Le 17 août 2005

Le monde rural et urbain, deux mondes différents’

Par Félix Bussières, collaboration spéciale*


Une toute nouvelle étude de Statistique Canada nous permet d’en savoir un peu plus sur les relations sociales dans les régions rurales et urbaines du Canada. De plus en plus les chercheurs s’intéressent à la question sociale (le « capital social ») pour expliquer le déclin et le développement économique, social et culturel des villes et des villages.

L’importance du sentiment d’appartenance, de l’implication communautaire et des bonnes relations sont des éléments qui peuvent expliquer des phénomènes comme le leadership, le développement de projet régional porteur et la qualité de vie générale des différentes communautés. Voici quelques similitudes et quelques différences entre nos régions rurales et urbaines relevées par cette étude.

Similitudes
Au point de vue du bon voisinage, les résultats sont assez semblables en milieu rural et urbain. On constate que 23% des résidants des régions rurales du Canada ont affirmé avoir accordé de l’aide à un voisin comparativement à 17% dans les grandes villes. Par contre le pourcentage est avantageux pour l’urbain lorsque l’on demande si vous avez reçu l’aide d’un ami au cours du dernier mois, soit 71% en régions urbaines et 67% en régions rurales.

Les autres résultats sur le sujet amènent les chercheurs à conclure qu’il n’y a pas plus d’isolement en milieu urbain ou rural en rapport aux relations avec la famille et les amis. Il est à noter que le sondage a été fait sur la population en général, par exemple en milieu rural, on n’a pas des résultats spécifiques pour le milieu agricole ou francophone.

En ce qui a trait à l’implication, on conclut que la participation à la vie politique est semblable et que les différences sont minimes quant au pourcentage de gens membres de groupes ou d’organismes bénévoles, soit 52% de la population des quatre grandes villes du Canada par rapport à 57% dans les autres régions.

Différences
Une différence importante entre le rural et l’urbain est au niveau du sentiment d’appartenance envers leur communauté. Près du tiers (32%) des résidants des régions rurales qui habitaient leur communauté depuis cinq ans ou plus ont exprimé un sentiment d’appartenance très fort à l’égard de leur communauté locale. Ce pourcentage était de seulement 20% chez les résidants des villes dont la population allait de 500 000 à 1 million d’habitants et de 19% chez les résidants des villes dont la population était supérieure à 1 million d’habitants.

Malgré que les résultats sur l’aide apportée à un voisin soient similaires, on constate que les résidants des régions rurales du Canada étaient plus susceptibles que leurs homologues urbains de connaître l’ensemble ou la plupart de leurs voisins et de leur faire confiance.

Dans les petites communautés rurales, 52% à 61% des gens ont affirmé connaître l’ensemble de leurs voisins. Ce pourcentage est trois fois supérieur à celui des gens dans les grands centres urbains, soit Toronto, Montréal, Vancouver et Ottawa.

Finalement, un autre point positif pour les ruraux est qu’à la question sur le fait d’avoir fait du bénévolat au cours de la dernière année, 41% les résidants des régions les plus rurales ont répondu positivement, comparativement à 29% chez les résidants des grandes villes.

Bilan positif?
En somme, on peut voir que le « capital social » se porte relativement bien dans les communautés rurales canadiennes. Par contre, il faut faire comprendre au gouvernement que les communautés en région ont besoin également du « capital financier » pour se développer et voire même, pour plusieurs, pour simplement survivre!

Le développement économique, social et environnemental ne peut uniquement compter que sur le bénévolat pour se faire. Bien que la vie ne soit pas toujours rose en milieu rural et que l’équité dans la prestation de services, les infrastructures et autres ne soit pas encore atteinte par rapport aux villes, il reste que nous pouvons être fiers des résultats de cette étude quant à la qualité des relations sociales dans nos communautés.

Félix Bussières est agent de développement à l’Union des cultivateurs franco-ontariens et coordonnateur du Réseau de la ruralité franco-ontarienne (www.ruralite.on.ca).

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