Volume 30 Numéro 18 Le 24 mai 2013

Le gaz naturel pas accessible à tous, selon un sondage


Photo I Lessard

Josianne Haspeck

Par Josianne Haspeck
Collaboratrice
info@journalagricom.ca


Les fermiers de l’Ontario qui n’ont pas accès au gaz naturel sur leur exploitation réclament les infrastructures nécessaires pour changer la donne, selon un sondage réalisé par la Fédération d’agriculture de l’Ontario (FAO).

Les avantages du gaz naturel sont si nombreux et indéniables — coûts abordables, énergie propre, sécuritaire et pratique – que les fermiers qui utilisent déjà cette source d’énergie pour leur résidence veulent prolonger les infrastructures jusqu’à leur exploitation agricole.

Plus de 500 membres de la FAO ont répondu au sondage mené en ligne en mars 2013, dont une centaine partiellement. Les conclusions publiées la semaine du 6 mai dernier établissent surtout que ce ne sont pas toutes les routes qui sont munies d’une ligne de gaz naturel et que lorsque c’est le cas, toutes les entreprises n’y sont pas connectées. Il a été impossible d’obtenir plus de détails, la FAO ne voulant pas dresser, à ce moment-ci, le portrait des répondants et préciser les résultats recueillis.

Coûts faramineux Selon son président, Mark Wales, si ces deux situations étaient déjà connues, le sondage a permis de les mettre en évidence. « Ce qui nous a surpris des résultats, c’est la somme que peut débourser un fermier pour connecter ses bâtiments à la ligne de gaz passant sur le chemin », mentionne-t-il.

En effet, certaines exploitations agricoles ne sont pas connectées au réseau de gaz naturel implanté sur leur route. Ces producteurs signalent, à travers le sondage, que les coûts immédiats associés au paiement de l’installation de ces services sont une barrière majeure à l’accès au gaz naturel. Pour les fermes reliées au chemin par une longue route, se faire brancher au réseau existant peut valoir jusqu’à 20 000 $ et même plus, souligne M. Wales.

Les économies réalisées avec cette source d’énergie pour le chauffage des bâtiments d’élevage porcin ou de volailles ou encore de serres peuvent faire la différence dans la rentabilité d’une entreprise agricole. Le président de la FAO confirme qu’il s’agit du « meilleur choix. » « Il est très clair que le gaz naturel sera une très bonne source d’énergie à un prix raisonnable pour une longue période et nous voulons que les agriculteurs puissent en profiter », soutient-il.

Le directeur général d’Ontario Greenhouse Vegetable Growers, George Gilvesy, admet que c’est « absolument requis pour être compétitif sur le marché. » La majorité des 223 membres du regroupement s’alimente déjà en gaz naturel ou peut l’utiliser, selon M. Gilvesy. « Certains utilisent la biomasse qui est une autre option concurrentielle. La situation à laquelle les producteurs de légumes de serre sont confrontés consiste au temps que ça prend pour amener le gaz naturel en quantité suffisante pour leur permettre d’accroître leur production si tel est leur projet », affirme-t-il.

La FAO rappelle qu’au cours des cinq dernières années, le prix du gaz naturel a chuté dramatiquement, arrivant à la moitié des coûts d’électricité et près du tiers de celui du propane.

Si la plupart des villes ontariennes ont vu leurs maisons et entreprises être connectées au réseau, moins de 20 % des fermes de la province ont accès à cette source d’énergie. Cette situation désavantage également les villes qui ne profitent pas du service en plus de gêner le développement économique rural, estime la Fédération. En effet, les fabricants sont réticents à s’installer dans une communauté qui dépend des coûts élevés d’électricité et du mazout. Le rôle de la FAO sera principalement de faire pression auprès des gouvernements et l’industrie pour faciliter la vie des agriculteurs.

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