Volume 35 Numéro 18 Le 25 mai 2018

Le mot « bio » : la tendance de l’heure


Dans les marchés fermiers, les affiches avec l’inscription « Biologique » flirtent avec les tomates, les pêches, les congélateurs remplis à craquer de poulets entiers et les sacs de farine de sarrasin.


Par Isabelle Lessard – collaboratrice

Comme toute tendance dans le milieu agroalimentaire, le terme « biologique » a tellement gagné en popularité qu’il est victime d’une mauvaise utilisation lors de la mise en marché des produits ontariens. Flairant la bonne affaire, les spécialistes en marketing se font un plaisir de parsemer leurs campagnes publicitaires du mot, ici et là, ce qui a un effet domino sur les plus petits producteurs. Dans les marchés fermiers, les affiches avec l’inscription « Biologique » flirtent avec les tomates, les pêches, les congélateurs remplis à craquer de poulets entiers et les sacs de farine de sarrasin. Mais le Organic Council of Ontario (OCO) n’est pas dupe ; il sait fort bien que le terme est largement utilisé de façon erronée et c’est pourquoi l’organisme travaille depuis 2017 sur le projet de loi privé 153, le Organic Products Act, pour contrôler son utilisation.

L’objectif du projet de loi déposé à l’Assemblée législative de l’Ontario le 13 septembre dernier par Peter Tabuns, député de Toronto-Danforth (NPD), et Sylvia Jones, députée de Dufferin-Caledon (PC) est donc de freiner cette mauvaise utilisation et d’éduquer les producteurs non certifiés afin que l’enjeu ne mine pas la confiance des consommateurs envers ce marché de niche.

Tom Manley, ex-président du OCO et pionnier en production biologique dans l’Est ontarien, explique qu’il s’agit surtout de producteurs locaux qui désirent être bio, mais qui sont mal renseignés quant aux exigences que cela implique et au processus de certification. Ne deviens pas du jour au lendemain certifié bio qui veut bien l’être, explique-t-il, et plusieurs agriculteurs l’ignore, alors que d’autres sont mal intentionnés.

« Les producteurs ont un désir d’être biologiques, mais ils sont mal renseignés et ne sont pas conscients de tous les détails auxquels portent attention les vrais producteurs bio », avoue M. Manley.

Ce dernier donne l’exemple d’une ferme d’élevage qu’il a récemment visitée. « J’ai posé la question à savoir ce qui les rendait bio. La personne au comptoir m’a assuré qu’ils n’utilisaient pas d’herbicide dans les champs. C’est normal puisqu’on ne met pas d’herbicide dans les champs de foin. Or, les grains venaient de la meunerie locale qui n’offre pas de grains biologiques », poursuit-il.

Le projet de loi prévoit également la création d’un registre des produits biologiques.

À l’échelle canadienne, l’appellation « Biologique Canada » est contrôlée depuis 2006 dans un article de la Loi sur les produits agricoles du Canada.  Cette appellation et la rigueur avec laquelle sont contrôlées les exigences du Régime Bio-Canada autorisent le commerce interprovincial et international.

Et dans la province voisine, le Québec, les normes de certification biologique sont aussi très strictes : n’appose pas le logo qui veut, sous peine de se retrouver à l’amende. L’Ontario dispose donc de plusieurs modèles à s’inspirer pour conserver la confiance du consommateur.

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