Volume 31 Numéro 22 Le 15 août 2014

Le Collège d’Alfred devra innover pour assurer sa survie


Photo courtoisie

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Le Collège d’Alfred devra ouvrir ses horizons et offrir différents programmes plus axés sur la communauté agricole pour assurer sa survie, soutient le facilitateur mandaté de trouver des solutions pour l’établissement d’enseignement. Marc Godbout affirme que la structure de gouvernance universitaire l’avait éloigné de son mandat premier de desservir les agriculteurs francophones.

« Il faut rapprocher le collège de sa communauté, note-t-il. On regarde différentes options [qui feront en sorte que] nous ne serons pas encaqués par la structure universitaire qui était celle de Guelph. »

Le facilitateur engagé par le ministre de l’Agriculture de l’Ontario pense qu’aux cours en agriculture, en alimentation et en soins vétérinaires pourrait s’ajouter un éventail d’autres programmes et services pour diversifier l’offre.

« Si on considère un avenir pour le collège, il faudra regarder possiblement à une augmentation de l’offre de programmes et de l’éventail des services, que ce soit en fonction de l’aspect éducatif, mais également au niveau des agriculteurs et du développement économique agroalimentaire », croit M. Godbout.

Il y a, à son avis, une carence au niveau de l’offre de programmes d’apprentissage francophones des métiers agricoles en Ontario, alors que l’économie ontarienne, particulièrement celle de Prescott-Russell, est basée sur cette industrie.

« Ce ne sont pas nécessairement des programmes de niveau universitaire, mais davantage des techniques qui répondront aux différents besoins de ce secteur économique [dont nous avons besoin]», croit l’ex-député fédéral d’Ottawa-Orléans.

À la lumière des quelques discussions qu’il a eues avec différents intervenants, Marc Godbout est d’avis que le collège devra diversifier sa clientèle et ne pas juste viser une jeune population étudiante en quête d’un programme d’études postsecondaires comme l’université de Guelph en avait le mandat.

Une volonté politique et collective forte
Ayant lui-même eu un long entretien avec le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Jeff Leal, Marc Godbout assure que ce dernier lui a affirmé son soutien et sa volonté de garder le campus d’Alfred ouvert.

« À Kemptville, ça ne concerne que la région, alors que si nous enlevons l’offre de programmes à Alfred, il n’y en aura plus à la grandeur de la province, explique M. Godbout. J’ai fait confirmer qu’il y avait une volonté politique de répondre aux besoins des francophones sur le plan agricole. »
Le « comité de référence » qu’il dirige s’est réuni pour la première fois le 12 août. Composé du président du collège Boréal, Pierre Riopel, de la présidente de La Cité, Lise Bourgeois, de la directrice du Campus d’Alfred, Renée Bergeron, du président du conseil communautaire du collège, Tom Manley, du directeur général de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Simon Durand et d’un représentant du conseil étudiant, Jovan Dozet, le comité a pour fonction de revoir l’offre de programmes académiques et d’apprentissage et d’étudier l’ensemble des modèles de prestation des programmes proposés.

Avec ces nombreux intervenants autour de la table, dont plusieurs désirent mettre la main sur la gestion du collège, la question de la gouvernance risque d’être plus corsée.

« Le défi, je ne vous le cache pas, ce sera celui de la gouvernance. Ce sera de s’assurer que l’ensemble des intérêts soit respecté, mais que ce soit gérable sur le plan opérationnel. Ma priorité sera la durabilité. Je ne veux pas recommander quelque chose qui sera à refaire dans cinq ans. On en a trop connu », reconnaît-il.

Des consultations sont prévues au cours des prochaines semaines avec les étudiants, les entreprises privées, les agriculteurs, les coopératives pour faire le portrait de leurs besoins.

« Il semble y avoir une volonté collective de s’en aller dans la même direction. Avec la participation des intervenants, nous avons réussi à le faire assez rapidement et je vais tenter de garder ce momentum jusqu’au dépôt de mon rapport », conclut-il.

Le dépôt de ses recommandations au ministère de l’Agriculture est planifié pour l’automne.

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