Le 19 mars 2003

Le Collège d’Alfred pourrait bénéficier des retombées du Plan Dion

Par Pierre-Alain Blais


En marge du fameux Plan Dion pour la promotion des langues officielles en situation minoritaire au pays, la ministre du Patrimoine canadien, Sheila Copps, a annoncé récemment des mesures visant à soutenir l’enseignement auprès des élèves de langue officielle en situation minoritaire du pays.

Ce serait près de 209 millions de dollars, étalés sur une période de cinq ans, qui seront ainsi consacrés à de nouvelles mesures visant à supporter notamment l’enseignement du français et les communautés francophones en milieu minoritaire. Ces contributions s’ajouteraient aux montants déjà transférés annuellement aux provinces et territoires pour l’enseignement dans la langue de la minorité.

« Nous avons le devoir de favoriser l’épanouissement de notre jeunesse, a déclaré la ministre Sheila Copps. Et aujourd’hui, avec ces mesures supplémentaires, nous intensifions nos efforts pour que les jeunes francophones et anglophones en situation minoritaire reçoivent une éducation à la mesure de leurs talents et de leurs ambitions. Les communautés dont ils sont issus s’en verront immanquablement enrichies. »

La ministre a également profité de l’occasion pour annoncer un appui financier supplémentaire de l’ordre de 33,5 millions de dollars sur cinq ans pour l’épanouissement des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

De ce montant, 14,5 millions seront consacrés à l’amélioration et au développement des services provinciaux et territoriaux dans la langue de la minorité dans le cadre du Programme de promotion des langues officielles et 19 millions de dollars iront bonifier le Programme d’appui aux organismes et institutions des communautés de langue officielle.

Nouveaux fonds pour le Collège d’Alfred à l’horizon’
Lorsque interrogée par Agricom au sujet de l’injection possible de nouveaux fonds vers le Collège d’Alfred en vertu du volet sur l’enseignement dans la langue de la minorité au niveau post-secondaire, la ministre de Patrimoine canadien, Sheila Copps, a rétorqué être bien au courant des besoins pressant de financement du Collège d’Alfred. Elle a révélé que son ministère « se donnait la chance d’explorer le plus de possibilités possibles afin de continuer à investir au Collège d’Alfred et d’ajouter de la ?plus-value? à la qualité de son enseignement».

Mme Copps a poursuivi en disant qu’un processus de négociations devra toutefois être engagé avec les autorités de la province et de l’Université de Guelph afin d’en arriver à des modalités de financement qui satisfassent le Programme de subvention des langues officielles. « Je ne suis pas prête à signer un chèque en blanc à Ernie Eves en ce qui concerne les affaires de la minorité francophone de la province », a averti la ministre qui briguera la chefferie du Parti libéral canadien l’an prochain.

Enfin, il semble que la ministre soit bien au courant de l’existence et du mandat du Collège d’Alfred et du fait qu’il soit la seule institution d’enseignement agricole post-secondaire en français à l’extérieur de la province de Québec: « Un collègue du Cabinet, M. Boudria, me le rappelle à toutes les occasions », a-t-elle ajoutée avec une pointe d’humour.

Bâtir des communautés de langue minoritaire plus fortes

Selon Patrimoine canadien, les mesures annoncées pour l’éducation dans la langue de la minorité visent les objectifs suivants:

– Porter la proportion des étudiants admissibles inscrits dans des écoles francophones à 80% d’ici 10 ans (cette proportion était de 68% en 2001);

– Mise en place des stratégies visant le préscolaire, la refrancisation, l’intégration et la rétention des élèves qui fréquentent les établissements de la minorité, particulièrement au niveau secondaire;

– Accroître la qualité de l’enseignement dans la langue de la minorité; et

– Améliorer l’accès à l’enseignement post-secondaire en français.

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