le plus tôt se situerait d’ici un an », a estimé François Labelle, professeur au Collège d’Alfred. « Il ne faut pas oublier que nous travaillons avec du matériel vivant et qu’il nous faut donc être flexible. »

Le Dr Simon Lachance responsable du projet de recherche sous-jacent à cette transition affirme pour sa part que c’est la santé et le bien-être des animaux qui dicteront le rythme des opérations. D’ailleurs, mentionne t-il, l’adaptation des animaux et l’impact des changements relatifs à la transition seront minutieusement documentés. Il en découlera un document de référence sur lequel pourront s’appuyer les producteurs laitiers qui voudront à leur tour prendre ce virage. « Les aspects techniques et économiques y seront abordés, dit-il. La qualité du lait, la performance de la production, la santé des animaux, la qualité du sol et des cultures ne sont que quelques exemples du large échantillonnage de la collecte de données qui s’effectuera tout au long du processus. »

Voilà donc le Collège d’Alfred bel et bien engagé sur la voie de l’avenir, si on se rapporte à la croissance du marché de l’agriculture biologique dont les ventes connaissent une augmentation de 20% par année. « Nous sommes une institution axée sur les services à la communauté et donc, quand les producteurs seront prêts à suivre cette nouvelle tendance, nous pourrons leur fournir l’expertise », a conclu M. Héroux.

Inquiétude face à la transition vers le lait bio
Depuis près d’un an, le Collège d’Alfred a entrepris les démarches pour amorcer la transition de la production laitière conventionnelle à la production biologique. Conséquemment, certains producteurs conventionnels ont manifesté de l’inquiétude quant à l’avenir de la formation traditionnelle, jusqu’alors dispensée par « leur collège d’agriculture ».

Cependant, il n’y a pas lieu de craindre rien de ce côté, a réitéré Gilbert Héroux lors de l’inauguration du centre de recherche en production laitière biologique. L’agriculture conventionnelle continuera à être enseignée comme autrefois a-t-il souligné. Pour certaines pratiques, cela ne fera que renforcer les liens entre le Collège et la communauté dont sont issus les maîtres de stages et les mentors. En fait, l’ajout de la production biologique est très positif, considère M. Héroux puisque cela permet de recréer au sein du Collège d’Alfred le modèle qui prévaut dans la société où les deux modes de production cohabitent ».

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