Volume 29 Numéro 19 Le 1er juin 2012

Le ministre de l’Agriculture de passage dans l’Est ontarien


Le ministre de l'Agriculture, Ted McMeekin, était de passage dans l'Est ontarien où il est allé visiter quelques fermes, dont les Poulettes Skye Pullets de St-Isidore. Il est photographié avec Marcel Leroux, copropriétaire de l'entreprise, Grant Crack, d

Par Isabelle Lessard, journaliste
redaction@journalagricom.ca


Le ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario, Ted McMeekin, était de passage dans l’Est ontarien les 24 et 25 mai. En plus de visiter quelques fermes et entreprises locales, il en a profité pour rencontrer les autorités locales, de même que de nombreux agriculteurs afin de les entendre s’exprimer sur les différents enjeux qui les préoccupent.

Dans une rencontre à St-Isidore le jeudi, M. McMeekin était accompagné de la ministre des Affaires municipales et du logement, Kathleen Wynne, pour entreprendre des discussions avec les maires des municipalités de Glengarry-Prescott-Russell. Au cours de cette table ronde, plusieurs maires ont évoqué la question des crédits de taxes agricoles qu’absorbent les municipalités depuis 1998.

C’est que depuis 1998, le fardeau fiscal du remboursement des taxes agricoles a été transféré au palier municipal, donc plutôt que d’être financé par les impôts sur le revenu de l’ensemble des citoyens ontariens, il est maintenant chargé aux citoyens à même l’impôt foncier résidentiel. Cela fait en sorte que plus une municipalité compte de terres agricoles, plus ça coûte cher aux citoyens pour habiter dans cette municipalité puisqu’ils subventionnent la production d’aliments canadiens.

Stéphane P. Parisien, directeur général des Comtés unis de Prescott et Russell, a expliqué à Agricom que ce manque à gagner doit être payé par les citoyens, même les agriculteurs. «Ce qui est un peu ridicule, c’est qu’un cultivateur est chargé à un taux résidentiel pour sa maison et en vient à subventionner lui-même son crédit de taxes agricoles».

Il s’agit d’ailleurs d’une lourde responsabilité selon plusieurs administrateurs de budgets municipaux. L’année passée, par exemple, le remboursement des taxes agricoles des Comtés unis de Prescott-Russell représentait à lui seul une somme de 4 millions $. Et de toutes les municipalités de ce regroupement, seulement deux d’entre elles reçoivent un remboursement « minime »du gouvernement provincial aux dires de M. Parisien.

Bien que la ministre des Affaires municipales ait écouté avec attention les préoccupations des maires à ce sujet, M. Parisien n’a pas espoir que ce dossier se règle de sitôt.

À l’écoute des agriculteurs
Une deuxième rencontre avait été prévue le lendemain à Bourget pour permettre aux producteurs locaux et aux représentants d’organisations agricoles de s’exprimer sur divers enjeux. À cette session de discussion dont l’ambiance était plutôt décontractée, la quinzaine de participants a plutôt mis l’accent sur les politiques de commerce interprovincial.

Actuellement, certaines lois provinciales empêchent les agriculteurs de vendre leurs produits de la ferme des deux côtés de la rivière des Outaouais, ce qui restreint le marché agroalimentaire. Cette question est d’autant plus importante dans cette région de l’Ontario – tout comme elle l’est dans les régions frontalières avec le Québec – puisque plusieurs agriculteurs voudraient faire abattre leurs animaux au Québec par souci de proximité, mais ne peuvent plus la vendre dans leur province d’origine si l’abattoir n’a pas sa certification fédérale.

« Il n’y a pas vraiment de raison (valable) qui explique qu’on ne puisse pas aller faire tuer nos animaux au Québec et revendre la viande (en Ontario), surtout pour les productions non contingentées », estime le président de la Fédération d’agriculture de Russell, André Brisson.

Selon Marc Laflèche, président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, il manque de logique dans ces mesures qui empêchent par exemple les producteurs de volailles d’abattre leurs poulets à St-André-Avelin qui n’est qu’à une soixantaine de kilomètres de l’Est ontarien. Ainsi, plusieurs producteurs sont contraints à transporter leurs bêtes à Toronto, à plus de 450 km de distance, ce qui occasionne des dépenses supplémentaires. Ces coûts additionnels reviennent au bout de la ligne à être payés par les consommateurs.

«Qu’on se batte comme un pays unit », conclut M. Brisson.

Autres discussions
D’autres sujets ont fait l’objet de discussions, notamment celui de l’éducation de la population à l’agriculture et de ce qu’on a qualifié de l’«abus de pouvoirs » de l’Ontario Society for Prevention of Cruelty to Animals (OSPCA). Le ministre a d’ailleurs mentionné que des discussions ont été entamées à ce sujet et que des changements seraient apportés d’ici la fin de l’été.

 

De plus, sans mentionner que certains programmes seraient coupés, le ministre de l’Agriculture a laissé entendre que nous allions traverser une période de grands changements et qu’il faudra se resserrer la ceinture au cours des prochaines années.

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