Volume 34 Numéro 03 Le 23 septembre 2016

Le député Drouin rencontre les producteurs laitiers


Le député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin et son assistant, Jérémyu Gauthier.

Par Chantal Quirion


Malgré la conclusion d’une entente de principe sur une stratégie nationale des ingrédients laitiers en juillet dernier, l’optimisme n’était pas au rendez-vous à Saint-Isidore, le 14 septembre dernier.

Sur l’invitation de Francis Drouin, député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, des producteurs laitiers de l’Ontario et du Québec s’étaient réunis à la salle communautaire de ce petit village de l’Est ontarien pour échanger sur l’enjeu du lait diafiltré importé des États-Unis. Parmi cette assistance d’environ 75 personnes, se trouvaient des représentants des Producteurs laitiers du Canada, dont le président Wally Smith, des représentants des Producteurs laitiers du Québec dont le président, Bruno Letendre de même que son homologue pour l’Ontario, Ralph Dietrich. Peter Van Sleeuwen, membres du conseil d’administration du Dairy Farmers of Ontario, DFO de même que le directeur général, Peter Gould assistait à cette rencontre.

Bien que ces derniers aient pris succinctement la parole, aucune nouvelle n’a filtré de cet exercice.

Comme l’avait précisé M. Drouin, il ne s’agissait pas pour lui de se substituer aux agences du secteur, mais plutôt de prendre le pouls de ses électeurs puisqu’il avait manqué la réunion organisée le 24 août dernier par le DFO. Il n’avait pu être présent en raison du caucus libéral qui se tenait la même journée. Il s’agissait donc d’une soirée sous la formule question réponse.

Parmi les questions, « Que ferez-vous pour arrêter le lait dafiltré? », est revenu régulièrement. Le député a répondu avoir fait ses devoirs et avoir obtenu la certitude qu’il est impossible d’empêcher l’importation de lait diafiltré puisque cela n’est pas illégal.

Plusieurs ont soutenu que des réservoirs de lait entraient sans même être inspectés, sans que l’on puisse savoir s’il s’agissait de lait à 16 % ou 40 % de matières grasses, notamment. Ce à quoi le député les a invités à fournir des faits.

« Sans preuve, je ne peux rien faire. »

Quant à l’introduction d’une nouvelle classe, comme il semble que ce soit prévu dans l’entente nationale, permettant aux distributeurs de s’approvisionner au prix mondial pour certaines catégories, l’idée a semblé de moins en moins populaire parmi les producteurs présents.

Plusieurs ont dénoncé avoir à travailler d’avantage sans n’en retirer aucun avantage. Les augmentations de quota consenties au cours des derniers mois ont été tout autant critiquées.

« Qu’est-ce que ça donne quand ton étable est pleine et que tu n’as pas d’argent pour investir? » L’idée que M. Drouin pourrait tenir une rencontre dans une salle vide dans moins de deux ans parce qu’il n’y aura plus de producteurs laitiers est également revenue régulièrement.

Le député a dit compatir à la situation des producteurs et être au courant de leur réalité, recevant régulièrement la copie de leur paie de lait.

En ce qui a trait au respect des normes fromagères, M. Drouin n’a pas avancé de piste de solutions, répondant plutôt que le lait diafiltré aurait moins d’impact que l’on ne pourrait le penser.

« On me dit que sur une baisse de cinq dollars l’hectolitre, trois serait attribuable à la crise mondiale et deux dollars au lait diafiltré. »

D’autre part, ce dernier assurait que même s’ils le voulaient, les transformateurs ne pourraient pas employer de lait diafiltré à l’infini puisque cela en altérerait le goût. Certains lui ont répondu qu’il pourrait être surpris.

Plus de détails dans le journal Agricom du 23 septembre

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