Le 5 mars 2003

Le ministère de l’Agriculture serait appelé à devenir plus important McGuinty dévoile son plan d’action pour l’agriculture

Par Étienne Alary


Le chef libéral de l’Ontario, Dalton McGuinty, a dévoilé, le 2 mars dernier à St-Andrew?s West, la stratégie libérale pour contrer l’exode rural. Le développement des collectivités rurales ontariennes passerait par la protection des écoles en milieu rural, le développement d’un nouveau marché pour les producteurs de maïs ontarien ainsi que l’accès à des soins de santé de premier plan.

«Ma stratégie pour les communautés rurales va permettre de faire de réels changements positifs dans la vie des Ontariens et des Ontariennes qui vivent en milieu rural», a déclaré Dalton McGuinty.
Selon le chef du parti Libéral de l’Ontario, cette stratégie « d’améliorer la qualité de vie en Ontario rural en investissant dans les écoles rurales, en améliorant l’accès aux soins de santé, aidera nos agriculteurs et notre industrie de l’agriculture. »

La stratégie libérale confère un rôle de premier plan aux agriculteurs dans le maintien des communautés rurales. « Sans une économie agricole en santé, les communautés rurales ne peuvent pas s’épanouir. Sous le gouvernement Harris-Eves, les agriculteurs, par milliers, ont quitté l’agriculture car ils étaient incapables de soutirer un revenu décent. L’Ontario peut faire mieux », mentionne M. McGuinty dans le document d’une vingtaine de pages.

Sécurité du revenu agricole

La stratégie libérale rappelle que l’agriculture est un des plus importants secteurs de l’Ontario en créant quelque 650 000 emplois et en contribuant 30 milliards de dollars à chaque année dans l’économie provinciale. « Le gouvernement Harris-Eves fait en sorte que nos producteurs agricoles abandonnent la terre. Il a promis des filets de sécurité mais n’a pas livré la marchandise. Il a bâclé la réglementation relative à la gestion des éléments nutritifs. Les producteurs agricoles qu’il a tenus à l’écart sont en colère parce qu’il n’a pas tenu compte de leurs inquiétudes. Le pire, c’est que le gouvernement Harris-Eves n’a pas la moindre stratégie en vue de s’assurer de la viabilité et de la croissance à longue échéance de l’industrie agroalimentaire », est-il écrit.

La première étape serait d’assurer un revenu décent pour les agriculteurs. « Une industrie qui a soutenu cette province pendant des centaines d’années est menacée parce que le gouvernement a laissé nos producteurs agricoles se battre seuls contre les producteurs injustement subventionnés des États-Unis et de l’Europe. Le gouvernement aggrave les choses en refusant d’aider nos producteurs à mettre en application les nouvelles règles de gestion des éléments nutritifs. Les jeunes ne croient plus qu’il y ait un avenir à la ferme et quittent les communautés rurales pour trouver du travail ailleurs », explique le document.

La stratégie libérale soutient qu’étant donné que l’industrie agricole de l’Ontario est la plus importante et la plus diversifiée du Canada, « nos producteurs agricoles ont besoin d’une nouvelle génération de filets de sécurité et de programmes complémentaires répondant mieux aux besoins de l’industrie. Nous allons travailler en étroite collaboration avec les producteurs agricoles et le gouvernement fédéral à l’élaboration de ces programmes. Nous allons voir à ce que les gouvernements fédéral et provincial leur fournissent les ressources financières suffisantes pour qu’ils fonctionnent bien », informe le document.

Pour ce qui est de la gestion de l’offre, la position des libéraux est claire: « Nous sommes fortement en faveur de la gestion des approvisionnements. Ce système a très bien servi les producteurs agricoles et les consommateurs de l’Ontario. Nous allons le protéger. »

Gestion des éléments nutritifs

Les libéraux de l’Ontario se disent en accord avec l’établissement de règles pour la gestion des éléments nutritifs. « On souligne dans le rapport sur la tragédie de Walkerton que la sécurité des approvisionnements en eau dépend du renforcement des règles de gestion des éléments nutritifs. Nous sommes d’accord. Nous allons présenter des règles de gestion des éléments nutritifs claires et complètes pour protéger notre eau potable. Nous allons consulter de manière approfondie les producteurs agricoles pour que ces règles répondent aux besoins », mentionne la stratégie libérale.
« Tous les Ontariens et Ontariennes vont bénéficier de ces nouvelles règles. Nous devrions donc tous et toutes en partager les coûts. Nous allons faire en sorte que les producteurs ne paient pas toute la facture », précise le document.

L’éthanol dans les carburants

La stratégie libérale dévoilée le 2 mars dernier reprend un engagement pris par les libéraux de la province en septembre 2002, soit de mettre en place une loi qui garantira que, d’ici 2007, toute l’essence vendue en Ontario contienne au moins 5% d’éthanol et que ce pourcentage passerait à 10% en 2010.

Un gouvernement McGuinty mettrait également en application une stratégie en matière de diesel pour rendre obligatoire la présence de biodiésel, un carburant propre et renouvelable, dans le diesel.
Ces changements amèneraient un développement significatif au niveau de la demande de produits agricoles de l’Ontario. « Notre stratégie au niveau de l’éthanol doublerait presque le marché du maïs ontarien alors que la stratégie en matière de biodiésel augmenterait la demande de fèves de soya. Cela bénéficiera aussi aux éleveurs d’animaux à diminuer le coût associé aux animaux morts puisque la graisse animale peut servir à la production de biodiésel », est-il écrit.

Toute l’économique ontarienne bénéficierait de la stratégie libérale en matière de carburants. Les libéraux avancent que d’ici 2010, cinq nouvelles usines d’éthanol seraient construites en Ontario rural, au-delà de 500 millions de dollars auraient été investis et 3000 emplois directs ou indirects auraient été créés.

Autres enjeux agricoles

Au niveau agricole, parmi les autres engagements que l’on retrouve dans la stratégie libérale, notons la mise en place de nouvelles stratégies de recherche, avec la coalition ontarienne de recherche agricole, afin de veiller à ce que l’Ontario demeure à la fine pointe de l’innovation agricole.

Les libéraux comptent travailler de concert avec les organismes agricoles, les industries transformatrices de produits alimentaires et le gouvernement fédéral pour assurer que les aliments produits se conforment aux normes les plus sévères de qualité et de sécurité.

Les libéraux feraient du ministère de l’Agriculture un des principaux ministères d’un gouvernement libéral.

Finalement, un gouvernement provincial libéral s’assurerait d’une consultation continue avec toute l’industrie agricole. « Le gouvernement Harris-Eves a mené très peu de consultations significatives auprès des producteurs agricoles sur les questions d’un intérêt immédiat pour eux. Nous allons écouter les producteurs agricoles et solliciter leurs conseils. Nous allons instituer une conférence annuelle du Premier ministre sur l’avenir de l’industrie agroalimentaire qui réunira des représentants et représentantes des organismes de producteurs agricoles et du secteur de l’agroalimentaire », suggère la stratégie libérale.

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